lundi 7 mai 2012

Tout est Dieu - Tout est Un
(Ellâm Onru)
Texte tamoul anonyme du 19e siècle

Le connaisseur de l'Unité agit de la meilleure des façons. C'est la connaissance de l'Unité qui le fait agir. Il ne peut se tromper. Dans le monde, il est Dieu devenu visible. Tout est Un.

"L'incessante recherche du Soi, nous l'appelons Amour Suprême de Dieu, car Lui seul est établi comme Soi au-dedans du coeur de tous."
Sri Râmana Maharshi

Voilà un extrait du "Ellâm Onru" (Tout est Dieu) que Ramana Maharshi conseillait en lecture à ses visiteurs...
Présentation
Ce texte anonyme, écrit en tamil au dix-neuvième siècle, est un bréviaire de l'Advaïta Vedânta. Le Sage d'Arunâchala, Sri Râmana Maharshi (1879-1950), unanimement reconnu comme la personnification de la Sagesse Éternelle de 1 J Inde le citait et le recommandait souvent. Ainsi, dans "Living by the words of Bhagavan", de David Godman (ouvrage retraçant le témoignage dAnnamalai Swami, proche du Maharshi), nous trouvons le passage suivant : " (...) lorsque je demandai à Bhagavan de me sélectionner du matériel de lecture, il me donna une liste de six livres : Kaivalya Navanitam, Ribhu Gitâ, Ashtâvakra Gitâ, Ellâm Onru, Swarupa Sâram, et Yoga Vâsishtha Il mit un accent particulier sur Ellâm Onru, me disant : "Si tu veux Moksha (la Délivrance), écris, lis et pratique les instructions contenues dans Ellam Ondré. " (édition de l'ashram de Sri Annamalai Swami, page 104, Tiruvannamalai, 1994).
Face à une telle recommandation, et sachant que ce livre est depuis longtemps introuvable, nous ne pouvions qu'être enthousiastes, lorsque nous avons eu la grâce d'en recevoir un exemplaire (d'une traduction anglaise, faite à l'occasion du 7 1 anniversaire de Râmana Maharshi). Cet enthousiasme doit cependant être assorti de prudence, la doctrine de l'Advavaita-Vedânta ayant souvent été malmenée par suite d'une compréhension schématique ou partielle. Voie directe, dépouillée, énonçant sans ambiguïté les ultimes vérités métaphysiques, ses adeptes n'en demeurent pas moins soumis à une hiérarchie et à des règles strictes. Voie de Jnâna (Connaissance), elle comprend aussi Bhakti. (Dévotion). Jadis préservés dans le rapport intime de Gourou à Disciple, ses enseignements sont aujourd'hui exposés au grand jour, accessibles à la consommation courante. Cette "démocratisation", heureuse à certains égards, n'est pas sans risques, et malheureusement, les mauvais exemples abondent : certains lecteurs ont tôt fait de se croire "élus", sûrs de l'imminence de leur "réalisation", négligeant les règles de conduite et l'humilité, indispensables pour progresser. D'autre part, il n'est pas rare d'entendre parler de "spiritualité athée", notamment à propos du Bouddhisme ou de l'Advaita-Vedântà , ce qui tend à vider ces traditions spirituelles millénaires de toute substance.
Tout ceci aboutit dans une sorte de courant néospirituel nouveau, le "réalisationnisme", où le degré spirituel suprême est banalisé, voire confondu avec un simple état psychologique - balayés les rites, la dévotion et les instructions spirituelles ! Pourtant l'exemple des plus grands Maîtres de la spiritualité nondualiste est probant, car ils ont gardé tout au long de leur existence de libérés vivants j ivan-mukta), une attitude humble et intensément dévotionnelle : il suffit de lire les hymnes de Shankarâcharya ou de Râmana Maharshi pour être convaincu que, même au summum de la Réalisation Spirituelle, les notions de vertu et de sacrifice demeurent intactes.
Il est donc préférable de rester vigilant lorsqu'on aborde des textes traitant de l'Advaïta-Vedânta . Vigilant à l'égard des textes sur le "marché", pour se prémunir des faux enseignements éventuels, mais vigilant aussi à l'égard de soi-même, lorsque les textes s'avèrent authentiques : gare aux faux gourous, mais gare aussi à l'orgueil spirituel...
A priori, ce texte (Ellam Ondré) ne semble pas devoir susciter de tels écueils, à condition d'être bien compris. Et il peut au contraire se révéler précieux, même dans le contexte difficile du monde moderne, qui se targue d'avoir "éliminé Dieu".
L'affirmation de l'Unité Divine ne peut être que bénéfique, même si, mal comprise, elle entraîne des dérapages. A ceux qui déplorent de voir les "perles jetées aux pourceaux, " il sera répondu que les jeux sont faits, que les verrous du secret et du Sacré ont sauté, et que nous vivons les temps où ce sont les pourceaux qui se jettent sur les perles... Mais le temps du secret initiatique, ce temps où les Upanishads, loin d'être "tirées" à des milliers d'exemplaires, n'étaient qu'entendues (Shruti), dans l'intimité du rapport de Guru à disciple, ce temps a passé. L'heure est au dévoilement, à la révélation l'apocalypse, au sens étymologique, du Grec apocalypsis = révélation), annoncée par les Écritures pour la fin du cycle. Mais malgré ce signe des temps, le respect et la prudence s'imposent, pour ceux qui en sont encore capables :
- respect pour la Tradition, qui porte et transmet ces textes sacrés à travers les siècles, ainsi que pour ses Anciens Sages, qui ne sauraient vieillir ;
- prudence, dans le contexte moderne, avide du "tout, tout de suite !", qui invite trop facilement à faire abstraction des règles traditionnelles, ouvrant la porte à tous les excès.
Tout est Un. La Vérité est d'une simplicité absolue, mais pour en avoir l'intelligence, nul n'échappe à la nécessité de suivre les instructions des maîtres ou des textes autorisés, dont ce petit livre est une pure illustration.
Malgré les imperfections de la traduction présente, qui s'ajoutent à l'infériorité "d'office" de toute traduction par rapport à son original, il s'agit tout de même d'une perle, et des plus précieuses. Reste au lecteur à faire preuve d'indulgence (pour le travail de traduction), et de discernement (pour en tirer la quintessence, et en faire bon usage).
Râmana Mabarshi, le Sage qui n'eût point de Maître, hormis la colline sacrée d'Arunâchala, n'enseigna jamais le rejet des Maîtres, ou de la Tradition. Il en souligna au contraire l'importance, et son cas est une divine exception, bénie même par l'orthodoxie hindoue. Son conseil de lire et d'appliquer le contenu de ce livre doit être reçu et suivi en confiance, et avec gratitude, comme une bénédiction.
Robert Caputo.

PRÉFACE DE L'AUTEUR
Comme tous les êtres vivants, les hommes cherchent à atteindre le bonheur et à échapper à la souffrance. Cela vaut pour la plupart des êtres humains, mais il en est, d'une tout autre dimension, qui gardent l'attitude juste, et s'accommodent patiemment du bien comme du mai qui leur arrive. La compagnie de tels êtres est autrement profitable que celle des gens ordinaires. Le bien ne peut advenir au monde que grâce à ces hommes de dimension supérieure.
La question se pose alors : - qu'est-ce que le vrai Bien ? Malgré l'importance de cette question, une réponse claire n'a pu être trouvée, car le "bien" est déterminé en fonction des circonstances. Une oeuvre de recherche sur le sujet, aussi complète fût-elle, oubliera d'envisager telle ou telle circonstance déterminante. Par conséquent il s'avère nécessaire pour tous de réaliser l'état qui rend apte à évaluer les situations et à déterminer ce qu'est le vrai Bien.
Cet état est unique. Aucun autre ne lui est comparable. Bien qu'étant L'Unique, il est étonnant que pour le "sens commun" il soit jugé "excessivement rare". Quoi de plus extraordinaire ?... Cet état unique est très clairement décrit dans les Upanishads.
Dans ce livre, j'expose la même vérité, selon ma compréhension. je ne prétends pas à une quelconque originalité. Ce n'est que mon devoir.
Les chapitres de ce livre sont intimement liés, au point que tel aspect attendu ici sera traité là... De plus, certains aspects ne paraissant pas clairs après une lecture superficielle, s'éclaireront par une étude plus approfondie. Mais il y a peut-être plus à apprendre auprès d'oeuvres ou de Sages Majeurs...
Mère Universelle, Maître Véritable,
Venez-nous en aide !

I - UNITÊ
1 -Tout, incluant le monde que tu vois, ainsi que toi-même, le témoin du monde, tout est Un.
2 - Tout ce que tu considères comme étant moi, toi, lui, elle, et cela, tout est Un.
3 - Les êtres sensibles, ainsi que l'inerte et l'insensible (la terre, l'air, le feu et l'eau), tout cela est Un.
4 - Le bien-être qui résulte de la conscience que " tout est Un", ne peut être obtenu par une conscience fragmentaire, séparant les choses et les êtres : tout est Un.
5 - La connaissance de l'unité de toutes choses est bonne, autant pour toi que pour les autres : tout est Un.
6 - Celui qui voit "je suis séparé", "tu es séparé", "il est séparé", etc, agit d'une certaine façon envers lui-même, et d'une toute autre façon envers les autres. Il ne peut s'en empêcher. La pensée "chaque être est séparé des autres", est la graine d'où s'élève l'arbre de la discrimination arbitraire des actes (en fonction de la diversité des personnes). Comment pourrait-il y avoir un défaut de vertu chez celui qui sait qu'il y a unité entre lui et les autres ? Aussi longtemps que le germe de la différenciation est présent, l'arbre correspondant est à même de fleurir, que l'on s'y attende ou pas. Il faut donc renoncer à cette faculté de différenciation. Tout est Un.
7 - Question : dans le monde, les choses paraissent différentes ; comment puis-je alors considérer le tout comme étant Un ? Y-a-t-il un moyen d'atteindre à cette connaissance ? La réponse est celle-ci : dans un même arbre nous voyons des feuilles, des fleurs, des fruits et des branches, différents les uns des autres, et qui pourtant ne font qu'un, étant tous compris dans le mot "arbre". Leur racine est la même, leur sève est la même. Ainsi, toutes les choses, tous les corps, tous les organismes, proviennent d'une même source et sont activés par un seul et même principe vital: tout est Un.
8 - Ô homme de bien ! L'affirmation "tout est Un" est-elle bonne ou mauvaise ? Réfléchis. De même que la personne qui se voit elle-même comme elle voit les autres et les autres comme elle-même ne peut qu'être honnête et juste, de même comment le mal pourrait-il s'attacher à celui qui sait qu'il fait un avec les autres ? Dis-moi s'il existe une meilleure voie vers le Souverain Bien que la connaissance de l'Unité ? Il n'y en a certainement pas. Comment quelqu'un pourrait-il aimer les autres mieux qu'en sachant qu'ils sont lui-même ? Il les connût en tant qu'Unité -, il les aime en tant qu'Unité, puisqu'en vérité, ils sont Un.
9 - Qui petit partager la paix mentale et le calme du connaisseur de l'Unité ? Il n'a pas de soucis. Le bien-être de tous est son propre bien-être. Une mère considère le bien-être de ses enfants comme le sien propre. Cependant son amour n'est pas parfait, parce qu'elle se croit individuellement séparée de ses enfants. L'amour d'un Sage ayant réalisé l'Unité de toutes choses dépasse, et de très loin, même l'amour d'une mère. Il n'y a pas d'autre moyen pour réaliser un tel amour que la connaissance de l'Unité : tout est Un.
10 - Sache que le monde dans son ensemble constitue ton corps impérissable, et que tu es toi-même la vie perpétuelle du monde entier.
Y-a-t-il du mal à faire ainsi ? Qui a peur de suivre la voie sans blâme ? Sois téméraire. Les Védas enseignent cette vérité. Il n'y a rien d'autre que toi. Le Souverain Bien t'appartient. Oui, tu es ce Souverain Bien toi-même. Tout ce que les autres pourront tirer de toi sera du Bien, uniquement. Qui donc s'emploierait a agir contre ses propres corps et âme ? S'il y a un abcès dans le corps, un remède lui est appliqué ; même s'il s'avère douloureux, son objet est de faire du bien, uniquement. Il en ira de même pour certaines de tes actions, dont le but sera le bien du monde. C'est pourquoi tu ne dois pas t'empêtrer dans la différenciation.
En résumé : le connaisseur de l'Unité agit de la meilleure des façons. C'est la connaissance de l'Unité qui le fait agir. Il ne peut se tromper. Dans le monde, il est Dieu devenu visible. Tout est Un.

II - TOI
1 - Qui es-tu ? Ce corps, est-ce toi ? S'il en est ainsi, pourquoi n'as-tu pas conscience du serpent qui glisse sur lui lorsque tu es en sommeil profond ? Certainement, tu es autre que ce corps.
2 - Parfois, dans ton sommeil, tu as un rêve; alors, tu t'identifies à un personnage ; ce personnage, est-ce toi ? Non. Ou alors, que devient-il à ton réveil ? Tu ne peux être lui. Plus encore, tu as presque honte de t'être identifié à lui. Il est clair que tu n'es pas ce personnage ; tu es celui qui se tient à l'écart.
3 - Souviens-toi à présent de l'état de sommeil sans rêves. Est-ce celui de ta nature véritable ? Tu ne le crois sans doute pas, car tu n'es pas insensé au point de t'identifier à ces épaisses ténèbres qui t'empêchent de connaître l'état où tu te trouves. Grâce à l'intellect, tu es capable de te distinguer des objets environnants : comment pourrais-tu admettre que tu es la même chose que l'ignorance, ou le vide ? Comment cela pourrait-il être ta véritable nature ? Ce n'est pas possible. Tu es le Connaisseur qui sait que cet état est un voile obscur et dense recouvrant ta véritable nature. L'ayant condamnée après en avoir fait l'expérience, tu sais que tu n'es pas cette sombre ignorance du sommeil profond. Tu es celui qui se tient à l'écart de cela aussi.
4 - Si tu admets que même ce corps grossier n'est pas toi, peux-tu imaginer être quel qu'autre chose de plus éloigné ? Non. De même que tu n'es pas ce corps grossier, tu n'es pas non plus quelque chose d'autre qui s'en trouverait plus éloigné -, ni le personnage du rêve; ni l'ignorance du sommeil profond. Tu es différent de ces trois états, et de ce monde.
5 - Ces trois états peuvent se résumer en deux conditions : l'une où prédomine la conscience sujet-objet (qui comprend les états de veille et de sommeil avec rêves), et un autre, qui est celle de l'inconscience du sujet lui-même (comprenant l'état de sommeil profond). Toutes les expériences possibles sont comprises dans l'une ou l'autre de ces deux conditions. Et elles sont toutes deux étrangères à ta vraie nature, qui est toute autre.
6 - Si tu te demandes ce qu'elle est, son nom est Turiya, qui signifie "le Quatrième" (état). Ce nom est approprié, car il semble dire : "les trois états de ton expérience - veille, rêve et sommeil profond - te sont étrangers ; ton véritable état est le Quatrième, qui est différent de ces trois-là". En supposant que ces trois états (veille, rêve et sommeil profond) forment ensemble un long rêve, le quatrième représente le réveil mettant fin à ce rêve. Ainsi, il est plus profond que le sommeil profond, et en même temps plus "éveillé" que l'état de veille. Ton véritable état est donc ce "Quatrième", se distinguant de tes états de veille, sommeil avec rêves, et sommeil profond. Tu es cela, uniquement.
7 - Comment est ce quatrième état ? Il est la Connaissance qui ne particularise pas ; il est pleine Conscience de soi-même. Cela signifie que le quatrième état est pure Connaissance, sans conscience du particulier, mais en pleine conscience de Soi. Seul celui qui réalise cet état, même pour un seul instant, réalise la vérité. Tu es cela, uniquement. Qu'y-a-t-il de plus pour celui qui a réalisé le "Quatrième" ?
En pratique, il n'est pas possible pour quiconque, de demeurer à jamais dans cet état qui est l'état sans connaissance du particulier. Celui qui a réalisé le quatrième état, tôt ou tard revient à ce monde -, mais pour lui le monde n'est plus comme avant - il voit ce qu'il a réalisé comme étant le Quatrième état, rayonner en toutes choses. Il ne voit plus ce monde comme différent de cette Pure Connaissance. Ainsi, ce qu'il a vu à l'intérieur, il le voit maintenant, d'une manière différente, aussi à l'extérieur. Ayant quitté le stade de la différenciation, il est à présent établi dans l'état de non-différenciation, où qu'il se trouve. Désormais, il est Tout. Il n'y a rien qui soit différent de lui. Que ses yeux soient fermés ou ouverts, quels que soient les changements pouvant survenir, son état demeure inchangé. Cela est l'état de Brahmati ; Cela est l'état naturel éternel. Tu es cet état, éternellement Vrai.
8 - Il n'y a rien au-delà de cet état. Les mots "intérieur" et " extérieure", perdent leur sens. Tout est Un. Le corps, la parole et le mental ne peuvent plus fonctionner égoïstement : Il est la Grâce qui les anime, pour le bien de tous. Le "moi" fragmentaire est perdu à jamais. L'ego ne peut plus revivre. Il est dit alors qu'il est libéré ici et maintenant. Il ne vit pas parce que son corps vit, ni ne meurt parce que son corps meurt. Il est éternel. Il n'y a rien d'autre que lui. Tu es celui-là.
9 - Qui est Dieu ? Il est Grâce. Qu'est-ce que la Grâce ? La Conscience, sans l'ego fragmentaire. Comment peut-on être sûr qu'un tel état existe ? Seulement en le réalisant. Les Védas louent celui qui réalise Cela, comme étant celui qui a réalisé Dieu, devenant un avec Lui. C'est pourquoi, ce que le monde peut nous apporter de meilleur, et ce que nous pouvons lui rendre de meilleur, c'est la réalisation de cet état. En fait, il n'y a pas d'autre état que celui-là ; les autres n'apparaissent que dans l'ignorance. Pour celui qui sait, il y a un état, uniquement : Tu es Cela.

III - DIEU
1 - Qui est Dieu ? Dieu est Celui qui transcende tout ce que nous percevons. S'Il est transcendant au monde, comment peut-il y avoir une relation entre Lui et le monde ? Il n'y a, en fait, pas une particule ici qui ne Lui soit reliée. Alors, que signifie qu'Il "transcende le monde" ? Le monde, cela veut dire nous-mêmes et ce que nous percevons. En d'autres mots, les êtres animés et inanimés ensemble forment le monde. Parmi ces catégories, nous estimons que les êtres conscients sont supérieurs. Que dire de Celui qui créa tous les êtres ? La seule chose que nous pouvons comprendre c'est qu'Il est au-delà des catégories d'êtres que nous connaissons. Notre raison ne peut aller aussi loin. Notre Créateur nous est donc supérieur, et ne peut être appréhendé par la raison. Son nom, Kadawul ("Etre Transcendant"), signifie qu'Il surpasse notre raison.
2 - Dieu ne peut-il alors être connu de nous ? Il n'en est pas tout à fait ainsi car dans un sens, Il se laisse connaître par nous, et ce don de Sa Grâce doit nous suffire. Nous n'avons pas besoin de toute Sa grandeur. Il en a fait connaître assez pour que notre souffrance soit supprimée. Il n'y a pas de raison pour Lui de révéler un iota de plus de son pouvoir, qu'il n'en faut pour remédier à nos défauts dans l'état présent. C'est ainsi qu'Il se fait connaître selon nos besoins. Il est donc bien là, en quelque sorte à portée de notre connaissance.
3 - Qu'est-ce donc, qui nous permet de L'avoir à portée de notre connaissance ? Le fait qu'Il est connu en tant qu' Être - Conscience - Béatitude.
L'Être (Sat), désigne l'Impérissable, ce qui Est, pour l'éternité. S'il venait à cesser d'être, ne fût-ce qu'un moment, qui serait Son destructeur ? qui L'a créé ? La nature périssable de toutes choses nous enseigne que Tout est dirigé par l'Un impérissable. Ce Seigneur des Seigneurs, immortel, est Dieu. Sa nature impérissable est litre (Sat).
Par Conscience (Chit), il faut entendre Connaissance. Connaissance absolue, opposée à la connaissance ordinaire, sujette à l'erreur. Ni l'irrégularité ni l'erreur ne peuvent l'entacher. C'est La Connaissance, pure et simple. Celui qui est à l'origine de la Création, si parfaite et ordonnée, même parmi les êtres inanimés, nous enseigne fréquemment ainsi : "ta connaissance est irrégulière et erronée."
Une histoire célèbre raconte l'étonnement d'un incroyant devant l'un des prodiges de la nature : "pourquoi a-t-Il fait si petite la graine de l'arbre banyan qui est si grand ?" Un système où même les objets inanimés sont en ordre et ont une fonction utile, est forcément dirigé par un pouvoir conscient. Est-ce qu'un simple objet inanimé peut faire quelque chose relevant de la connaissance infaillible ? Et notre mode de connaissance imparfaite, le peut-il ? Non, ce n'est pas possible. C'est pourquoi il est dit que Dieu est Conscience (Chit).
La Béatitude, ou Félicité (Ananda), est l'état libre de désirs. C'est la plénitude de paix. S'il Lui restait encore le moindre désir, comment pourrait-Il être meilleur que nous-mêmes ? Comment pourrions-nous obtenir de Lui la félicité ? Lui-même aurait alors besoin d'un autre être pour satisfaire ses désirs.
Mais qui peut concevoir Dieu ainsi ?
L'état de satisfaction intérieure caractérise la félicité. C'est pourquoi Il est Félicité, ou Béatitude (Ananda). Etre, Conscience et Béatitude sont inséparables. Individuellement, ils sont sans valeur. C'est pourquoi Il est connu, Lui, en tant qu'Être - Conscience - Béatitude (Satchitdânanda).
4- Celui qui a réalisé le quatrième état et voit tout en tant qu'Un, celui-là connaît vraiment Dieu en tant qu'Etre - Conscience - Béatitude. Les mots ne peuvent exprimer, ni les oreilles entendre, à quel point un tel être est uni à Dieu; c'est une question de réalisation ; et il existe des voies et des moyens pour une telle réalisation. Ils peuvent être énoncés, appris et mis en pratique. Celui qui peut réaliser ainsi, est Dieu.
5 - Il n'a pas de nom ; nous Lui donnons un nom. Il n'a pas de forme ; nous Lui donnons une forme. Est-ce condamnable ? Quel nom n'est pas le Sien ? Quelle forme n'est pas la Sienne ? Quel est le son, la forme où Il ne se trouve pas. C'est pourquoi, en l'absence de la vraie connaissance de ce qu'Il est, tu peux Le nommer comme tu préfères, ou L'imaginer sous la forme qui te convient le mieux pour garder Son souvenir. Tout espoir d'obtenir Sa Grâce sans aucun effort est complètement vain. S'il était possible d'obtenir Sa Grâce de cette façon, tout serait pareil, il n'y aurait aucune raison pour qu'il existât des différences. Il nous a montré les voies et les moyens. Efforce-toi, atteins le but ; sois heureux ; ta paresse et ton égoïsme te font espérer Sa Grâce sans aucun effort, or la règle est valable pour toi comme pour tous. Ne relâche pas tes efforts. Dieu ne peut être réalisé que par ton effort.
6 - Il est un effort qui surpasse tous les autres. Il peut paraître moins efficace que la dévotion à Dieu avec nom et forme. Pourtant, c'est bien celuici le plus efficace : c'est tout simplement l'amour que tu portes à tous les êtres, pour le meilleur et pour le pire. En l'absence d'un tel amour pour tous, ta dévotion envers Dieu n'est que parodie. Quel sens cela a-t-il pour Dieu, si tu recherches auprès de Lui la satisfaction de tes désirs, sans faire ton devoir envers les malheureux ? Il n'y a là que pur égoïsme. Il n'y a pas de place auprès de Dieu pour des personnes aussi égoïstes, seuls les actes désintéressés y ayant droit de cité. Par conséquent, sachant bien qu'l1 est au centre de toute chose, dévoue-toi à Lui. Dieu est Celui qui suscite la plus haute dévotion.
7 - A mesure que tu attribues des noms et des formes à Dieu, tout en faisant preuve d'amour pour tous les noms et formes; ayant compris qu'ils sont tous Siens, ton mental va mûrir progressivement. De même que le goût d'un fruit s'améliore à mesure de sa maturation, de même en va-t-il, en toi, de la croissance du bien et du déclin du mal. À un certain stade de la maturation de ton mental, le moment viendra où il te faudra rencontrer ton maître. Ceci ne signifie pas que tu dois aller à sa recherche, ou lui à la tienne. Au moment voulu, la rencontre aura lieu, chacun s'y étant dirigé à sa manière. C'est votre complémentarité qui vous amènera à vous rencontrer, qui établira ta confiance en lui, adaptera son enseignement pour toi, et te rendra apte à le suivre. Celle-là est la voie directe pour aller à Dieu qui est de réaliser le Quatrième état. Tu suivras la vole et atteindras ton but, qui est Être - Conscience - Béatitude, qui est Dieu.
8 - La voie enseignée par le maître est définitive, directe ; dirigée vers l'Unité, elle est naturelle et sans artifices, éprouvée depuis longtemps, non douloureuse. Lorsque tu es sur cette voie, il ne peut plus y avoir ni doute, ni peur. La peur et le doute, ne sont-ce pas les caractéristiques des voles des ténèbres ? Comment pourraient-elles te rencontrer dans la voie de la Vérité qu'enseigne le maître ?
Ainsi, la vole te parlera d'elle-même, t'indiquant le bon chemin. Alors, il ne te restera plus qu'à rencontrer ton maître et à apprendre de lui. Cette voie vous est commune, à tous les deux, par la Volonté de Dieu. Avant toi, ton maître l'a parcourue. Il te montrera le chemin et tu le suivras. À combien d'autres enseigneras-tu ce même chemin ? Et combien d'autres suivront-ils après ? D'évidence, la peur et le doute n'ont pas de place dans la voie de la Vérité. Une fois que tu auras fait un pas en avant, tu ne reculeras plus. L'aide du maître est effective pour ce. premier pas uniquement. Tu n'as besoin de rien faire pour que la voie te soit enseignée par ton maître. Sache qu'il est le messager de Dieu, envoye pour révéler la voie à ceux qui sont prêts, qui ont mûri par leurs propres efforts, accomplis dans l'une ou l'autre des deux directions dont nous allons parler. C'est Dieu qui envoie ce messager divin dès que le degré de maturité suffisant est atteint.
9 - La pratique avec foi, mais sans Connaissance, est nommée Bhakti ; la même avec Connaissance est nommée Jnâna.
Il y a deux sortes de Bhakti : l'une est la dévotion à Dieu avec nom et forme, l'autre est l'amour pour tous les êtres (Karrna). Jnâna aussi est divisée en deux - la pratique de la voie juste enseignée par le maître, nommé yoga, et l'état qui en résulte, qui est pure jnâna.
Il est naturel de croire à quelque chose que l'on ne voit pas pour finalement le trouver. Ceux qui ne croient pas ne trouvent jamais, Les croyants, tôt ou tard, réussiront, les non croyants, jamais. Tu peux croire même pour la seule raison que la Foi en Dieu ne fait pas de mal. Tu en recevras ta part d'effets bénéfiques. Ce monde existe uniquement pour susciter la Foi en toi. Voilà le but de la création. Aie la Foi et tu pourras atteindre Dieu.
10 - Même si tu ne crois pas tout ce qui est dit de Dieu, crois au moins qu' "Il y a Dieu". Cette graine révèle une grande puissance lors de sa croissance, au point qu'elle peut tout nier, et tout remplir par elle-même. Sa toute puissance est telle que tu ne verras rien d'autre que Dieu, même pas toi-même. En vérité, Dieu est Tout.

IV - PAIX
1 - Qu'est-ce que la Paix ? Lorsqu'un homme est en sommeil profond, bien que le monde subsiste, en a-t-il le moindre souci ? Son mental est tranquille et reposé. S'il peut conserver ce degré de calme et de repos mental même lorsqu'il se trouve en activité au sein du monde, alors la Paix est réalisée.
2 - Le mental peut-il demeurer ainsi, même lorsque nous sommes confrontés au monde ? Cela dépend de notre façon d'appréhender le monde. Le mental est plus agité si c'est sa propriété qui est pillée, que s'il s'agit de celle d'un autre. La perte d'un bien propre cause plus de souci que celle du bien d'autrui. Pourquoi ? Parce que notre manière d'évaluer les choses est ce qui détermine le degré de plaisir ou d'anxiété qu'elles nous procurent. Par conséquent, si l'on apprenait à voir tout d'un oeil égal, le mental demeurerait en paix. Le mental qui sait que les affaires de l'univers dépassent ses compétences, se tranquillise nécessairement. De même, si l'on a conscience de n'avoir plus aucune prétention envers quoi que ce soit, ou que toutes choses sont périssables, le mental demeure calme. Ainsi la Paix s'installe durablement si l'on porte sur toutes choses un regard équanime.
La Paix dépend de la façon dont le mental appréhende les choses.
3 -L'illustration de ce qui précède : un homme se réveille après avoir fait un rêve. Son mental était heureux, ou ennuyé, selon ses opinions à propos des choses vues dans le reve ; mais au reveil, son mental demeure inaffecté par toutes les péripéties du rêve ; il demeure équanime. Pourquoi ? Parce que ce n'est qu'à ce moment (au réveil) que son mental se permet d'évaluer tous les éléments du rêve de manière égale. Il ne regrette pas que le rêve ait cessé. Pourquoi ? Il sait que le rêve n'est pas éternel mais doit s'achever au réveil. De même, si un homme sait que tôt ou tard il ne pourra que s'éveiller du long rêve de la vie en ce monde, son mental deviendra immuable. C'est l'état du calme pur. C'est l'état de Paix.
4 - Cet état ne signifie pas pour lui la fin de sa relation au monde. Seuls la paix et le calme du mental lui appartiennent. Ses actes ne pourront que s'adapter aux circonstances. Le seul changement qui soit intervenu avec ce gain de la paix mentale est le suivant : son mental a connu la Vérité et réalisé le détachement -, par conséquent, il repose, paisible ; ses actes, bien que pouvant varier, demeurent impartiaux ; mais les actes des autres sont changeants, sans pouvoir garder l'impartialité. C'est ainsi que le calme du mental apporte un bien énorme, non seulement à luimême, mais aussi au monde en général. La Paix indique la voie de la conduite juste.
5 - Un homme marche, une lampe allumée à la main. Peut-il être question d'hostilité entre la lumière et les accidents du parcours ? Sûrement pas. Cependant, la lumière et l'obscurité ne peuvent coexister. La lumière chasse l'obscurité, révèle les accidents du parcours, et permet à l'homme de marcher prudemment, en montant, en descendant, sur les côtés, etc. La lumière de la lampe supprime la cause de jurons ou de plaintes futiles telles que : "mon pied a heurté un obstacle", ou bien : "ce creux m'a fait trébucher". Une fois la Paix réalisée, l'homme ne ressent ni haine ni antagonisme envers le monde. La Paix dissipe les ténèbres qui nous empêchent de voir la vraie nature du monde et ses embûches. En l'absence de la lumière de la Paix qui permet de s'adapter aux multiples circonstances, on condamne le monde, lui reprochant ses souffrances, comme on se plaint des obstacles sur un chemin. C'est pourquoi un homme ayant réalisé la Paix Suprême après avoir connu le monde comme un rêve compliqué, ne doit pas être considéré comme étant hors du monde, non concerné par ses activités. En fait, il est le seul à être en harmonie effective avec le monde; il est le seul vraiment compétent pour être un homme d'action. Ainsi, la Paix est le régulateur de tes activités.
6 - L'homme en Paix peut avoir un souci de rectification pour ce qui se passe dans le monde. S'il en éprouvait de la crainte, de quelle aide pourrait-il être envers ceux qui considèrent ce monde possessivement et avec avidité ? Ils sont sous l'emprise de l'égoïsme et dépourvus de toute notion d'impartialité. Pour guider l'aveugle sur un chemin, ou traiter la cécité de l'oeil malade, on a besoin d'y voir clair. De même, celui qui peut réformer le monde est celui qui a découvert sa propre nature immuable par rapport à la nature changeante du monde, et demeure paisible. De tels hommes ne peuvent s'empêcher d'aider le monde. Pourquoi ? Est-ce que quelqu'un peut manquer de coeur au point de ne pas relever un enfant qui glisse et tombe ? Même question pour les Sages, capables de comprendre les difficultés du monde, et qui peuvent aider les gens. Parce qu'il s'est détaché du mental et du corps, le Sage n'est pas éprouvé par l'effort que demande le service du monde, tout comme le principe vital ayant quitté un corps ne souffre pas, même si de lourds attelages passent sur ce corps en l'écrasant. Le Sage ne se dérobera donc pas devant le travail ou les soucis. Seule la Paix réalisée effectivement peut produire un tel courage, et un tel calme.
7 - En apparence, la Paix peut donner une impression de fadeur et de manque de vigueur. En fait, elle peut tout vaincre. Elle surpasse tout en ténacité et en courage, et c'est de ces qualités que dépend la réussite. Même si le mont Mérou [L'Axe- du monde selon la Tradition] devait basculer, l'incident provoquerait tout au plus un léger sourire chez l'homme en Paix, s'il ne le laisse pas complètement impassible... Cet état est précieux pour les questions regardant aussi bien le monde que l'esprit. Le véritable bonheur dans le monde est le sien aussi, et ce bonheur jaillit après la fin d'un esclavage. La Paix apporte du bien à chacun, de toutes façons.
8 - Les adversaires de la Paix sont nombreux. Ils sont là pour éprouver l'homme. Lorsque nous y sommes confrontés, nous devons rester vigilants, et veiller a ce que la fleur fragile du mental soit épargnée par leurs ombres. Si la fleur du mental est abîmée, elle perdra son parfum, sa fraîcheur et sa couleur. Elle deviendra alors inutile, imprésentable aux autres, et à Dieu. Sache que ton mental est plus fragile encore qu'une fleur. C'est à l'aide de cette fleur que tes devoirs envers toi-même, les autres et Dieu s'accomplissent. Elle doit donc préserver sa fraîcheur toujours et en tous lieux. Toute bénédiction du mental est l'oeuvre de la Paix.
9 - N'aie de cesse d'adorer le Dieu de ton Soi avec la fleur de ton mental. Laisse les aspects capricieux de ton mental témoigner de cette adoration. Progressivement, ils apprendront à quitter leurs jeux infantiles et voudront connaître le même enchantement que toi. À force d'observer la Paix qui est en toi, ils abandonneront leurs caprices. Toi, tu n'as qu'à continuer patiemment l'adoration. Ne te laisse donc pas détourner par ces caprices du mental ; au contraire, ce sont eux qui seront finalement pacifiés par la Paix qui est en toi. Tout doit être en Paix.
10 - Un dernier mot : l'essence des Védas est la Paix.


V - ACTION
1 - Toute action appartient à Dieu. Son Oeuvre a inscrit chaque chose dans ses fonctions individuelles. C'est par Lui que les êtres, animés ou inanimés, jouent leur rôle. Toutes les actions Lui appartiennent.
2 - Chaque être fait ce qui lui correspond. Qu'est-ce que Dieu a à voir avec cela ? Nous nous intéresserons aux objets inanimés un peu plus tard. Nous sommes des êtres sensibles; voyons d'abord qui est l'auteur de nos actions. Tout le monde souhaite améliorer son état, et y travaille. Mais les résultats diffèrent, bien que le but et le travail soient identiques. Pourquoi cette différence dans les résultats ? Ici Dieu nous fait comprendre qu'Il est l'auteur de l'action. Autrement, tous les résultats devraient être identiques. Les différences de condition n'expliquent rien : peut-il exister quelqu'un ne souhaitant pas améliorer sa situation ? Quelle que soit son intention envers les autres, chaque individu est certainement honnête dans son intention envers lui-même (ex. : pour améliorer sa situation). Cela n'empêche pas qu'il y ait des différences de condition de l'un à l'autre : Toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu.
3 - Tous les êtres ont la même intention ; cependant, leurs efforts varient de l'un à l'autre, ainsi que leurs états. Ayant dit cela, une question se pose : qu'est-ce que l'effort ? N'est-ce pas simplement un concept mental ? Tous ces concepts ont la même origine, a savoir, cette intention commune a tous (d'améliorer sa situation) -, alors pourquoi ce concept mental de l'effort à accomplir diffère-t-il d'un individu à l'autre ? Ici aussi, Dieu nous enseigne que toutes les actions Lui appartiennent.
4 - S'il est établi que, malgré l'intention commune, l'effort varie selon les capacités individuelles, la question se pose de savoir qu'est-ce qui conditionne ces capacités ? La source est dans le corps et le mental. L'environnement peut aussi influer. Avant de faire un effort, l'on doit tenir compte de tous les facteurs. Cependant, nous n'avons pas un contrôle suffisant de ces facteurs, pouvant faire coïncider exactement l'effort avec la tâche à accomplir : toutes les actions appartiennent à Dieu.
5 - A présent, si l'on dit que le corps, le mental et l'environnement vont progressivement s'ajuster à la tâche à accomplir, on avoue implicitement l'incapacité initiale. Ceci revient à admettre que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu.
6 - Cela est-il bon ou mauvais que les gens n'atteignent pas leurs buts ? C'est certainement une bonne chose. Pourquoi ? La plupart des gens sont égoïstes ; à toi de juger si leur succès est bon pour le monde ou non. Peut-être te demandes-tu alors pourquoi les efforts des personnes non-égoïstes ne sont pas tous couronnés de succès ? Le plus souvent, bien qu'en apparence ils semblent ne pas être égoïstes, ils ne sont pas sans défauts. Cela dépend de l'ego. Si le non-égoïsme supposé engendre une sensation de supériorité sur nos semblables, Dieu se charge de freiner nos ardeurs, et de nous rappeler - "vous aussi, vous êtes comme les autres, et c'est Moi qui vous gouverne". Le véritable représentant de Dieu est dépourvu d'égoïsme et d'ego. C'est parce que Dieu brille à jamais en lui, en d'autres termes, que le nuage de l'ego n'est plus là pour lui cacher Dieu, que toutes ses intentions se concrétisent. C'est donc un homme de "bonne volonté" (Satya Sankalpa, littéralement : vraie volonté). Dieu rayonne directement à travers lui, en qui il n'y a pas de ténèbres. Il est le seul à connaître l'Intention divine telle qu'Elle est. Dieu accomplit à travers lui le but de Sa création. Toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu.
7 - A la question : n'existe-t-il pas au moins une de ces personnes de bonne volonté (ou de vraie volonté) ? Pourquoi le monde n'en reçoit-il pas le plein de bénédictions ? Il y a un secret dans tout ceci : les Sages qui savent que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu se vouent à le faire savoir aux autres : il n'y a pas de bien plus précieux que cette connaissance : les actions sont l'oeuvre de Dieu, non la nôtre. Cette connaissance contient en elle toutes les bénédictions. C'est pourquoi le propos des Sages est d'éclairer les autres à l'aide de leur connaissance de Dieu et Ses actions. Ils ne disent pas : "connais Dieu tout de suite !, mais enseignent les voies et les moyens de la connaissance, et encouragent les gens à suivre le droit chemin, c'est tout. Ils ne disent pas : "sois délivré à l'instant !" puisque le commun des mortels en est incapable. Les Sages n'enjoignent pas Dieu de "libérer les gens immédiatement", puisqu'ils sont dépourvus d'ego. et savent : "Dieu sait ce qu'Il a à faire, et Il le fait ; que pourrais-je Lui demander de plus ?" Ainsi, ils souhaitent seulement faire leur devoir, sans en récolter les fruits. Ils ont compris que seul Dieu distribue les fruits des actions. Ils observent simplement le déroulement des choses dans le monde, jouent leur rôle, et ne songent jamais à recréer un monde à eux, ce qui ne serait qu'une forme d'égoïsme. La Création est exactement comme elle doit être. Tout est en ordre. Toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu.
8 - Sachant que leurs actes sont subordonnés au Pouvoir Divin, comment pourraient-ils envisager d'agir à contre-coeur ? Non, ils ne peuvent pas même y penser. Ils feront leur travail comme un devoir. Les écritures disent : "fais le travail mais ne pense pas à ses fruits." De même que la colère échappe inconsciemment au contrôle d'un homme même s'il est déterminé à ne pas se mettre en colère et à rester calme, de même les Sages à l'intention vraie (Satya Sankalpa) peuvent être choqués par les injustices apparentes du monde, et penser sans s'en apercevoir : "Dieu, faites que survienne le bien !" Alors, cela se produira certainement, et c'est ce qui explique les événements extraordinaires dans le monde. Les grands bouleversements sont le résultat d'un voeu dérobé dans le mental d'un Sage. C'est la loi de la nature. Qui peut la changer ? Toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu.
9 - Quoi qu'il arrive, c'est dans l'ordre naturel des choses. Donc, c'est juste. Tout ce qui arrive, arrive par Son action. En ce sens, il n'est pas faux de penser que "c'est Lui qui fait voler le voleur", puisqu'à l'heure du châtiment, c'est aussi Lui qui fait souffrir le voleur pour son méfait. Ni plus ni moins. Il ne devrait pas y avoir d'hostilité envers le voleur. Tel est le fruit de la connaissance que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu. Mais même s'il n'y a pas d'hostilité envers le voleur, notre rejet pour l'acte de voler demeure. Cela aussi est le résultat de notre connaissance que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu. Comment ? Parce que le voleur lui-même n'aime pas le vol : resterait-il tranquille si ses biens lui étaient volés par un autre ? Non, certainement. Il n'y a personne pour ignorer que le bien est bon et que le mal est mauvais. C'est pourquoi la connaissance que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu est ce qui peut susciter une conduite droite dans le monde. Notre connaissance s'étend au-delà. Nous ne pouvons répéter que ce que nous connaissons, et ne pas nous soucier de ce qui dépasse notre connaissance. Cela aussi est l'oeuvre de Dieu.
10 - Parmi les fruits de la connaissance que Dieu nous accorde, il y a celui qui nous apprend que toutes les actions sont Son oeuvre. Notre impuissance nous pousse à demander "Dieu, pourquoi agis-tu ainsi ?" Toutes les religions admettent ce même état d'impuissance. C'est parce que les fruits de nos actes ne correspondent pas à nos désirs, en d'autres mots, parce que nos pouvoirs sont limités, que nous ne pouvons que nous incliner, et constater que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu.
Cette loi qui nous gouverne, s'applique aux objets inanimés aussi. Nous ne sommes pas mieux lotis qu'eux. Tout est Un. Ceux qui n'admettent pas que toutes les actions sont l'oeuvre de Dieu, ne peuvent que reconnaître leurs propres limites. Cela même est l'oeuvre de Dieu.

VI - EGO
1 - Ô ego ! tous les maux du monde prennent leur source en toi. Dans le but de t'éliminer, les Rois font des lois et les Sages donnent des enseignements. Malgré leurs efforts depuis la nuit des temps, hélas, tu es toujours vivant ! Tu te caches seulement, et réapparais encore et encore. N'as-tu donc pas de fin ? Oh si, et, sûrement, elle approche. Un autre Ego a commencé à t'éliminer. C'est l'ego Universel, dont le nom est Je-SuisBrahman (Aham Brahmasmi).
2 - Eh ! ego, détrompe-toi, ton ennemi n'est pas de ton espèce : tu es périssable, alors qu'Il n l'est pas ; tu te prends pour "je", parce que tu différencies toujours "je", "tu", "il", etc., mais Lui est libre de ces concepts : Il harmonise les différences et résorbe tout en Lui-même. Ton hostilité à Son égard naît de ce que tu le vois s'élever pour t'anéantir. Mais Lui n'a aucun mauvais sentiment pour toi, puisque tu ne peux te trouver là en Sa présence. Il te voit comme une partie de Lui-même. C'est ta propre imposture qui cause ta perte en Sa présence. Il ne songe même pas à te tuer car tu ne comptes pas a ses yeux. C'est pourquoi, ego, tu te considères comme Son ennemi, mais Lui ne se prend pas pour le tien.
En un mot, tu es ton propre ennemi : par orgueil, tu t'es vanté devant Lui, comme tu le fais en tous lieux. Dès lors, tu es perdu. C'est ainsi que le Soi Universel t'efface, t'ayant absorbé, brillant en tant que Lumière Absolue.
3 - Eh ! ego, les ravages de ton action sont sans limites : tu n'es satisfait que si tu es glorifié devant les autres, et si les autres sont abaissés devant toi ; tes désirs ne cessent de te harceler - "à quel titre serai-je honoré ? Comment puis-je paraître plus élégant ? Les autres, si inclinent-ils devant moi ? M'obéissent-ils en silence ? Proclament-ils que nul ne me surpasse ?" Hélas ! Que ta vie est courte ! Et pourtant, que d'ambitions ! Combien de mal tu peux causer ! Tu t'es trompé, croyant trouver le bonheur dans cette vaine quête de gloire et de pouvoir, et en voulant te distinguer parmi les autres. Tout cela ne peut t'être profitable. Pourquoi ? Les autres ne sont-ils pas motivés eux aussi par ces mêmes illusions ? Quelles chances de succès peux-tu avoir face à des multitudes de gens nourrissant les mêmes ambitions ? Dans une telle situation, tu dois mettre un terme à ta vaine volonté de tout dominer. Par tant de vanité, tu suscites le mal, autant pour toi que pour les autres. Écoute mon conseil amical. Pour dire la vérité, Celui-là que tu crois être ton ennemi mortel, est en fait ton ami. Il sait comment te rendre digne de la vraie Grandeur et des vraies Bénédictions. Abandonne-toi à Lui. Cet Ego Universel ne te traite pas en ennemi : Il est ton véritable Bienfaiteur.
4 - Tu ne peux, à ce moment précis, avoir une idée de ce qu'Il fera de toi si seulement tu t'abandonnes à Lui. Quoi que je puisse t'en dire, tu ne peux comprendre. L'expérience de l'abandon à Lui peut seule permettre de comprendre. Nul doute qu'Il t'élèvera à Sa Grandeur, rien de moins. Par conséquent, ne crains pas pour ton avenir ; abandonne-toi directement. Tu pourras toujours t'en retourner, si la joie ne te submerge pas dès le premier instant d'abandon. De même que, en buvant du lait, cela commence par le goût agréable et se termine par l'apaisement de la faim et de la soif, de même l'abandon de soi commence par le ravissement et s'achève dans la Parfaite Béatitude qui est au-delà du plaisir et de la souffrance. Par conséquent, ton but est, nul doute, cet Ego Universel (je-Suis-Brahman).
5 - Quel est Ton nouveau nom, après l'abandon ? Il n'y a pas d'autre nom que le Tien. Les Védas Te louent, le monde Te glorifie. L'essence des enseignements religieux, c'est Toi-même. Quelle est alors Ta forme ? Toutes les formes sont Tiennes. Il n'y a pas une forme qui ne soit la Tienne. Tu es Cela qui est adoré dans les temples ; Tu es Cela qui est décrit dans les Védas ; les festivités, les cérémonies, sont toutes pour Toi. Mais quel est donc Ton pouvoir ? En Ta présence, le monde est actif; chaque être est ce qu'il est à cause de Toi. En bref, toutes choses Te glorifient, et témoignent de Ton Être. Elles y sont contraintes par devoir. Tu n'aurais même jamais rêvé que ceci pût être ton état. Mets-toi donc à l'oeuvre. Abandonne ta suffisance, car L'ego Universel t'attend.
6 - Souhaites-tu sortir de ton rêve, ou bien est-ce que tu préfères y rester encore ? Combien de temps les images du rêve vont-elles durer ? Ne sois pas paresseux, sors de ta torpeur, réveille-toi ! Tu ne vois que tes propres images mentales, et tu continues d'en imaginer encore et encore. Tout cela est vain. Trouve simplement Qui est ce Toi, ce spectateur de tes images mentales. Ne te méprends pas, en t'identifiant à elles, qui s'élèvent et retombent ; réveille-toi ! Dès l'instant où tu t'éveilleras, tu comprendras que l'éveil vaut mieux que ce rêve. Debout ! L'ego Universel attend pour se réjouir de te voir éveillé.
7 - Ne crains pas la cessation du rêve actuel. Tu vas être autrement comblé. N'étant plus dans l'illusion, tu vas assister en spectateur à cette imagerie mentale, sans en éprouver de trouble, mais avec un sourire. Cela te semblera être une plaisanterie, non plus un fardeau. En rêve, ton imagerie mentale semble avoir des formes réelles. Au réveil, tu sais que le rêve est seulement un rêve. Ne prends pas l'état de rêve pour celui de veille. Connais le rêve en tant que tel. Faisant ainsi, tu dois atteindre l'état de "je-Suis-Brahman" (l'Ego Universel).
8 - Je m'adresse à toi pour ton bien, non pour mon intérêt. Que faire si la Foi te manque, si tu ne suis pas les enseignements, ou si tu quittes le chemin, faute de récompense immédiate...? Comment puis-je t'aider si tout l'enseignement des Saints s'avère vain pour toi ? Il n'y a pas d'état plus élevé que celui-ci. Il Est, pour ton bien et, à travers toi, pour les autres aussi. Quitte ta suffisance, dès maintenant. Commence tout de suite. L'ego Universel est le tien.
9 - Oh ego, vois comme tu es l'esclave de tout, et combien tu en souffres ! Combien ton état est pitoyable ! Tout n'est qu'hostilité autour de toi ! Lorsque tu dis "a moi, a moi !", tous les autres rivalisent : "à moi, à moi!" Lorsque tu dis "je suis grand", ils protestent : "comment ? c'est moi qui suis grand." Tu es le seul à ne pas t'être hostile. A cause de tous ces soucis, tes productions mentales se multiplient, indéfiniment. N'est-ce pas le moment d'en profiter pour lâcher prise ? Si tu dis "tout est à vous", chacun deviendra ton ami. Il en est Un qui peut te rendre aussi magnanime, et c'est "je-Suis-Brahman" (l'Ego Universel).
10 - Il nie reste un mot à dire. Ce n'est pas le produit de mon égoïsme, mais simplement mon devoir. Je ne dis ce mot spécialement ni pour toi ni pour mon bien. C'est pour le bien de tous.
La Vérité est "je-Suis-Brahman" (l'Ego Universel).
Lumière de Grâce Divine,
Amour Tout-Puissant,
Bénissez-moi.

vendredi 4 mai 2012

"JE SUIS"

1. Demeurer ou revenir sans cesse dans la simple sensation :

« Je suis » - l’éprouver dans tout mon corps, tous mes sens.
Je suis vivant – cela respire, cela est agréable, désagréable, plaisant, douloureux.
Je suis cela – le souffle, le plaisir, cette douleur.
Plus profondément :
Je suis vivant,
je suis la Vie,
je suis la Vie qui souffre, qui jouit, qui meurt, qui passe, qui se donne,
qui rend vivant tout ce qui vit et respire :
les pauvres et les riches,
les grands et les petits,
les justes et les injustes.
Je suis la Vie éternelle.
« Je suis ».



2. Revenir sans cesse dans la simple pensée:          
              
 « Je suis »
 je suis conscient,
  non seulement je suis la Vie et les manifestations de la Vie,
  mais je suis conscient d’être vivant, d’être « je »,
  une forme unique et particulière dans laquelle s’incarne la Vie.
  Je suis conscient d’être vivant, je suis conscient d’être, d’être cela.
  Je suis conscient d’être cette conscience d’être.
  Je suis Conscience.
  Je suis Lumière qui n’efface pas les choses,
  Mais leur permet d’être connues, de les connaître et d’être aimées.
  Je suis une clarté qui éclaire tout ce qui vit et respire,
  Les justes et les injustes, les riches et les pauvres, les grands et les petits.
  Je suis Conscience, je suis Lumière,
  Je suis Cela.
  « Je suis ».


3. Revenir sans cesse dans la simple intuition ou pressentiment :

« Je suis ».
Je suis libre
De tout conditionnement,
De toute limite,
De toute mémoire,
De tout savoir,
De toute hérédité
De tout passé,
De tout avenir.
Je suis un espace qui contient et accueille tout ce qui vit et respire :
Les justes et les injustes, les grands et les petits, les pauvres et les riches.
Je suis présent,
Présence réelle du Réel souverain,
Je suis Cela,
L’inconditionné, l’innommable, l’impensable,
L’intangible, l’incréé, l’infinie liberté,
Pur espace, pure vacuité,
Je suis Cela.
« Je suis ».


4. Revenir sans cesse dans le simple sentiment :

« Je suis ».
Je suis bonté,
Bienveillance,
« bien diffusif de lui-même »,
Amour-affection-compassion,
Je suis Cela.
Je suis un soleil qui brille et réchauffe
Les justes et les injustes,
Qui aime les riches et les pauvres,
Les grands et les petits.
Je suis l’Amour qui fait tourner la Terre, le cœur humain et les autres étoiles,
Je suis Cela.
« Je suis 
jean yves LELOUP».

blog "être et conscience

jeudi 3 mai 2012

Il y a, nous semble-t-il, une difficulté à aborder un tel questionnement car il bouleverse tout. Nous avons l'habitude d'échanger des points de vue : un scientifique peut dialoguer avec un artiste, un politicien avec un philosophe, un chrétien avec un bouddhiste, etc. Ils peuvent partager leur compréhension du monde. Mais il semble plus difficile d'exposer la nécessité que tous remettent tout en question. Cela signifie abandonner ce qui permet de nous définir, quitter un certain confort, percer une carapace et devenir vulnérable face à ce qui se produit. Il n'y a plus un individu réfléchissant à divers sujets en fonction de sa formation, de son intelligence, mais nous nous trouvons face à l'expérience seule de ce qui se produit à l'instant où cela se produit.
Nous perdons nos repères : nous ne savons plus qui nous sommes, ni où nous nous trouvons. En abandonnant notre savoir, nous posons les armes ; nous n'avons plus aucun concept explosif à balancer sur un potentiel contradicteur. Nous nous tenons nus et nous observons, nous écoutons, nous respirons et nous ressentons par chaque pore de notre peau ce qui survient. En abandonnant notre savoir, nous devenons réceptifs : nous nous ouvrons à l'inconnu !
Alain Galatis "Cela qui rêve"
 source-http://blogbug.filialise.com
 Naturisme

mercredi 2 mai 2012

Le JNANI

LE JNANI:
  son état est celui d'éveil ininterrompu, parce qu'il est éveillé au Soi éternel.
 son état est celui du rêve ininterrompu, parce que pour lui le monde n'est rien d'autre qu'un phénomène onirique se répétant constamment.
 son état est celui du sommeil interrompu parce qu'il est à chaque instant dépourvu de la conscience d'un "je" identifié au corps

mardi 1 mai 2012

JE SUIS

Le Nisargadatta Sadhana

Le Nisargadatta Sadhana (La Pratique)

Par Pradeep Apte


Introduction


Mon Gourou Nisargadatta Maharaj a toujours souligné la nécessité de faire notre Sadhana (Pratique) afin de réaliser notre véritable nature. À travers ses dialogues il nous a donné des instructions très claires sur comment faire notre Sadhana et ce qu’il a expérimenté durant le processus.


Quoi qu’il ait dit sur le sujet est éparpillé dans dix livres qui forment la majeure partie disponible de ses dialogues publiés.


La plupart des lecteurs ont considérés le Sadhana comme une méthode en deux étapes :

1. Habiter dans le "Je Suis".
2. Transcender le "Je Suis"

Il faut comprendre clairement que ce qu’il décrit est une méthode en deux étapes qu’en apparence seulement, mais actuellement ce n’est qu’une seule étape. Ce n’est que pour aider la compréhension que cette division fut créée. C’est pareil au "vani" ou la parole qui est unique, mais pour faciliter la compréhension fut divisée en quatre : "vaikhari" (la parole prononcée), "madhyama" (la pensée ou le mot tangible), "pashayanti" (mot intangible ou formatif) et "para" (aucun mot)


Rappelez-vous que chaque fois que nous parlons, tous les quatre sont impliqués et opèrent comme une seule unité. En fait Sri Nisargadatta Maharaj a utilisé le "vani" ou la parole, dans un ordre inverse (de "vaikhari" vers "para") afin d’aller au-delà.


L’idée derrière cette compilation était de classer ce que Maharaj à dit à travers ses dialogues avec la même méthode à deux étapes.


Nous débutons avec "Habiter dans le Je Suis" et aux environs du milieu nous irons vers "Transcender le Je Suis". La continuité à été maintenue afin que cela ressemble à une seule étape, ce qu’elle est en réalité.


Une autre raison pour préparer cette compilation fut que j’ai toujours senti qu’il n’y avait aucun texte disponible qui décrivait le Sadhana prescrit par Maharaj.


Ce travail est une tentative de combler ce besoin, et quelle meilleure manière peut-il y avoir que celle d’utiliser les mots de Maharaj eux-mêmes. Les parties en italiques sont les miennes et le reste, les mots de Maharaj. J’ai eu recourt à des altérations mineures et à des enchaînements afin de facilité la lecture, sans en changer le sens.


J’espère que les adeptes de Sri Nisargadatta Maharaj et de son enseignement bénéficieront de cette compilation et l’utiliseront pour leur Sadhana.


