Jean-Marc Mantel
- La pensée est un objet d’observation. Elle peut être vue, contemplée,
appréhendée, depuis l’instant de son émergence jusqu’à l’instant de sa
disparition. Cette possibilité d’appréhension signe l’existence d’un
regard situé en dehors d’elle, qui la contemple. Ce regard, c’est la
conscience. Essayez d’attribuer des qualificatifs personnels à ce
regard et vous n’y arriverez jamais. Il n’est ni chaud, ni froid, ni
beau, ni laid, ni grand, ni petit, ni jeune, ni vieux. Et pourtant il
se sait. Vous vous savez regard. Vous vous savez témoin de toute
expérience. Vous vous savez connaisseur de votre corps, pouvant
assister, à défaut de sa naissance, à sa mort. Ainsi la conscience se
sait. Il ne s’agit pas là d’une connaissance analogue à celle d’un objet
connu, mais d’une connaissance intime de ce que vous êtes, de la racine
de toute pensée et émotion, de la racine de l’être, là où le « je suis »
prend sa source. Cet espace de silence, de présence, de conscience
n’est rien d’autre que moi-même, un moi-même libre d’attribut, libre de
possession, libre de savoir, libre d’attachement, libre de sensation,
libre d’émotion, libre de pensée. C’est ce moi-même, dont l’authenticité
ne fait nul doute, qui est nommé conscience. Il n’est pas différent de
vous-même. C’est ici que vous-même et moi- même nous rejoignons,
par-delà les cultures et les différences, par-delà les opinions et les
préférences. L’humanité, dans sa totalité, s’enracine dans l’expérience
de la conscience. C’est cette expérience qui rapproche les êtres, les
fait communiquer d’un simple regard, les fait s’aimer sans juger.
Découvrir la conscience, c’est se découvrir, c’est abandonner toute
idée, c’est lâcher toute pensée. Dans cette complète humilité, dans
laquelle le moi est absorbé dans un espace qui le dépasse, se trouve ce
que je suis, ce que je suis dans mon essence, dans votre essence, dans
notre essence.
http://chronophonix.blogspot.fr

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire