ICI, MAINTENANT
ST MAXIMIN LA SAINTE-BAUME - yoga.stebaume@hotmail.fr - http://yoga-sainte-baume.fr/
mardi 29 avril 2014
mardi 22 avril 2014


JEAN KLEIN
Dès que vous vous prenez pour quelqu’un, il y a contraction, il y a localisation, mais quand vous êtes complètement affranchi de l’idée d’être une personne, vous êtes en expansion, vous êtes en méditation permanente.
Si vous essayez de méditer, vous provoquez un état, car il y a intention, anticipation. Vous avez un but, vous visez un résultat. S’il y a intention, il ne peut pas y avoir de lâcher-prise. C’est très clair : aussi longtemps qu’il y a intention, il n’y a pas de lâcher-prise.
Acceptez comme un principe qu’il n’y a rien à atteindre, parce que ce que nous cherchons, nous le sommes déjà. Ce que nous cherchons, c’est notre proximité. Ce que nous cherchons, c’est le chercheur. Quand vous verrez cela, vous sentirez combien chaque pas que vous faites pour vous atteindre, vous éloigne de vous. C’est alors que se produira un lâcher-prise complètement naturel, car il n’y a rien à gagner, rien à perdre. Voyez comment cette compréhension agit sur vous. Vous vous découvrirez, naturellement, tel que vous étiez avant d’être né.
Vous êtes toujours le témoin, aussi n’avez-vous jamais à essayer de l’être. Si vous essayez d’être le témoin, vous objectivez ce que, dans tous les cas, vous êtes. Il n’y a personne pour penser, pour agir, pour souffrir, pour se réjouir. Cela n’existe pas. Il y a joie, il y a action, mais personne pour accomplir quoi que ce soit.
Vous pouvez seulement être votre présence, vous ne pouvez jamais connaître votre présence. Ce n’est que dans votre totale absence que vous pouvez être votre présence. N’en faites pas une formulation intellectuelle ; sentez ce que cela veut dire, vivez aves cela – votre absence.
Quand vous direz « Je ne sais pas », vous verrez que vous êtes ce que vous cherchez. Quand vous traquez le « Je suis » à travers des techniques ou des systèmes, vous l’objectivez. Vous devez réellement voir dans votre vie quotidienne que, quand vous le cherchez, vous vous en éloignez. Quand vous en prenez conscience, il se produit alors un complet lâcher-prise.
Vous pouvez seulement être la vérité, vous ne pouvez jamais connaître la vérité. Cette connaissance se perçoit en l’absence d’un vous-même, quand il n’y a pas d’image ; alors il y a certitude. La vérité apporte sa propre certitude ; elle n’a nul besoin de preuve, elle est sa propre preuve. Tout ce qui se manifeste autour de vous peut susciter le doute, mais ce qui est le plus proche de vous, je veux dire la conscience, ne relève jamais du doute. Tout ce que vous pensez pouvoir chercher relève du déjà connu.
Quand on voit que la personnalité est une illusion, alors tout effort pour la maintenir disparaît, et rien ne demeure qui soit personnel. Ce qui demeure est universel, fluide, sans attaches. Cela apparaît spontanément quand il y a nécessité et disparaît quand il n’y a plus nécessité. C’est un véhicule qui surgit dans votre conscience, il n’y a pas à s’identifier à lui.
Ce que fondamentalement vous êtes ne peut jamais être objectivé parce que vous l’êtes.
Un objet est un fragment ; il apparaît dans votre totalité, dans votre globalité. Quand vous comprenez réellement que le chercheur est le cherché, toute votre énergie se trouve naturellement déchargée d’avoir à trouver quelque chose.