Pradeep Apte

11 décembre 2010


Dédié à mon Gourou

Sri Nisargadatta Maharaj
Le Nisargadatta Sadhana

1.
Vous devez comprendre votre "sens d’Être", de "Présence" ou le sentiment "Je Suis" que vous pouvez aussi appeler conscience, dans sa pureté absolue. La meilleure façon de faire cela, est de reculer dans le temps et d’essayer de vous souvenir où pour la première fois vous avez réalisé que "vous êtes" ou "Je Suis", qui est habituellement autour de l’âge de trois ans.

2.
Pourquoi vous en souvenir? Parce que lorsque le sentiment "Je Suis" est apparu pour la première fois, il était dans sa pureté absolue, dépourvu de mots et ne possédait aucun ajout quel qu’il soit.

3.
Cette phase de vivre avec le sens pur de "seulement être" ou du "Je Suis" sans mot se poursuit pour quelque temps et puis graduellement la contamination commence. Ceci entraîne le processus que nous appelons "conditionnement" qui vous sculpte en un individu vivant dans le monde et sous certaines circonstances.

4.
En devenant adulte le fardeau de toutes ces additions, ou des contaminations sur le "Je Suis" devient tellement lourd que le "Je Suis" d’origine est complètement oublié et perdu en dessous. Le "Je Suis" dans sa pureté absolue est encore là avec vous, même présentement, sauf que vous êtes incapable de le remarquer ou de l’attraper.

5.
Si vous êtes incapable de vous souvenir du moment où pour la première fois vous avez réalisé que "vous êtes" ou "Je Suis", alors vous pouvez essayer de l’observer au moment ou vous vous éveillez le matin. Ceci va requérir de l’effort, car lorsque vous vous éveillez, le mouvement "je suis ce corps qui s’appelle untel dans le monde, et je dois faire ceci ou cela…" est tellement rapide que vous êtes incapable de prêter attention au pur "Je Suis".

6.
Le premier pourrait être appelé l’approche du "souvenir d’enfance", alors que le deuxième pourrait être appelé l’approche du "réveil". Vous pouvez utiliser celui qui vous sied le mieux ou vous pouvez utiliser une combinaison des deux, l’idée est d’approcher le "Je Suis" dans sa pureté absolu.

7.
Chaque mot du Gourou reflète sa sagesse étonnante et les questions qu’il pose à l’aspirant sont d’une nature extrêmement profonde. Tout ce qu’il dit ou demande est rempli d’instructions à notre égard.

8.
Les efforts du Gourou sont pour nous faire comprendre et réaliser la pureté absolue du "Je Suis". En trouvant des réponses à des questions comme : Quand pour la première fois avez-vous su que "vous êtes" ? Ou : Peut-il y avoir un sens du "Je" sans être quelqu’un ou l’autre ? Les deux vous entraînent vers le "Je Suis" dans sa pureté absolue.

9.
Les affirmations du Gourou qui vous dirigent au pur "Je Suis" sont : Le sens du "Je Suis" est toujours avec vous, mais vous y avez attaché des choses (contaminations) – le corps, des sentiments, des pensées, des idées, des possessions ainsi de suite. Toutes ces identifications avec le Soi sont trompeuses. À cause d’eux, vous vous prenez pour ce que vous n’êtes pas.

10.
Le Gourou nous recommande constamment le Sadhana de demeurer dans le "Je Suis" : Le sens "d’Être", du "Je Suis", est le premier à émerger. Demandez-vous d’où il vient ou, observez-le silencieusement. Lorsque le mental demeure dans le "Je Suis", sans bouger, vous entrez dans un état qui ne peut pas être verbalisé mais qui peut être expérimenté. Tout ce que vous devez faire est d’essayer et d’essayer encore.

11. Soyez convaincu que tout ce que vous pouvez dire à propos de vous-même est, "Je Suis". Regardez-le bien car toutes les définitions s’appliquent seulement à votre corps et ses expressions. Par la seule conviction que "Je Suis", votre obsession avec le corps partira.


12. La conviction que l’unique affirmation vraie à propos de vous, le "Je Suis", arrivera en étant sérieux, en cherchant, enquêtant, questionnant quotidiennement et à toutes les heures, en consacrant votre vie entière à cette découverte.


13. Refusez toutes les pensées sauf une: "Je Suis". Le mental se rebellera au début mais avec la pratique, la patience et la persévérance, il cèdera et deviendra silencieux. Lorsque vous serez tranquille, des choses commenceront à survenir spontanément et très naturellement, sans aucune interférence de votre part.


14. Pourquoi ne pas vous détourner de toutes vos expériences vers celui qui expérimente? Vous devez réaliser toute l’importance de la seule affirmation vraie que vous pouvez faire : "Je Suis". Seulement "Je Suis", c’est tout ! (Pas d’ajouts, pas d’accessoires)


15. Gardez simplement à l’esprit le sentiment "Je Suis", immergez-vous en lui jusqu’au moment où votre esprit et votre sentiment deviennent un. Avec des essais répétés vous arriverez au bon équilibre entre votre attention et votre affection, et votre esprit sera fermement établi dans la pensée-sentiment "Je Suis".


16. Rappelez-vous toujours que nonobstant ce que vous pensez, dites ou faites, ce sens immuable et affectionnant d’Être, demeure l’arrière-plan éternellement présent du mental en tant que la pensée-sentiment "Je Suis"


17. Ne vous préoccupez pas de quoi que ce soit; ce que vous voulez, ce que vous pensez ou faites, restez simplement dans la pensée-sentiment "Je Suis", focalisant fermement le "Je Suis" dans le mental. Dès que vous déviez, rappelez-vous : tout ce qui est perceptible et concevable est transitoire et seul le "Je Suis" perdure.


18. J’avais confiance en mon Gourou, il m’a dit de me concentrer sur le "Je Suis" – Je l’ai fait ! Il m’a dit que je suis au-delà de tout ce qui est perceptible et concevable – J’ai cru ! Malgré que je doive travailler pour permettre à ma famille de vivre, à mon cœur et mon âme j’ai donné mon entière attention, et la totalité de mon temps libre à mon Sadhana.


19. Établissez-vous fermement dans la conscience du "Je Suis". C’est le début et également la fin de toutes les démarches. Vous pouvez choisir n’importe quelle voie qui vous convient, mais ultimement c’est votre sérieux et votre sincérité qui détermine le rythme de la progression. À cause de ma foi et de mon sérieux j’ai réalisé mon Swarupa (Soi) en moins de trois ans.


20. Afin de connaître ce que vous êtes, vous devez d’abord chercher ce que vous n’êtes pas, et pour cela vous devez vous observer soigneusement, rejetant tout ce qui ne va pas nécessairement avec le "Je Suis". L’idée : je suis né à un certain endroit et à un certain moment, de mes parents et maintenant je suis untel, vivant là, marié à, père de, embauché par, et ainsi de suite. Tout cela n’est pas inhérent au sens du "Je Suis". Notre attitude habituelle est "Je suis ceci ou cela".


21. Séparez systématiquement et avec persévérance le "Je Suis" de "ceci" ou "cela" et essayez de ressentir ce que cela signifie de simplement être, seulement être, sans être "ceci" ou "cela". Plus vous comprendrez clairement qu’au niveau du mental vous ne pouvez qu’être décrit en des termes négatifs seulement, plus rapidement arriverez-vous à la fin de votre quête et vous réaliserez votre Être Illimité.


22. Comprenez bien, que sans le "Je Suis" il n’y a rien. Toute connaissance est à propos du "Je Suis". Les fausses idées concernant le "Je Suis" mènent à l’esclavage, la véritable connaissance mène à la liberté et au bonheur.


23. Comprenez que le sens du "Je Suis" est vous-même. Vous ne pouvez pas vous en séparer, mais vous pouvez l’associer à n’importe quoi, comme en disant, je suis jeune, je suis riche et ainsi de suite. Mais rappelez-vous toujours, toutes ces auto-identifications sont manifestement fausses et la cause de l’esclavage.


24. Abandonnez toutes les questions sauf: "Qui suis-je ?" Après tout, le seul fait dont vous êtes sûr est que "vous êtes". Le "Je Suis" est certain, le "Je Suis ceci" ne l’est pas. Luttez pour trouver ce que vous êtes en réalité.


25. C’est le "Je Suis" que vous aimez présentement, et, que vous aimez le plus. Donnez votre cœur et votre esprit au "Je Suis", ne pensez à rien d’autre. Faire cela, lorsque sans effort et naturel est l’état le plus grand. En lui, l’amour lui-même est l’amoureux et le bien-aimé.


26. Plongez profondément à l’intérieur de vous et accrochez-vous au "Je Suis". En focalisant le mental sur le "Je Suis", le sens "d’Être", le "Je suis untel" se dissout. "Je suis un témoin seulement" demeure et cela également est submergé dans le "Je suis tout". Puis le tout devient "Un", l’Indivisible, l’Éternel.


27. Accrochez-vous sur la seule chose qui compte, agrippez-vous au "Je Suis" et laissez tomber tout le reste – ceci est le Sadhana. La concentration sur le "Je Suis" est une forme d’attention. Donnez votre entière attention individuelle sur la chose la plus importante dans votre vie – vous-même.


28. Mon conseil pour vous est très simple – simplement de vous souvenir de vous, "Je Suis", c’est suffisant pour guérir votre esprit et pour vous amener au-delà, ayez juste un peu de confiance.


29. Le Sadhana consiste à se rappeler avec force de notre pur "sens d’Être", de n’être rien en particulier, pas une somme de particularités, même pas la totalité de toutes les particularités, qui forment un univers. C’est correct de dire "Je Suis" mais de dire "Je suis ceci", "Je suis cela" est un signe de non-investigation, de non-examen, de faiblesse mentale ou de léthargie.


30. Restez avec le "Je Suis" et rejetez tout le reste. Soyez content avec ce dont vous êtes certain, et la seule chose dont vous pouvez être certain c’est "Je Suis". Ceci est le Yoga.


31. Lorsque je répète - "Je Suis", "Je Suis", je ne fais qu’affirmer et ré-affirmer une vérité toujours présente. Vous devenez fatigué de mes mots car vous ne voyez pas la vérité vivante derrière eux. Contactez-le et vous trouverez l’entière signification des mots et du silence – des deux.


32. Abandonnez toutes les idées à propos de vous et SOYEZ. Arrêtez d’utiliser votre mental et voyez ce qui arrivera. Accomplissez cette seule chose à fond. C’est tout. Le souvenir du Soi, la conscience du "Je Suis" fait mûrir l’homme puissamment et rapidement.


33. Voyez clairement que votre sens du "Je Suis" qui semble être dans le monde, n’est pas du monde. Une fois que vous réaliserez que le monde est votre propre projection, vous en êtes libéré. Il n’y a aucune nécessité de vous libérer d’un monde qui n’existe pas, sauf dans votre imagination.


34. Présentement vous avez mélangé votre être ou le "Je Suis" avec les expériences, vous devez le séparer de l’enchevêtrement des expériences. Une fois que vous avez connu le pur "Être" ou le "Je Suis" sans être "ceci" ou "cela", vous le discernerez parmi les expériences et vous ne serez plus trompé par les noms et les formes.


35. Mon Gourou m’a dit de m’accrocher au sens "Je Suis" avec ténacité et de ne pas m’en écarter même pour un moment. J’ai fait de mon mieux pour suivre ses conseils et dans une période relativement courte j’ai réalisé la vérité de son enseignement. Tout ce que j’ai fait fut de me rappeler son enseignement, son visage, et ses mots constamment. Ceci provoqua la fin du mental, et dans le silence du mental je me suis vu tel que je suis – libre.


36. Vous devez comprendre que la quête pour la réalité, Dieu, le Gourou et la recherche du "Soi" sont la même chose, lorsqu’un est trouvé, ils sont tous trouvés. Lorsque "Je Suis" et "Dieu" deviennent indiscernables, vous saurez sans l’ombre d’un doute que "Dieu est" parce que "Je Suis" et "Je Suis" parce que "Dieu est". Les deux sont un.


37. Retournez à l’état du pur être, où le "Je Suis" est encore dans sa pureté avant d’être contaminé avec "Je suis ceci" ou "Je suis cela". Votre fardeau est une fausse identification – abandonnez tout cela.


38. J’ai simplement suivi les instructions de mon Gourou, qui étaient de focaliser le mental sur le pur "être", le "Je Suis" et d’y demeurer. J’avais l’habitude de m’asseoir pendant des heures avec rien d’autre que le "Je Suis" à l’esprit et rapidement une paix, une joie et un amour profond enveloppant tout, est devenu mon état normal. En cela, tout a disparu – moi, mon Gourou, la vie que je vivais, le monde autour de moi. Seule la paix est demeurée et un silence insondable.


39. Gardez toute votre attention au niveau où le "Je Suis" est éternellement présent. Rapidement vous réaliserez que la paix et le bonheur sont dans votre nature elle-même et ce n’est que de les rechercher qui dérange. Évitez la perturbation, c’est tout.


40. Pour commencer, faites-moi confiance, faites confiance au Gourou. Cela vous permet de faire le premier pas – puis, votre confiance sera confirmée par votre propre expérience. Lorsque je dis souvenez-vous du "Je Suis" tout le temps, je veux dire revenez-y incessamment. Aucune pensée particulière ne peut être l’état naturel du mental, seulement le silence. Chaque expérience survient sur un fond de silence.


41. Mon Gourou m’a dit : Vous n’êtes pas ce que vous pensez être. Découvrez ce que vous êtes. Surveillez le sens du "Je Suis", trouvez votre véritable "Soi". Je lui ai obéis car je lui faisais confiance, j’ai fait ce qu’il m’a dit. Je passais tout mon temps libre à me regarder en silence. Et quelle différence cela à fait, et si rapidement. Cela m’a prit seulement trois ans pour réaliser ma véritable nature.


42. Faites confiance au Gourou comme je l’ai fais. Mon Gourou m’a ordonné de porter attention au sens "Je Suis" et de ne porter attention à rien d’autre. J’ai juste obéi. Je n’ai suivi aucun cours de respiration ou de méditation, ni n'ai étudié les saintes écritures.


43. Quoi qu’il arrive, détournez votre attention et demeurez dans le sens du "Je Suis". Cela semble simple et rudimentaire mais cela fonctionne ! Obéir à l’enseignement du Gourou est un solvant puissant de tous les désirs et des peurs.


44. Mettez tout votre Cœur et votre esprit pour couver le "Je Suis", ce qu’il est, comment il est, qu’elle est sa source, sa signification. Cela ressemble beaucoup au forage d’un puits. Vous rejetez tout ce qui n’est pas de l’eau, jusqu’au moment ou vous atteignez l’eau de source.

.
45. Regardez-vous avec constance – c’est suffisant. La porte qui vous enferme à l’intérieur est aussi la porte qui vous laisse sortir. Le "Je Suis" est la porte, restez-y jusqu’au moment où elle s’ouvrira. En fait, elle est ouverte, seulement vous n’y êtes pas.

46. On m’a enseigné de porter attention sur mon sens du "Je Suis" et j’ai trouvez cela suprêmement efficace. Par conséquent je peux en parler avec une entière confiance.


47. De vous attarder sur la réalité du "Je Suis" créera bientôt une autre chance, car l’attitude attire l’opportunité. Tout ce que vous savez vient d’ailleurs, seul le "Je Suis" vient directement de soi-même et ne requiert aucune preuve, restez-y !


48. L’attention du "Je Suis" est toujours là dans l’état éveillé, mais nous ne sommes pas assez vigilants pour l’observer. Il n’y a aucune autre attention à observer. Soyez attentif à cette attention "Je Suis".


49. Focalisez toute votre attention sur le "Je Suis" sans en mettre aucune partie au corps. Ne laissez pas votre attention s’éloigner de la connaissance du "sens d’Être". Continuez de connaître ce "Je Suis" et avec insistance vous connaîtrez l’état que vous désirez atteindre.


50. Enlacez tous les atomes de l’univers avec le sentiment qu’ils sont tous venus à l’intérieur de vous sous la forme de "Je Suis". Le cœur même des atomes est imprégné par cette connaissance "Je Suis".


51. Vous devez méditer sur le "Je Suis" sans tenir compte du corps et du mental, et en accomplissant cela rappelez-vous aussi "Je n’ai pas peur, Je suis au-delà de la peur". Je vous dis que la peur va graduellement s’estomper et partira complètement, parce que je l’affirme. Le remède contre la peur est ma parole.


52. Vous savez que vous êtes assis ici. Soyez attentif à cette connaissance seulement. Soyez juste dans votre état "d’Être". Cette connaissance "Je Suis" a créé l’univers entier, accrochez-vous à cela, rien d’autre n’a besoin d’être fait.


53. Ne vous impliquez dans rien, demeurez dans la conscience du "Je Suis" et ne partez pas encore dans une orgie intellectuelle. La connaissance "Je Suis" raconte sa connaissance d’elle-même au "Je Suis" seulement.


54. Accrochez-vous au sentiment "Je Suis", ne polluez pas cet état en retenant le sens du corps. Vous vous inquiétez à cause de l’intellect, mais vous devez seulement continuer dans ce "Je Suis" avec foi, vous n’avez rien d’autre à faire. Il est probable que vous ratiez cet incident si vous essayez d’utiliser l’intellect. Laissez-le tout simplement survenir.


55. Stabilisez-vous inconditionnellement dans la connaissance du "Je Suis", et à ce moment vous êtes le sens du "Je Suis" manifesté – vous n’êtes plus un individu. Dans l’état manifesté du sens "Je Suis" il n’est pas question que vous fassiez quoi que ce soit car vous n’êtes plus un individu.


56. Votre premier pas est le "sens d’Être", embrassez la connaissance du "Je Suis", soyez cela. Spontanément, involontairement, votre "sens d’Être" est apparu. Consciemment vous ne saviez pas que… "maintenant je vais être", mais c'est seulement après la formation du sens "Je Suis" avez-vous su "Je Suis".


57. Sans faire quoi que ce soit vous avez la connaissance que "vous êtes". Un immense courage, de l’héroïsme et la conviction que "vous êtes", ceci est "Iswara" (Dieu), vous êtes cela. Je vous donne des instructions concernant votre Être sans commencement, ce sens "d'ÊTRE" mais vous préférez être cette forme de singe. Vous n’êtes pas prêt à laisser cette forme.


58. Si vous voulez vous rappeler de moi et si vous avez de l’amour pour moi, souvenez-vous de ce principe "Je Suis" et sans l’ordre ou la direction de ce principe, ne faites rien.


59. Une fois que vous comprenez que vous êtes ce "Je Suis" seulement, et non pas cette forme enchaînée, alors aucune libération n'est nécessaire, cela-même est la libération.


60. Vous devez maintenir cette connaissance "Je Suis" en bon état. Le "Je Suis" est l’outil à travers lequel vous obtenez toute connaissance. Vénérer ce "Je Suis", enlève toute dénaturation, toute la poussière. Cette connaissance elle-même indique toute la poussière imposée dessus. Même l’espace n’est pas aussi pur que la connaissance "Je Suis".


61. Abandonnez-vous au "Je Suis", stabilisez-vous en lui, si vous ne faites pas cela, vos concepts seront très dangereux pour vous – ils vous étoufferont à mort.


62. Demeurez dans le "Je Suis", c’est la méthode la plus simple, vous savez que vous êtes, soyez là. La connaissance du "Je Suis" est la source de toute énergie, la source de tous les Dieux, de tous les types de connaissance.


63. Soyez un avec la connaissance du "Je Suis", la source des sens, le "sens d’Être" lui-même. Si vous cherchez cette paix qui est inestimable, c’est possible uniquement en vous établissant dans la conscience avec une conviction tenace. Par conviction je veux dire ne jamais douter, être ferme, inébranlable, jamais vaciller – ayez cette sorte de conviction en votre "sens d’Être".


64. Souvenez-vous de la connaissance "Je Suis" – cela seul imprègne tout – ne soyez que cela et abandonnez le reste. Si vous n’avez pas la connaissance, qui cherchera ? Vous devez être, c’est seulement à ce moment que la recherche peut débuter.


65. Apprenez à connaître la connaissance "Je Suis" sans mots lorsque vous vous réveillez. Connaître le soi, de demeurer dans la connaissance du soi n’est pas qu’une piètre compréhension intellectuelle. Vous devez être cela, et vous ne devriez pas vous en éloigner. Demeurez ferme


66. Asseyez-vous silencieusement en étant un avec la connaissance "Je Suis", ainsi vous n’êtes pas concerné avec le monde ou avec ce qui se passe dans le monde. Lorsque vous n’êtes pas conscient de l’existence du corps, les expériences ne sont pas enregistrées.


67. Vénérez la connaissance "Je Suis" en tant que Dieu, en tant que votre Gourou. La connaissance "Je Suis" est votre Gourou, habitez-le. Cette habitude de considérer le soi comme un corps a influencé tout le monde beaucoup trop.


68. Chacun d’entre vous devez dire "Je Suis" et le réaliser. Ne dites pas "Je suis ceci" ou "Je suis cela", accrochez-vous à vous-même, "Je Suis", donc tout simplement "Soyez". Spontanément vous savez que vous êtes, ne bougez pas de là.


69. Vous devez continuellement vous rappeler que la connaissance du "Je Suis" signifie tous les Dieux, tous les Védas, c’est le "Brahman". Dans ce processus de réminiscence si le corps devait tomber, alors cette conscience sera définitivement la plus grande.


70. Ce fut la connaissance "Je Suis" qui est apparue en premier, plus tard vous avez épousé le corps. Accrochez-vous au "Je Suis" seulement et ne posez pas de questions. Vous avez appris à vous connaître - "Je Suis", demeurer en cela est Bhakti (Dévotion)


71. En s’accrochant à la connaissance "Je Suis", la fontaine du savoir va gonfler à l’intérieur de vous révélant le mystère de l’univers. La Conscience est le sens sachant le "Je Suis" sans mots, il est apparu involontairement et non sollicité. C'est seulement dans le royaume de la connaissance du "Je Suis", qu’une expérience et que le monde peuvent exister.


72. Vous devez demeurer à la source de votre création, au commencement de la connaissance "Je Suis". Si vous n’atteignez pas cela vous serez enchevêtré dans les chaînes forgées par votre mental et empêtré dans celles des autres.


73. Habiter dans la connaissance du "Je Suis" est votre véritable religion et c’est en comprenant la connaissance "Je Suis" – "l’atma-jnana" (connaissance du Soi) que vous reconnaîtrez l’atman (Le Soi)


74. Comprenez que tel l’espace qui imprègne tout, la connaissance "Je Suis" imprègne également tout, elle est illimitée et infinie. Comme c’est étrange, qu’un tel principe suprême soit traité comme s’il était un corps ! Toute la souffrance est due à cette fausse identité. Si vous lui donnez tout l’honneur qui lui est dû, vous ne subirez ni souffrance et ni mort.


75. Asseyez-vous en méditation profonde avec votre "sens d’Être" complètement infusé avec seulement la connaissance "Je Suis". Il vous sera révélé intuitivement à ce moment pourquoi votre "sens du Je Suis" a émergé. La Conscience, le sens "d’Être", le sens "Je Suis" sont tous pareils, et antérieur à l’émanation de tous les mots.


76. Qu’est la méditation? La méditation n’est pas ce corps-esprit méditant comme un individu, mais c’est cette connaissance "Je Suis", cette conscience méditant sur elle-même. Puis, cette conscience dévoilera sa propre signification.


77. Ne vous concentrez pas sur le corps, à cause d’un corps vous vous appelez mâle ou femelle. Accrochez-vous à la connaissance "Je Suis", sans un sens corporel, au-delà des noms, des formes ou des conceptions.


78. Vous devez avoir la ferme conviction que "Je Suis" est seulement ce "Je Suis" sans une forme corps-mental – le "Je Suis" dans sa pureté absolue. Il n’y a pas de techniques, sauf la ferme conviction que "Je Suis" signifie "Je Suis" seulement.


79. La conviction que seul le "Je Suis" peut être renforcé par la méditation. Méditation signifie la connaissance "Je Suis" restant dans la connaissance "Je Suis", ce qui est la connaissance "Je Suis" méditant sur elle-même et rien d’autre qu’elle-même.


80. Lorsque vous vous asseyez pour méditer, la première chose à faire est de comprendre que ce n’est pas cette identification au corps qui s’assoie pour méditer, mais cette connaissance du "Je Suis", cette conscience, qui s’assoie pour méditer et qui médite sur elle-même.


81. La méditation avec la compréhension que la connaissance "Je Suis" est en train de méditer sur elle-même facilite les choses. Lorsque la connaissance "Je Suis" ou que la Présence consciente se fusionne en elle-même, l’état du Samadhi s’ensuit. C’est le sentiment conceptuel "Je Suis" ou "J’existe" qui disparaît et se fusionne avec le "sens d’Être" lui-même.


82. Dans ce corps, la conscience est présente, ou la connaissance "Je Suis" comme je l’appelle. Vous devriez vous identifier avec cette connaissance "Je Suis", c’est le seul capital que vous avez, alors accrochez-vous à lui, méditez et laissez cela dévoiler tout ce que la connaissance doit déployer.


83. Après avoir confirmé que vous n’êtes pas le corps, vous devez méditer en vous identifiant avec la connaissance "Je Suis". Vous devez demeurer uniquement dans cette connaissance sans mots, le "Je Suis", vous stabiliser là. Peu importe les doutes que vous avez, ils seront dissipés par cette connaissance elle-même.


84. Oubliez tout concernant les disciplines physiques en rapport avec cela. Je vous dis que le principe inhérent "Je Suis", la connaissance que "vous êtes", vous devez "être" cela. Soyez juste cela, avec la connaissance que "vous êtes", accrochez-vous à la connaissance "Je Suis".


85. Vous savez que vous êtes assis ici, vous savez que "vous êtes", avez-vous besoin de faire un effort spécial pour rester avec ce "vous êtes?" Vous savez que "vous êtes", demeurez seulement en cela. Le principe "Je Suis" sans mots, cela lui-même est le Dieu de tout.


86. Vous devez réaliser le serment que vous n’êtes pas le corps mais seulement le principe inhérent "Je Suis". Si vous vous identifiez avec le corps, une telle identité doit être lâchée, sacrifiée. Votre véritable identité ne possède aucun corps et aucune pensée. Et ce "Soi", la connaissance spontanée "Je Suis" est ce que vous êtes. Vu que le "Soi" n’est pas le corps, le "Soi" n’est ni mâle ni femelle.


87. Avec une conviction ferme, vous devez demeurer seulement dans cette connaissance "Je Suis", dépourvue du sens du corps-esprit, uniquement le "Je Suis". Si vous résidez là, éventuellement cela prendra de la maturité et vous révélera toute la connaissance et vous n’aurez pas à aller vers aucune autre personne.


88. Pour une paix éternelle vous devez résider en vous-même, savoir comment le toucher du "Je Suis" est apparu. Tout autre savoir est inutile concernant cela.


89. Une fois que vous comprenez que le "Je Suis" est purement "Je Suis", informe et pas cette forme corporelle enchaînée – alors aucune libération n'est nécessaire. D’être stabilisé dans ce sens "d’Être", qui est sans nom et sans forme, cela même est la libération.


90. Vous devez demeurer dans ce sens "d’Être" ou le "Je Suis" avec une foi solide sans avoir aucune identification avec le corps, la personnalité, un nom et une forme. Il faudra un certain temps pour que cette conviction prenne racine, mais persistez.


91. Méditez sur le principe "Je Suis" suffisamment longtemps. Acceptez que vous êtes "Cela". "Cela" signifie sans forme, sans modèle. Tout ce que vous voyez appartient à "Cela", à votre sens "d’Être". Spontanément "Cela" est ! Vous êtes "Cela", ce principe. N’essayez pas de le résoudre avec votre intellect. Ne faites que l’observer et l’accepter comme il est.


92. Essayez juste d’être "Je Suis" sans effort ou concentration, lorsque "vous êtes" le sens "Je Suis", le sens "d’Être" est automatiquement là. Qu’importe ce "Je Suis", s’il est sans effort, soyez là. N’essayez pas d’interpréter le sens "Je Suis".


93. Soyez juste ce principe "Je Suis", il n’y a aucune discipline pour ça. Le "Je Suis" dans la forme corporelle peut atteindre l’état le plus élevé, si vous l’acceptez et méditez là, vous échappez à la naissance et la mort.


94. Rendez-vous au niveau du "Je Suis" et méditez là. Parce que vous êtes au niveau du corps vous vous délectez de toutes ces choses objectives. Si vous allez au niveau du "Je Suis" et demeurez là avec fermeté, alors toutes ces choses extérieures perdront leur emprise sur vous.


95. Comprenez simplement que la conscience "Je Suis" en vous, dans sa pureté immaculée est elle-même Dieu, le Créateur de l’univers. Donc, si vous voulez quoique ce soit, priez à cette conscience "Je Suis" en vous.


