T.K.SRIBHASHYAM,
Nice
“Ton âme qui va au monde de
l’au-delà, O mortel, je l’attelle par Prâna avec deux porteurs : Prâna et
Apâna. Maîtrise les par Prânâyâma,
prends refuge en Dieu et tu ne seras uni à Lui, pour ne jamais revenir.” = Atharvana Veda 18.2.56
En règle générale, le Prânâyâma est défini comme une prolongation
d’inspiration et d’expiration. Or, dans
la pensée indienne, d’où vient le concept de Prânâyâma, le mot Prânâyâma a un
sens plus profond qui va au-delà d’un simple
mouvement respiratoire.
Prâna est un terme qui les Veda, les Aranyaka, les Brâmhana et les
Upanishad[2] utilisent
indifféremment pour désigner le Créateur.
Selon le principe de création, qui est accepté par toutes les écoles philosophiques
indiennes (les 6 Darshana), le Créateur bien que nommé Prajâpathi, Purusha,
Ishvara ou bien Bramhan, utilise une ‘force’ pour créer l’univers et pour
donner une ‘vie’ à chaque être créée.
Cette force est appelée
Prâna. Chez les être crées, elle
s’exprime de multiples façons, main en vérité est le seul lien qu’a l’être au
Créateur. Pour être uni au Créateur, il
est indispensable de le mettre en évidence constamment. Le moyen pour y arriver est appelé
Prânâyâma. Âyâma dans le sens de
s’étendre vers le Créateur et Prâna, celle qui est “étendue”. Le fait est que Prâna ainsi étendu amène
l’âme de l’individu (âtma). Ainsi
l’Atma s’unit au Créateur. Ce moyen est
appeler aussi Prâna agnihotra, Vâyugopa ou bien Prânâyâma.
Depuis le temps de Veda, celui qui fait le rituel (donc tout être et non
uniquement le prêtre officiant) doit d’abord faire 3 Prânâyâma avec
contemplation sur la divinité Gâyatri.
Comme un des premiers rituels d’un être est soit de “saluer le soleil”
soit allumer le feu domestique (le feu de cuisine), l’être obligatoirement
commence sa journée par Prânâyâma. Ceci
est appelé Prâna agnihotra[3]. De là est née la notion de Sagarbha
Prânâyâma[4].
“Maintenant, les règles de sacrifice quotidien de Prâna : l’Atman est celui
qui sacrifie, l’intellect son épouse, le cœur (Hrudaya) est son Autel, la
chevelure, le Darbha sacré, Prâna, Apâna, Vyana, Udâna et Samâna, les 5 feux,
les organes de sens, les ustensiles, les objets sensoriels, les offrandes. Le but de ce Prâna Agni Hotra est la connaissance
de Bramhan. Celui qui contemple ainsi
avant de commencer son Prânâyâma vivra aussi longtemps que Atma vie en lui.”[5]
“Qu’en moi soient purifiés les 5 Prâna.
Tu es Lumière. Puissé-je être
délivré de toute souillure, de tout pêché.”[6]
Le rôle de ce Prânâyâma est de purifier les sens de perception, le mental
et les Nâdi de l’individu pour que tout ceux-ci qui ne sont que des expressions
diverses de Prâna soient l’un avec le rituel[7]. Il est à noter que les rituels, qu’ils
soient quotidiens ou bien spécifiques, ont tous pour but d’unir l’Atma au
créateur. Les Aranyaka, les Brâmhana
ainsi que les Upanishad comme d’ailleurs les Gruhya Sutra (les aphorismes des
rituels domestiques) reviennent très souvent sur l’importance de la pratique de
Prânâyâma.
Les trois citations suivantes doivent amplement justifier l’importance de
Prânâyâma dans les pensées indiennes.
Rig Veda : Celui qui évolue
spirituellement par les actions justes et par la discipline de pratique de
Prânâyâma s’unit à Prajâpathi.
Manu Dharma Shâstra[8] :
Exécution juste de 3 types de Prânâyâma avec récitation mentale de
Pranava ou Gâyatri est l’austérité d’un très hauts niveaux (que nul ne doit
négliger).