Vous ne pouvez jamais percevoir votre totalité. S’il y a quelqu’un pour percevoir, il n’y a pas totalité. Or, votre totalité est faite de sa propre perception. Aussi est-il clair que votre totalité ne peut jamais être perçue, elle ne peut jamais être un objet. Elle est non-duelle. Il faut qu’il soit bien clair pour l’esprit que ce que vous cherchez est le chercheur lui-même. Quand vous voyez réellement cela avec votre intelligence, votre amour, votre compréhension, il se produit un lâcher-prise naturel à toute production d’énergie. Toute l’énergie vouée à la découverte de quelque chose est ramenée à sa patrie originelle. C’est ce moment d’équilibre que vous devez vivre.
Nous ne pouvons jamais découvrir ce que nous sommes, nous ne pouvons découvrir que ce que nous ne sommes pas, parce que nous sommes, en toutes circonstances, ce que nous sommes. Et pour savoir ce que nous ne sommes pas, nous devons découvrir en quoi consiste ce que nous ne sommes pas : notre corps-pensée.
Il vous suffit de savoir que le corps-pensée apparaît en vous, vit en vous, mais que vous n’êtes pas dans le corps-pensée. Si vous étiez fait de la même étoffe que le corps-pensée, vous ne pourriez jamais être conscient du corps-pensée. Le corps-pensée, sa substance, sont en vous, dans votre conscience, mais vous n’êtes pas dans cette substance. Vous êtes plus que le corps-pensée. C’est pourquoi vous êtes à même de le percevoir. Il suffit d’être conscient de ces moments, qui sont des moments intemporels, avant que le corps-pensée ne s’éveille le matin.
Vous vous percevrez présence avant l’éveil du corps-pensée. Chaque matin, vous créez le corps-pensée, chaque matin vous créez le monde.
Quand vous êtes dans le sommeil profond, où est le monde pour vous ?
Quand vous êtes dans le sommeil profond, le monde n’existe pas pour vous. Le monde apparaît quand le corps-pensée apparaît parce que le corps- pensée appartient au monde. Vous créez votrepropre monde qui apporte sécurité à votre ego, à votre « moi ».
Le corps-pensée n’a pas d’existence en soi. La conscience lui est nécessaire. Vous êtes présence avant que le corps-pensée ne s’éveille le matin. Le corps-pensée est plus ou moins une surimpression sur votre conscience. Que vous soyez ici, que vous cherchiez l’authentique équilibre, la paix, la joie, cela n’existe que parce que vous en avez eu un aperçu, et cet aperçu ne peut venir que du sommeil profond ou d’une perception directe qui appartient aussi à ce non- état de sommeil.
Aussi le corps-pensée n’a-t-il aucune réalité en soi, parce qu’il dépend de la conscience.
Nous mourons chaque soir et nous naissons chaque matin. Et pas seulement là. Nous naissons d’instant en instant.
L’écran demeure, il est là de l’aube au crépuscule, seule changent, sur l’écran, les images.
Accepter, c’est lorsque vous dites : « Je ne sais pas ».
Ce qui vous recherche, c’est vous. C’est la recherche de soi-même, par soi-même.
Ce que vous cherchez, vous l’êtes déjà : vous ne pouvez recevoir cela de moi que comme une information de seconde main. Quand vous en ferez votre point de départ, vous deviendrez conscient de touts les efforts dispensés dans la réalisation de vos buts, de vos désirs, de votre accomplissement. Accepter cette information de seconde main vous conduit à observer l’énergie qui accompagne tout processus de devenir. Quand vous verrez cela, vous ne serez plus le complice de ce processus, de ce gaspillage d’énergie. A un certain moment, vous abandonnerez toute projection, toute convoitise. Ce n’est pas un lâcher-prise volontaire, c’est un lâcher-prise qui se produit de lui-même. Et à ce moment-là, vous êtes libéré de toute action. Ce moment ne renvoie qu’à lui-même. En d’autres termes, poétiquement parlant, vous êtes saisi. Mais vous devez d’abord prendre à votre propre compte que ce que vous cherchez vous l’êtes déjà.
La conscience est. La conscience est vie. Tout ce qui existe, tout ce qui est perçu, sont des expressions, des prolongements de la vie, de la conscience. Mais la conscience est.
Notre vraie nature est ouverture, silence. Elle se manifeste dans la compréhension instantanée que la vérité ne peut jamais être acquise. Tout ce que nous cherchons et trouvons est un objet. Il apparaît clairement que le chercheur est le cherché, que le chercheur est cela même qu’il cherche ; alors toute tentative de trouver quelque chose cesse.
Quand vous voyez réellement que ce que vous cherchez est vous-même et que vous trouvez, au terme de nombreuse années d’investigation diverses, à travers tous les systèmes, toutes les techniques, que vous êtes ce que vous cherchez, il y a alors une révélation fantastique. Parce que, lorsque vous voyez cela, il vous apparaît que toutes ces directions, expériences et techniques ne sont que des objets. Eux, vous les trouvez, mais le sujet, jamais, car le sujet ne peut jamais être objectivé.
Voir cela entraîne un arrêt de cette investigation multidirectionnelle, et tout alors renvoie à ce moment d’arrêt, toute chose ne fait plus référence qu’à elle-même. Vous percevez clairement qu’il n’y a nulle part où aller. C’est une révolution dans votre vie. Tel est le sens du Tao : « le Tao que vous pouvez trouver et nommer n’est pas le Tao ».
Quand vous comprendrez qu’il n’y a rien à trouver, que tout ce que vous pouvez trouver est un objet et une limitation, quand vous saurez que vous êtes cela même que vous cherchez, alors vous saurez que vous êtes un joyau. Toute votre activité changera.
Tout ce que vous pouvez trouver n’a pas d’existence en soi, pas de réalité en soi, car cela n’a aucune autonomie. Il y faut la conscience, il y faut la présence, pour que vous puissiez le connaître. Quand vous voyez cela clairement, il se produit un lâcher-prise. Ne quittez pas ces moments là
Le total lâcher-prise, la détente complète, c’est comme si vous disiez : « Je suis au terme, j’ai regardé partout, je ne sais pas ».
Le monde se limite à notre environnement le plus proche; votre corps, vos sensations existent seulement lorsqu'ils sont pensés. Ils n'ont aucune réalité propre, en dehors de l'ultime sujet, le "je", et comme ils proviennent de lui et s'achèvent en lui, ils ne sont pas d'une nature différente de ce "je" conscience.
Tout ce que vous pensez, ressentez, accomplissez est passager ; la sensation d’être est leur support, elle est permanente. Laissez-vous inviter le plus souvent possible par le pressentiment, le souvenir de cette sensation, et plongez-y de plus en plus jusqu’à ce que la réalité vous emporte.
Le monde existe parce que vous existez, mais vous n’êtes pas le monde. Les objets de la conscience, noms et formes, représentent l’univers ; la réalité, qui est tout silence, est au-delà. Vous mettez l’accent sur le nom et la forme et ainsi la vérité vous échappe. Nous ne sommes rien en dehors de la conscience : l’univers, vous et moi y apparaissons.
La conscience est toujours là, dans la présence ou l’absence de la pensée, et rien n’est en dehors d’elle ; tout apparaît en elle, y compris la mémoire, sans qu’elle en soit affectée. Nous pouvons donc dire que la mémoire n’est qu’une idée qui nous a traversé l’esprit à l’instant même : le présent, le passé, le futur se situent « maintenant ».
Le sel n’a pas besoin d’être salé pour être sel, il est salé. Le sucre est sucré naturellement. Le Soi se connaît lui-même par lui-même directement, sans passer par aucun intermédiaire. Vous ne pouvez sentir l’encens qui brûle, voir la feuille d’une plante sans l’organe sensoriel correspondant, mais le contenant se sait pendant que le contenu sous tous ses aspects se manifeste. L’eau n’est pas affectée par les poissons qui s’y ébattent, elle reste toujours de l’eau.