96. Jours après jours, votre conviction que la connaissance "Je Suis" est Dieu doit croître. Ne vous inquiétez pas à propos du corps, par la méditation constante, lorsque Dieu est content, vous aurez la connaissance complète du royaume de la conscience. Vous pouvez aller n’importe où mais n’oubliez pas que la connaissance "Je Suis" est elle-même Dieu.


97. Vous devez trouver la source du concept primaire "Je Suis". Mettez toute votre attention sur la connaissance "Je Suis" et méditez sur cela seulement. La connaissance "Je Suis" doit être saisie par la connaissance "Je Suis".


98. Le processus de la connaissance "Je Suis" méditant sur la connaissance "Je Suis" produira la semence qui lentement deviendra un gros arbre et cela vous donnera toute la connaissance.


99. Le Sadhana, la discipline, n’est que cela: La connaissance qui réside dans ce corps, la quintessence des trois "gunas" (qualités) – la connaissance "Je Suis", "Je Suis Cela" – c’est le premier pas. Vous devez être un avec lui, vous demeurez uniquement en cela. Vous devez penser "Je ne suis pas ce corps mais je suis la connaissance informe, innommable habitant ce corps", c’est le "Je Suis"


100. Vous devez demeurer pour un temps relativement long dans la connaissance "Je Suis", puis tous les doutes que vous pourriez avoir seront dissipés par la connaissance "Je Suis" elle-même. Elle jaillira de vie et de significations pour vous, à votre intention seulement, et tout deviendra clair. Aucune autre connaissance extérieure ne sera nécessaire.


101. Conviction ! C’est la seule technique pour le Sadhana (La Pratique) et si vous pensez à des initiations, c'est seulement les mots du Gourou disant que vous n’êtes pas le corps ! C’est ça l’initiation. Restez là, dans cet état (la connaissance du "Je Suis").


102. Le Gourou, de toutes les façons possibles, nous à fait comprendre notre sens "d’Être", "Présence" ou le sentiment "Je Suis" que vous pouvez aussi appeler conscience ou Présence dans sa pureté absolue. Avec cette compréhension, le Gourou nous conseille de faire le Sadhana d’habiter dans le "Je Suis".


103. En habitant dans le "Je Suis" dans sa pureté absolue pour une période suffisamment longue, il nous assure à travers sa propre expérience que nous réaliserons notre véritable Être Illimité – l’Indivisible, l’éternel, le "Parabrahman" (l’Absolu)


104. En nous parlant du "Je Suis" et du Sadhana d’habiter dans le "Je Suis", le Gourou nous a déjà donné des indications sur notre véritable Être, en utilisant des mots comme "aller au-delà", "l’Illimité", "l’Éternel", "l’état sans effort, naturel et le plus haut". Voyons maintenant ce qu’il dit encore plus clairement à propos de transcender le "Je Suis" et d’être "Parabrahman" (l’Absolu)


105. (I) Mon Gourou m’a indiqué qu’originellement je n’avais rien à voir avec tout cela et tout ce que j’ai pour résoudre ce mystère de la vie est la connaissance "Je Suis", sans cela il n’y a rien.


(II) Alors je m’y suis accroché ("Je Suis") comme mon Gourou me l’avait dit, et puis je voulais savoir comment ce corps est arrivé à mon insu et comment sur cela s’est ajouté toute autre connaissance, et cela aussi à cause des cinq éléments. Par conséquent, qu’importe ce qu’une personne croit avoir, cela n’est que pure ignorance, et je le sais par ma propre expérience.


(III) Si cela est de l’ignorance, alors où est mon "sens d’Être?" Mon "sens d’Être" est dans une ville qui est nulle part. Comment cela s’est-il produit ? À cause de la connaissance "Je Suis", qui est ignorance, et de Maya qui survient soudainement, sans que je l’aie demandé.


(IV) Une fois là, Maya (la connaissance "Je Suis") a aimé ce que j’avais créé et désirait que ce "sens d’Être" demeure pour l’éternité. Maya l’a épousé avec tant de ferveur, que, à n’importe quel prix, elle veut prolonger l’existence de ce "sens d’Être" aussi longtemps qu’elle le peut.


106. (I) Mon Gourou m’a indiqué le fait que la seule chose que j’ai et que je peux utiliser pour résoudre le mystère de la vie, est cette connaissance "Je Suis". Sans cela il n’y a absolument rien.


(II) Alors je m’y suis accroché (la connaissance "Je Suis") comme mon Gourou me l’avait recommandé et je voulais savoir alors comment l’aspect spirituel de "moi" est survenu à mon insu.


(III) Sur la pureté Absolue de ma nature, qui n’a aucune place, aucune forme ou silhouette, cette connaissance "Je Suis" est arrivée, qui n’a aussi aucune silhouette ou forme. En conséquence elle apparaît, et n’est qu’une illusion.


107. (I) Le Gourou vous dit "débarrassez-vous des concepts, ne soyez que vous-même". Le chercheur ayant comprit ce que le Gourou a dit se débarrasse des concepts, et maintenant, comme premier pas, le chercheur demeure dans l’état "Je Suis", juste "Être".


(II) Premièrement il y a la connaissance "Je Suis", sans mots, avec cette connaissance, le monde est. Maintenant, lorsque le chercheur entre en méditation, cette connaissance entre dans la non-connaissance.


(III) C’est l’état le plus élevé dans la hiérarchie lorsque le corps est là, car ce savoir et ce non-savoir sont des aspects du corps, et le corps signifie conscience, et dans le royaume de la conscience, la connaissance et la non-connaissance existent.


(IV) L’Absolu transcende la connaissance et la non-connaissance. Donc, la non-connaissance est la plus élevée dans la hiérarchie spirituelle, et la destination est la transcendance de la connaissance et de la non-connaissance.


108. (I) Dans cette hiérarchie spirituelle, de la plus grossière à la plus subtile, vous êtes le plus subtil. Comment cela peut-il être réalisé ? La base elle-même est que vous ne savez pas que vous êtes, et soudainement le sentiment "Je Suis" apparaît. Dès qu’il apparaît vous voyez l’espace, un espace mental, cet espace subtil semblable au ciel, stabilisez-vous là. Vous êtes cela.


(II) Lorsque vous êtes capable de vous stabiliser dans cet espace, vous êtes espace seulement. Lorsque cette identité spatiale "Je Suis" disparaît, cet espace disparaîtra également, il n’y a pas d’espace.


(III) Lorsque ce "Je Suis" spatial entre dans le néant, c’est l’état éternel, "nirguna" (sans qualités), aucune forme, pas de "sens d’Être". Actuellement, qu’est-il arrivé ici ? Ce message "Je Suis" n’était pas un message.


109. (I) J’ai expérimenté les quatre sortes de paroles et je les ai transcendées. Rarement une personne suivra cette hiérarchie pour se stabiliser dans la conscience et pour transcender la conscience.


(II) Débutant du "Vaikhari" (parole prononcée), normalement nous écoutons les mots (parlés ou exprimés), de "Vaikhari" nous allons à "Madhyama" (pensée mentale d’un mot ou mot tangible) En surveillant le mental nous sommes en "Pashayanti" (formation d’un mot ou mot intangible) où la formation de concept prend place.


(III) De là ("Pashayanti") à "Para" ("Je Suis" sans mots) et de "Para" à préalablement la conscience. C’est la ligne à suivre, mais seulement une personne rarissime la suit – à rebours, reculant.


110. (I) Ne faites rien, absolument rien ! SOYEZ seulement, soyez la connaissance "Je Suis" seulement et demeurez là. Pour absorber cela, méditez sur le "sens d’Être" seulement. Attrapez la connaissance "Je Suis" dans la méditation. Par ce processus la réalisation survient que "Je", l’Absolu n’est pas le "guna" (qualité) "Je Suis"


(II) En conséquence, dans la méditation rien ne doit être retenu dans la mémoire. Toutefois, quelque chose apparaîtra sur l’écran de la mémoire, mais soyez indifférent, soyez seulement, ne faites rien. Refreinez-vous de comprendre quoi que ce soit dans la méditation, dès que vous le faites, l’altérité débute ainsi que la dualité.


(III) Rien ne doit être fait. Toutes vos énigmes seront alors résolues et dissoutes. "Moolmaya" – qui est l’illusion primaire – relâchera son étranglement sur vous et foutra le camp.


111. (I) Vous devez arriver à une décision ferme. Vous devez oublier la pensée que vous êtes un corps et être uniquement la connaissance "Je Suis", qui n’a aucune forme, aucun nom. Soyez simplement.


(II) Lorsque vous êtes stabilisé dans ce sens "d’Être" ("Je Suis"), il vous donnera toute la connaissance et tous les secrets, et lorsque les secrets vous sont donnés, vous transcendez le sens "d’Être" ("Je Suis") À ce moment, vous l’Absolu, saurez que vous n’êtes pas non plus, la conscience.


(III) Ayant acquis toute cette connaissance, ayant compris ce qui est quoi, une sorte de quiétude prévaudra, une tranquillité. Le sens "d’Être" ("Je Suis") est transcendé mais le sens "d’Être" ("Je Suis") est disponible.


112. (I) Supposons que l’on vous pose une question :Qu’étiez-vous il y a cent ans? Vous répondriez "Je n’existais pas". Cela signifie, je n’étais pas comme "ceci", c’est à dire comme le "Je Suis" présentement.


(II) Qui (et comment) pourrait (il) dire "Je n’étais pas comme ceci?" Celui qui dit cela, n’était-il pas là ? Celui qui était antérieur à cent ans n’était pas comme le "Je Suis" présentement, mais il était et il est présentement.


(III) C’est un point subtil, alors essayez de le comprendre clairement. Lorsque je dis "Je n’existais pas avant la conception, alors ce que je veux vraiment dire, c’est que je n’étais pas comme le "Je Suis" présentement. Mais ce "Je" qui peut discerner cela doit être là pour juger de l’absence du présent "Je Suis".


113. Le premier pas est d’aller à cet état "Je Suis", de demeurer là, et puis de se fusionner et d’aller au-delà. Essayez de maintenir ce "Je Suis", demeurez indifférent aux pensées de bien ou mal. Après que le "Je Suis" se soit fusionné dans la conscience pure, l’univers entier s’évanoui comme s’il n’avait jamais existé.


114. Le premier pas est d’aller au "Je Suis" et d’habiter là, et de là vous allez au-delà de la conscience et de la non-conscience vers la conscience infinie. Dans cet état permanent du "Parabrahman" (L’Absolu) vous devenez complètement sans désirs et silencieux, et même la pensée "Je Suis" ne surgit pas.


115. Ce principe "Je Suis", je vous en parle encore et encore. Toutes les questions cesseront une fois que vous résoudrez l’énigme du "Je Suis". La connaissance du "Je Suis" est l’âme du monde entier. Le témoin de la connaissance "Je Suis" est antérieur à la connaissance "Je Suis".


116. Le "Je Suis" est la somme totale de tout ce que vous percevez. Il apparaît spontanément et disparaît, il ne réside dans aucun endroit. C’est comme un monde de rêve. Vous êtes séparé du "Je Suis". Le "Je Suis" est lui-même une illusion. La connaissance "Je Suis" et le monde sont des tours de Maya.


117. L’état dans lequel vous étiez avant d’acquérir cette connaissance "Je Suis", est l’état réel. Seulement après avoir eu cette connaissance vous êtes vous identifié avec le corps-esprit. Qu’importe ce que vous avez acquis, incluant le corps-esprit, cela partira et est inutile. Mais votre état original, avant d’avoir acquis le corps, la vérité, est l’état véritable et elle demeurera.


118. Pour commencer vous devez être dans cet état, ce sens "d’Être" ou dans le "Je Suis" sans le sens du corps. Vous pensez que vous êtes le corps maintenant, mais quand vous habitez dans ce sens "d’Être", vous saurez comment vous êtes sans le sens du corps, à ce moment vous êtes à part.


119. N’utilisez rien sauf la connaissance "Je Suis", oubliez tout le reste. Le "Je Suis" évoque les trois états, éveillé, du rêve et du sommeil profond, "Je Suis" signifie que vous êtes ces trois états, lorsqu’ils sont partis, la mémoire l’est également.


120. Ce dont vous devez être témoin n’est pas les pensées mais la conscience "Je Suis". Tout est une expression du "Je Suis", mais vous n’êtes pas cela, vous êtes antérieur au "Je Suis".


121. Personne ne devient un "Parabrahman" (L’Absolu), personne ne "peut" devenir un "Parabrahman, il "est". Avant que la connaissance "Je Suis" apparaisse sur vous, c’est "Parabrahman". Si vous revenez à l’arrière correctement, la conscience "Je Suis" disparaîtra, puis à ce moment il n’y a aucun mouvement.


122. lorsque vous sentez que vous êtes séparé du sentiment "Je Suis", n’y a t-il pas quelqu’un ou quelque chose qui sait qu’il y a une différence ? Cherchez, êtes vous séparé sans le savoir ?


123. Comprenez ce qu’est ce principe "Je Suis" et c’est terminé. Ce "Je Suis" est en esclavage à cause des concepts. Comprenez la qualité de ces concepts. Je veux vous amener à ce concept "Je Suis" qui est le dernier avant-poste de l’illusion et de l’éliminer.


124. Le sens "d’Être" "Je Suis" n’est qu’un instrument, il n’est pas vous. Quelqu’un qui est complètement libre d’aller et venir, et finalement, quelqu’un qui est complètement libre de son propre concept "Je Suis", est complètement libéré.


125. La connaissance "Je Suis” qui réside en vous, vénérez cela seulement.. Lorsque vous vous êtes séparé de l’Absolu avec cette identité "Je Suis", vous vous sentiez fragmenté, isolé, et c’est pourquoi vos demandes ont débutées. Dans l’Absolu il n’y a aucun besoin, seul l’Absolu prévaut.


126. La vérité est uniquement et totalement Brahman (Poornabrahman ou Parabrahman), rien d’autre que totalement Brahman. Dans l’état totalement Brahman s’est élevé la pointe du sens "d’Être", "Je Suis", et avec cela la séparation a débutée, l’altérité est arrivée. Mais ce "sens du Je Suis" n’est pas qu’un petit principe, cela même est le "Moolmaya", l’illusion primordiale.


127. Je vous amène encore et encore à la source du puits. Une fois que vous allez à la source, vous saurez qu’il n’y a pas d’eau, l’eau est le nouveau "Je Suis".


128. Le plus essentiel est cette connaissance "Je Suis". Revendiquez-la, appropriez-vous d’elle. Si cela n’est pas là, rien ne l’est. La connaissance de toutes les étapes sera obtenue seulement avec l’aide de cette connaissance "Je Suis". De l’Absolue non-connaissance, spontanément cette conscience "Je Suis" est apparue – aucune raison, aucune cause.