Bhagavad Guita : D’autres encore, qui se consacrent à la Pratique de
Prânâyâma, offrant Prâna à l’Apâna et sacrifiant Apâna au Prâna.
Prâna est un terme d’une très grande signification dans les littératures
védiques. Il est le symbole le plus
commun de l’unité de l’univers. Dans un
sens plus restreint Prâna désigne l’un des cinq forces vitales. Prâna avec Chandas[9] comme le corps
est le symbole de Brahman[10]. La méditation sur Prâna pendant la
récitation de Chandas[11] assure l’union
à Bramhan. Le même Aranyaka considère
le Prâna comme le gardian de nos sens de perception ainsi que les fonctions mentales. Prashna Upanishad confirme que Prâna est le
principe de vie. Se référant à la
conception cosmogonique de Veda, le Maître Pippalâda, répond que Prajâpathi (le
créateur) créa deux principes : Prâna et Rayi (la Vie et la Matière). Prâna est le pouvoir qui soutient tous les
être vivant dans ce monde. Atman est
l’origine de la vie tandis que Prâna est l’ombre de l’Atman, conclut le
Maître. C’est d’ailleurs pour cela qu’il
est dit que le Prâna amène à la connaissance de l’Atma.
Les Upanishad les plus importants déclarent que Prâna est la première
Bénédiction de Prajâpathi et que Prânâyâma est le moyen d’utiliser cette
première bénédiction pour connaître “celui qui est invisible que seul Prâna
peut le rendre visible”.
Dans le Shiva Svarodaya, Seigneur Shiva transmet un secret à son épouse
Pârvathi : “l’Univers tout comme le corps des être vivants, est la
manifestation du Prâna (le soutient du Svara, le Verbe). C’est par la
connaissance du Prâna que l’on atteint à la connaissance de Bramhan[12].
Dans le Yoga Kârnika[13], il est stipulé
ainsi : Prânâyâma devrait être notre Dharma, notre Tapas, notre connaissance,
notre yoga et tout ce que nous chérissons, car c’est uniquement par la pratique
de Prânâyâma, peut-on s’unir à Bramhan.
Celui que ne pratique pas les Prânâyâma, ne peut prétendre d’être un
pratiquant de Yoga. Dans le chapitre IV
qui aborde le sujet de Dharana, il est dit aussi que Dharana n’est que stérile
sans la pratique de Prânâyâma.
La Hatha Yoga Pradipika, La Shiva Samhitha, le Yoga Sutra de Patanjali
ainsi que d’autres œuvres de Yoga décrivent aussi l’importance capitale de
Prânâyâma.
Comme décrit précédemment, le Prânâyâma était toujours Sagarbha, c.à.d.
durant la pratique de Prânâyâma, il doit y avoir soit la répétition d’un
Mantra, soit du nom du Créateur, soit le maintien de l’image de Dieu dans le
champs mental.
www.yogakshemam.net
[1]lire: Prânâyâma.
Article paru dans le journal de la FIDHY
[2]Selon les historiens, les Vedas sont datés de plus
de 3000 ans avant le Christ, les Aranayaka sont antérieur aux Veda tandis que
les Braamhanas sont postérieur aux Upanishads, qui dates toujours bien avant le
Christ.
[3]Hotra=sacrifice, Prâna Agni=Feu sacrificiel qui
est Prâna
[4]Décrit plus loin
[5]Les différents Gruhya Sutra, Maha Narayana
Upashiad, Prâna Agni Hotra Upanishad etc
[6]Maha Narayana Upanishad
[7]Chândogya Upanishad, Bhruhadâranyaka Upanishad
[8]La Loi de Dharma de Manu considérée comme la
constitution religio=culturelle de l’inde.
[9]Voir Chândogya Up. pour une explication de Chandas
[10]Aitaréya Âranyaka
[11]Les Mantra de Veda
[12]Le Shiva Svarodaya Tr. Alain Daniélou Ed Arché,
Milano

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