Rien n’existe à l’extérieur de vous, tout est inscrit en vous. Ce que vous voyez, ce que vous faites est une création de l’instant même. La mémoire seule y ajoute une continuité, c’est elle qui précise que vous étiez ici hier ou avant-hier.
Soyez sans relâche le témoin de vos activités, la vigilance clarifie le mental et vous situera tôt ou tard sciemment au-delà de lui.
Soyez lucide et renoncez à ce que vous n’êtes pas.
L’univers dont vous êtes la source obéit à sa propre loi, selon sa propre ordonnance. Ne cherchez pas les causes de ce que vous croyez être ; c’est une dépense d’énergies complètement vaine. Ce que vous êtes foncièrement est au-delà de toute cause et de tout perfectionnement. Se croire l’auteur de ses actes a sa racine dans l’illusion d’un moi et de ses propriétés.
Vous devez fréquemment, et aussi souvent que l’occasion s’en présente, vous tourner vers ce qui est à l’arrière-plan. Votre attention se perd constamment dans les objets et les idées, et le sen d’être vous échappe entièrement. Devenez spectateur du courant de votre vie, de vos motifs, de vos actions et de leurs résultats.
Souvenez-vous, aussi souvent que l'occasion s'en présente, que dans une expérience objective vous êtes l'ultime connaisseur, en dehors de tout espace-temps.
Nous ne pouvons changer la Société ou notre environnement qu'en changeant nous-mêmes.
L'objet n'a pas de réalité, c'est nous seuls qui lui en créons une. C'est notre mental qui crée l'objet.Sans mental, il n'y a pas d'objets, il n'y a que Conscience.Donc, ce que nous appelons le monde, la maladie, la souffrance, etc.,est uniquement une projection mentale, pas autre chose.
Comment la Conscience pourrait-elle être témoin de changement d'états, tels que la jeunesse, la maturité et la vieillesse, ou le sommeil, la veille et le rêve, et comment pourrait-elle les constater si elle n'était hors du changement?
Le"Percipient" est donc d'une tout autre nature que ce qui est perçu.
Vous vous êtes incarnés pour vous connaître,rien d'autre.
Si vous vous souvenez de votre enfance ou de votre adolescence, c'est que "Celui" qui connaissait ces différents états est toujours présent et identique à lui-même.
Le monde et ses objets ne sont rien d'autre que sensorialité.C'est par l'intermédiaire du mental et de ses agents, les sens, que le monde nous apparaît.Et lorsqu'on admet, non seulement que le mental et les sens sont des objets perçus, mais encore qu'ils sont en continuel changement, il nous devient évident qu'ils ne contiennent pas notre véritable nature.
Nous sommes le Témoin de l'incessant mouvement des choses de ce monde, Témoin qui est soustrait au devenir, qui est étranger à l'Espace et au Temps, et qui ne connaît ni naissance ni mort.
Il ne s'agit là nullement d'une croyance ou d'une foi mais d'une expérience, d'un vécu qui dépasse toute spéculation intellectuelle et qui nous reconduit à la liberté inconditionnée et à la joie pure de l'être.
Merci au blog "etre et conscience"
Soyez lucide et renoncez à ce que vous n’êtes pas.
L’univers dont vous êtes la source obéit à sa propre loi, selon sa propre ordonnance. Ne cherchez pas les causes de ce que vous croyez être ; c’est une dépense d’énergies complètement vaine. Ce que vous êtes foncièrement est au-delà de toute cause et de tout perfectionnement. Se croire l’auteur de ses actes a sa racine dans l’illusion d’un moi et de ses propriétés.
Vous devez fréquemment, et aussi souvent que l’occasion s’en présente, vous tourner vers ce qui est à l’arrière-plan. Votre attention se perd constamment dans les objets et les idées, et le sen d’être vous échappe entièrement. Devenez spectateur du courant de votre vie, de vos motifs, de vos actions et de leurs résultats.
Souvenez-vous, aussi souvent que l'occasion s'en présente, que dans une expérience objective vous êtes l'ultime connaisseur, en dehors de tout espace-temps.