129. Investiguez ce concept "Je Suis". Dans le processus d’essayer de trouver votre identité, ou, dans cette recherche spirituelle, tout surviendra dans le royaume de la conscience. Vous tombez finalement sur ou aboutissez dans l’état Absolu de "Parabrahman", qui est sans désirs.


130. Avant que l’idée "Je Suis" ai germée, vous êtes, mais vous ne savez pas que vous êtes. Vous êtes antérieur à l’idée "Je Suis". Campez-vous là, antérieurement aux mots "Je Suis".


131. Si vous avez de l’estime pour moi, rappelez-vous mes mots. La connaissance "Je Suis" est le Dieu le plus grand, le Gourou, soyez un avec cela, soyez intime avec cela. Cela-même vous bénira avec toute la connaissance pertinente pour vous, par la prolifération de cette connaissance et vous guidera vers l’état qui est éternel.


132. L’arrivé de la connaissance "Je Suis", de l’état éveillé et de l’état de sommeil profond, réuni en un seul "Je Suis", est connu comme la naissance. Avec cette prétendue naissance, toute l’observation à débutée, mais préalablement à ceci, où était le sens du "Je Suis" ? Il n’était pas là.


133. Ce principe du "Je Suis" est là pourvu que l’état éveillé et du sommeil profond soit là. Je ne suis pas l’état éveillé, je ne suis pas le sommeil profond – conséquemment Je, l’Absolu, ne suis pas ce "Je Suis".


134. Avez-vous compris que la connaissance elle-même est ignorance ? Si elle était réelle, elle aurait été là éternellement – elle n’aurait pas de début et une fin. Maintenant l’expérience "Je Suis" est ressentit, auparavant elle ne l’était pas. Lorsqu’elle n’existait pas, aucune preuve était nécessaire, mais une fois qu’elle est, beaucoup de preuves sont requises.


135. D’abord il y a l’Absolu, deuxièmement la conscience, et troisièmement l’espace. Lorsqu’il n’y avait pas de connaissance "Je Suis", ça c’est le numéro un, plus tard il y a le sens "Je Suis" et ça c’est le numéro deux, et puis il y a l’espace – le numéro trois.


136. Ce que vous appelez "Je Suis" et naissance, vous n’êtes pas cela, c’est de la matière. La connaissance ultime n’a aucune connaissance. Cette connaissance "Je Suis" est apparue spontanément, en conséquence du corps. Voyez-la telle qu’elle est, comprenez-la telle qu’elle est.


137. Vous devez avoir une forte conviction – cela signifie de pratiquer. Cette conviction ne signifie pas du "Je Suis" seulement, mais également que je suis libre du "Je Suis". Insistez toujours que vous êtes informe, libre et pas conditionné. Vous devez marteler cela constamment, c’est cela la pratique.


138. Vous êtes irréel – vous savez que vous êtes ("Je Suis") – cela aussi est irréel. Le sens de présence est une fausseté, c’est comme un rêve.


139. Toute cette connaissance m’est soudainement apparue, je ne suis pas la connaissance. Cette connaissance "Je Suis" et toutes ses manifestations sont comprises dans la compréhension que je ne suis pas cela.


140. La seule façon spirituelle pour comprendre votre véritable nature est de trouver la source de ce concept "Je Suis". Avant que le sens de présence n’arrive, j’étais dans cet état où le concept du temps n’était jamais là. Alors qu’est ce qui naît ? C’est le concept du temps, et, cet évènement qu’est la naissance, la vie et la mort ensemble, ne constitue rien d’autre que le temps, une période de temps.


141. Tout est le sens "d’Être", mais moi l’Absolu, ne suis pas cela. Lorsque ce sens "d’Être" part, l’Absolu ne connaîtra pas le "Je Suis". L’apparition et la disparition, la naissance et la mort, ceux-ci sont des qualités du sens "d’Être", ils ne sont pas les vos qualités.


142. Qui parle ? Qui marche ? Qui est assis? Ce sont des expressions du produit chimique "Je Suis". Êtes-vous ce produit chimique ? Vous parlez du ciel et de l’enfer, de ce Mahatma ou celui-là, mais qu’en est-il de vous ? Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas ce produit chimique "Je Suis".


143. Ultimement vous devez aller au-delà la connaissance, mais la connaissance doit arriver, et la connaissance peut arriver par une méditation constante. En méditant, la connaissance "Je Suis" s’établie graduellement et se fusionne avec la connaissance universelle, et ainsi devient totalement libre, tel le ciel ou l’espace.


144. Dans ce corps, il y a ce principe subtil "Je Suis", ce principe observe tout cela. Toutefois vous n’êtes pas ce "Je Suis". Lorsque vous transcendez le "Je Suis" vous êtes ce qui est éternel, le "Parabrahman" (l’Absolu)


145. Au début de la spiritualité vous rejetez le corps-mental avec "je ne suis pas cela". Puis vous arrivez au "Je Suis" sans mots seulement. Vous êtes à ce moment là tout, vous n’êtes pas confiné au corps.


146. Avant que les mots soient prononcés, avant que vous ne disiez "Je Suis", vous êtes cela. L’habitude la plus enracinée que vous avez est de dire "Je Suis". C’est l’habitude racine, mais ce sens "d’Être" est irréel.


147. Jusqu’au moment où vous reconnaîtrez et vous identifierez complètement avec la connaissance "Je Suis", vous vous identifierez avec le corps. Lorsque l’on cesse de s’identifier avec le corps, on transcende non seulement le corps mais la conscience également, puisque la conscience est un produit du corps.


148. Présentement vous êtes ce "Je Suis", mais ce "Je Suis" n’est pas la vérité. Peu importe ce que vous êtes précédant l’apparition du "Je Suis", cela est votre véritable nature.


149. Essayez de vous stabiliser dans le concept primaire "Je Suis" afin de vous en départir et en même temps de tous les autres concepts. Pourquoi suis-je totalement libéré ? Parce que j’ai compris l’irréalité de ce "Je Suis".


150. Asseyez-vous calmement en étant un avec la connaissance "Je Suis", à ce moment là vous n’êtes pas concerné avec le monde, ou, avec ce qui se passe dans le monde. Un Jnani (un être réalisé) n’est pas obsédé par les calamités ou les problèmes quels qu’ils soient, car il a transcendé le principe "Je Suis".


151. Commencez avec le corps. Du corps vous obtenez la connaissance "Je Suis". Dans ce processus, vous devenez de plus en plus subtil. Lorsque vous êtes dans une position pour observer la connaissance "Je Suis", vous avez atteint le plus haut.


152. Votre individualité doit partir. Le monde entier bouge sur la base d’un concept, et c’est le "Je Suis" – le concept fondamental de notre individualité. Seul cet individu qui a perdu son individualité s’est fusionné avec le "Parabrahman" (L’Absolu).


153. Focalisez votre attention seulement sur la conscience "Je Suis". Qui possède le sens du "Je Suis"? C’est la Conscience qui connaît "Je Suis" en conséquence elle est une autre, c’est plus que le "Je Suis", le plus grand. Seul un état non-illusoire peut connaître l’état illusoire.


154. N’existez-vous pas même avant d’avoir prononcé les mots "Je Suis"? Restez-là seulement. Là débute votre spiritualité, le plus grand "vous", le "Je Suis" sans mots. L’observation arrive à ce principe qui précède votre prononciation des mots "Je Suis".


155. Analysez la mort et vous trouverez que c’est cette qualité "Je Suis", cette qualité du sens d’être qui tombe dans le néant. Seulement Je, l’Absolu, demeure. Restez-là seulement, rien n’arrive jamais au Je, l’Absolu.


156. Qui a t’il en vous qui comprend cette connaissance "vous êtes"? – ou partant de la position du "Je Suis" sans nom, titre ou mots ? Retombez dans ce centre le plus profond et observez la connaissance "Je Suis" et "soyez seulement".


157. Présentement votre "Je Suis" est dans l’état d’être. Mais lorsque vous n’avez pas la connaissance de l’illusion "Je Suis", l’état "Poornabrahman" ou "Parabrahman" (l’Absolu) prévaut. En l’absence du sens du "Je Suis" vous êtes le tout, l’état "Poornabrahman", l’état permanente.


158. Lorsque vous méditez sur le plus grand principe en vous, qui est la connaissance "Je Suis", une étape surviendra où vous vous oublierez totalement vous-même. C’est un état de félicité où il n’y a aucun besoin de mots, de concepts ou même du sens du "Je Suis". Cet état ne sait pas "qu’il est", il est au-delà du bonheur et de la souffrance, et complètement au-delà des mots. On l’appelle "Parabrahman" – un état de non-expérience.


159. Avant que vous ne disiez "Je Suis", vous êtes déjà. "Je Suis", les mots ou la sensation "je suis" que vous avez à l’intérieur de vous n’est pas l’état éternel. Mais vous êtes éternel et ancien.


160. L’expérience elle-même que vous existez est "Turiya" (la quatrième) "Turiya" signifie l’endroit où est la conscience, elle est appelée le principe de la naissance. Quelqu’un qui connaît "Turiya" est "turiyatita" (au-delà la quatrième).


161. Afin de vous stabiliser dans le "Turiya" vous devez le connaître comme le principe de la naissance (la connaissance du "Je Suis" dans son absolue pureté). "Turiya" est toujours décrit comme l’état du témoin qui voit au-delà de l’état éveillé, du rêve et du sommeil profond. Et "turiyatita" est même au-delà de cela.


162. La conviction que ce monde n’a jamais existé peut survenir seulement à "Parabrahman" (L’Absolu). Si ceci est effectivement votre conviction, vous êtes alors "Parabrahman".


163. Focalisez sur votre sens "d’Être" (la connaissance "Je Suis") jusqu’au moment où vous y êtes bien établi, seulement alors serez-vous capable de le transcender. Une fois que vous aurez fait cela, vous ne serez plus affecté par vos désirs, vous les aurez transcendés.


164. Le "Je Suis" dans son absolu pureté est quelque chose que vous ne pouvez pas exprimer avec des mots, c’est la connaissance, la Conscience avant les pensées. Vous devez seulement "Être". Devenir établi dans la Conscience "Je Suis" est tout ce qu’il y a d’important. Plus tard vous transcenderez aussi le "sens d’être".


165. Je sais que "Je" n’ai jamais existé, ce "sens d’être" ne fut jamais là pour moi. Je suis éternel.


166. Si vous le désirez, vous pouvez prendre le "Je Suis" comme votre destiné. Lorsque vous vous attardez en tant que "Je Suis", vous réalisez que ce n’est pas votre mort, mais la disparition du "Je Suis". Vous y séjournez tout simplement, et lui-même vous racontera sa propre histoire.


167. L’identité au corps ne peut pas obtenir cette connaissance, la connaissance "Je Suis" doit obtenir cette connaissance "Je Suis". Lorsque la connaissance habite dans la connaissance, il y a transcendance de connaissance.


168. Le "Je Suis" est l’attribut dans sa forme le plus pur (il peut même être dit n’avoir aucun attribut) Lorsque même ce pur attribut quitte, c’est "Parabrahman". "Brahman" (Dieu ou "Je Suis") signifie que "la nouvelle" est arrivée. Quand cette "nouvelle" a quitté, c’est "Parabrahman". Que vous existez est la connaissance primaire !


169. Cette conscience "Je Suis" est extraordinaire car elle crée le vaste monde, mais vous êtes plus extraordinaire, car vous êtes la réalité derrière et au-delà de cette conscience "Je Suis".


170. Vous êtes la réalité, vous êtes "Parabrahman" (L’Absolu), alors méditez sur cela, souvenez-vous de cela, et finalement l’idée "Je suis Parabrahman" vous quittera également.


171. Le "Je Suis" est impartial, c’est le "Je Suis" qui enquête et c’est le "Je Suis" qui se débarrasse de lui-même et se stabilise dans l’éternité. Devenez un avec le "Je Suis", puis alors vous le transcenderez. Puis "moi" l’Absolu ne suis pas le "Je Suis".


172. Avant que le "Je Suis" n’ait traversé votre esprit, vous étiez dans l’état le plus grand – le "Parabrahman". Votre chute a débutée avec l’apparition de ce sens "d’Être", ce "Je Suis". Avec l’apparition de cette connaissance "Je Suis", la chute suivante fut d’embrasser le corps comme "Je Suis". Puis vous avez tellement ramassé de choses en vous. Accrochez-vous sur l’état de vous connaître comme "Je Suis", en tant que réalité. Toutes les autres choses que vous avez rajoutées sur vous sont irréelles.


173. Lorsque vous transcendez la connaissance "Je Suis", l’Absolu prévaut. L’état est appelé "Parabrahman", alors que la connaissance "Je Suis" est définie comme "Brahman". Cette connaissance "Je Suis" ou le sens "d’Être" est une illusion. En conséquence, lorsque Brahman est transcendé, seul "Parabrahman" est, en lequel il n’y a même pas une trace de la connaissance "Je Suis".


174. Votre état éternel Absolu précédant le "sens d’être", lorsque le message "Je Suis" n’est pas, est d’une suprême signification. Qui aurait pu observer le message "Je Suis", si votre état primordial de non-être n’était pas là ?


175. (i) Vous êtes la connaissance "Je Suis". Alors si vous voulez vénérer, adorez cette connaissance "Je Suis". Soyez dévoué à ce sens "d’Être" seulement. Lorsque vous faites cela, d’autres rituels deviennent redondants et inutiles.


(ii) Puis quand vous devenez stabilisé dans le "Je Suis" vous réalisez que tout est inutile, tout est "Brahman", cela signifie que vous êtes au niveau de "Parabrahman" (L’Absolu).


(iii) À ce niveau vous réaliserez que même "Brahman" est inutile, le "Brahman" est également réduit à une illusion. Donc, toutes ces causeries, incluant les miennes seront réduites à une illusion en atteignant le plus grand.



********

References
1. I Am That par Maurice Frydman
2. Seeds of Consciousness édité par Jean Dunn
3. Prior to Consciousness édité par Jean Dunn
4. Consciousness and the Absolute édité par Jean Dunn
5. The Experience of Nothingness édité par Robert Powell
6. The Nectar of Immortality édité par Robert Powell
7. The Ultimate Medicine édité par Robert Powell
8. Beyond Freedom édité par Maria Jory
9. Gleanings from Nisargadatta édité par Mark West
10. I am Unborn édité par Pradeep Apte.
********
http://itisnotreal-fr.blogspot.fr