Nous ne pouvons changer la Société ou notre environnement qu'en changeant nous-mêmes.
L'objet n'a pas de réalité, c'est nous seuls qui lui en créons une. C'est notre mental qui crée l'objet.Sans mental, il n'y a pas d'objets, il n'y a que Conscience.Donc, ce que nous appelons le monde, la maladie, la souffrance, etc.,est uniquement une projection mentale, pas autre chose.
Comment la Conscience pourrait-elle être témoin de changement d'états, tels que la jeunesse, la maturité et la vieillesse, ou le sommeil, la veille et le rêve, et comment pourrait-elle les constater si elle n'était hors du changement?
Le"Percipient" est donc d'une tout autre nature que ce qui est perçu.
Vous vous êtes incarnés pour vous connaître,rien d'autre.
Si vous vous souvenez de votre enfance ou de votre adolescence, c'est que "Celui" qui connaissait ces différents états est toujours présent et identique à lui-même.
Le monde et ses objets ne sont rien d'autre que sensorialité.C'est par l'intermédiaire du mental et de ses agents, les sens, que le monde nous apparaît.Et lorsqu'on admet, non seulement que le mental et les sens sont des objets perçus, mais encore qu'ils sont en continuel changement, il nous devient évident qu'ils ne contiennent pas notre véritable nature.
Nous sommes le Témoin de l'incessant mouvement des choses de ce monde, Témoin qui est soustrait au devenir, qui est étranger à l'Espace et au Temps, et qui ne connaît ni naissance ni mort.
Il ne s'agit là nullement d'une croyance ou d'une foi mais d'une expérience, d'un vécu qui dépasse toute spéculation intellectuelle et qui nous reconduit à la liberté inconditionnée et à la joie pure de l'être.
Merci au blog "etre et conscience"
mercredi 9 avril 2014
http://www.gandharvagana.com/
Le Yoga intégral : Le Yoga de la perfection personnelle commence avec la méthode du Védanta et aboutit à l’objectif du Tantra. En effet, dans le Védanta, l’âme et l’esprit sont de la plus grande importance, alors que dans le Tantra, c’est Shakti, la Nature, qui tient la première place. Dans le Védanta, Shakti est ignorée et dans le Tantra, l’âme, Purusha, est secondaire. Le développement yoguique débute avec l’âme qui se tourne vers la Nature et culmine avec la spiritualisation des ses pouvoirs. La Shakti est élevée et utilisée par l’être centré sur son âme. Les centres de conscience sont gardés ouverts à l’action de Mahashakti. Ceux qui sont prêts ou sont les plus réceptifs s’ouvrent d’abord et le mouvement s’étend à partir d’eux. Le Yoga de la perfection personnelle commence avec la méthode du Védanta et aboutit à l’objectif du Tantra. En effet, dans le Védanta, l’âme et l’esprit sont de la plus grande importance, alors que dans le Tantra, c’est Shakti, la Nature, qui tient la première place. Dans le Védanta, Shakti est ignorée et dans le Tantra, l’âme, Purusha, est secondaire. Le développement yoguique débute avec l’âme qui se tourne vers la Nature et culmine avec la spiritualisation des ses pouvoirs. La Shakti est élevée et utilisée par l’être centré sur son âme. Les centres de conscience sont gardés ouverts à l’action de Mahashakti. Ceux qui sont prêts ou sont les plus réceptifs s’ouvrent d’abord et le mouvement s’étend à partir d’eux. Dans le Yoga, la réalisation individuelle est la base de la divinité à l’intérieur du cosmos et, par elle, se fait l’unité spontanée avec tous les êtres. Cette triple réalisation mène à la participation de l’aide divine à l’accomplissement de l’humanité. Le Yoga ne rejette pas la Nature ou ne demande pas le retrait de la vie dans le monde. Il tend vers la maîtrise des pouvoirs de la Nature pour en transformer la destination. Il accepte la vie pour en transformer le caractère. Il reconnaît que la vie, telle qu’elle est vécue, est rudimentaire, imparfaite et artificielle. Il aide à trouver le centre véritable de vie et, à partir de lui, à changer de direction et de manière de vivre. En d’autres mots, il veut spiritualiser et diviniser la vie. L’action est une loi de la nature. Elle n’est pas toujours physique. Elle peut être d’ordre psychologique, intellectuel ou vital (c’est-à-dire en relation avec les énergies de la vie). Il y a un courant constant d’énergies dans toutes ses formes. Et ce courant, selon une autre loi de la nature, produit son propre karma. Chaque action entraîne une réaction et la somme des réactions ainsi produites crée un asservissement. Ainsi, toute action peut devenir un moyen d’asservissement. En général, l’action est accomplie par une motivation, celle de l’ego, c’est le désir. La projection du désir peut être personnelle ou plus large, par exemple lorsqu’il est en rapport avec la société, la nation etc. C’est la motivation qui est la cause réelle du karma. Lorsque l’action est effectuée sans désir, lorsqu’elle est gouvernée par le sens du devoir sans qu’il y ait de choix personnel, alors la situation devient différente. L’aspirant apprend à abandonner ses motivations ordinaires et travaille avec un esprit de consécration au Divin. Il considère chaque action comme un sacrifice et l’accomplit dans l’esprit d’offrir ses énergies au Maître de l’action. Ainsi réalisée, l’action n’est pas altérée par les éléments de l’ego et du désir. Et le chercheur devient un instrument adapté au rayonnement de la conscience divine. Un autre point important est la purification des sentiments inférieurs, des émotions, des pulsions et des activités. On demande à l’aspirant de ne pas s’appesantir sur le côté négatif des choses, mais de s’attacher à leur côté positif qui l’emportera rapidement. L’être psychique est l’élément divin dans l’homme. Il est aussi la source de ses potentialités divines, par exemple les qualités et les pouvoirs de nature divine que représentent l’harmonie, la paix, la compassion, la bienveillance, l’amour, la dévotion et le désintéressement. C’est dans la mesure où l’aspirant puise à cette source et s’ouvre à son influence que sa nature est purifiée. En général, le Purusha psychique se tient en retrait du voile épais de la nature ignorante et multiple, il ne peut agir qu’indirectement à ses meilleurs moments, par exemple quand on se sent pur, pacifié, généreux, aimant, amical envers tout le monde etc. C’est le premier pas dans le Yoga intégral : s’éveiller à la présence de l’être psychique intérieur et ouvrir le passage à l’action directe en épurant la nature des éléments inférieurs et en laissant se manifester les éléments supérieurs menant au Divin. Le fruit de la réalisation psychique est l’amour, l’amour total pour Dieu. L’apogée de cet amour est l’identité avec le Bien-Aimé qui conduit à une connaissance intime de Son Existence. Et l’union de cet amour avec cette connaissance nous poussent à des actes de service variés, comme signe d’adoration de Sa présence. La méditation est l’art de se mettre en harmonie avec un état d’être supérieur. Elle est l’art d’amener la conscience supérieure à agir en nous. L’aspirant suspend les mouvements de son esprit tournés vers l’extérieur et les oriente dans la direction de son objectif spirituel. On distingue différents types de méditation. Premièrement, l’objet de la méditation peut être une idée, une forme, un son. L’esprit se concentre sur son choix, jusqu’à ce qu’il en soit imprégné et devienne un avec lui. Deuxièmement, l’esprit se concentre sur un objet unique. Il n’est pas autorisé à se déplacer. Le résultat de cette concentration est que l’objet offre à l’aspirant la connaissance de son contenu. Une autre façon de méditer consiste à se comporter comme un témoin et à simplement regarder les scènes et les pensées qui passent sur l’écran de l’esprit. Ne pas participer, observer seulement leur signification. C’est la méditation de l’observation sur soi. Enfin, traiter les pensées comme des éléments étrangers et refuser de les laisser pénétrer dans l’esprit est une autre méthode. Cela mène à une vacuité graduelle de l’esprit. C’est la méditation de la libération — elle aide l’esprit à sortir de son assujettissement aux vagues de pensées. Graduellement une sorte de division de la conscience se produit : la partie extérieure s’occupe de la routine matérielle tandis que la partie la plus importante se rassemble dans un nouvel équilibre. Parfois, il y a un glissement involontaire vers le sommeil pendant la méditation. C’est une réaction de la conscience physique à la pression de l’esprit qui s’intériorise. La seule réponse connue du corps est de se réfugier dans l’état de sommeil. Voilà pourquoi il arrive que l’on s’endorme. Il est bon de maintenir une continuité de la conscience. Conserver et assimiler tout ce que la conscience a développé et utilise de meilleure façon pour construire un futur significatif. Ainsi, toutes les réalisations spirituelles passées contribuent au progrès de l’esprit humain et à la transformation de la vie. Swami Veetamohananda |
vendredi 4 avril 2014
Yoga, chacun le sait, veut dire « union ». On entend en général
par là l’union de l’être humain avec l’Universel
(laquelle, soit dit en passant, ne serait nullement possible si elle n’était
déjà potentiellement réalisée). Mais, dans les yogas
tantriques dont fait partie originellement le hatha-yoga, l’union qui
est aussi visée est celle de la Conscience (Shiva) et de l’Energie
(Shakti). Ce terme et cette notion d’énergie parlent beaucoup à
nos contemporains. Partout, sur tous les plans, il n’est question que
d’éveiller, développer, accroître, intensifier l’énergie.
Il y a parfois quelque chose de naïf, de stupide, et parfois aussi de dangereux,
de terrifiant (si l’on songe aux applications économiques ou militaires)
dans cette quête effrénée de « toujours plus »
d’énergie, de puissance, comme si la Shakti était d’ordre
matériel et quantitatif. Les sages de l’Inde, même tantriques,
n’ont cessé en effet de nous mettre en garde contre une recherche
de l’énergie pour elle-même, sans l’éclairage,
sans l’accompagnement lucide de la Conscience témoin. Mais c’est
ainsi : l’être humain est avide de phénomènes et le
chemin de l’Energie, flamboyant et fertile en sensations, exerce une séduction
beaucoup plus vive que celui, aride et abrupt, de la Conscience pure.
La première erreur est que l’on confond souvent l’Energie et ses manifestations. Par exemple, le souffle, la sexualité, la pensée, la parole sont des manifestations de l’Energie mais ne sont pas l’Energie elle-même. S’attarder sur l’une ou sur l’autre de ces manifestations revient à confondre le flot avec la source, la forme avec le fond, le doigt qui montre la lune avec la lune elle-même. Tant que vous travaillez tel ou tel de ces aspects, vous obtenez sans doute des « expériences », vous gagnez même éventuellement des « pouvoirs », mais vous ne sortez jamais du cercle de l’ego, du désir, du vouloir individuel, vous restez dans le devenir, le samsâra… Tout autre chose est la plénitude d’énergie qui se dégage spontanément de la réalisation de l’Etre, sans l’intervention d’aucune méthode, sans manipulation de l’ego.
Précisons encore la notion d’énergie. Les taoïstes chinois ont fait dans ce domaine des distinctions aussi subtiles qu’utiles. Ils reconnaissent d’abord l’énergie naturelle que chaque individu possède et qui est fournie essentiellement par l’alimentation et la respiration. Puis vient l’énergie transformée par une pratique. Elle est de deux ordres : en premier l’énergie transformée extérieure, c’est-à-dire l’énergie naturelle modifiée, renforcée par l’effort volontaire et musculaire et par l’entraînement ; cette sorte d’énergie est considérée comme inférieure, profane, non fondamentale en tout cas dans une recherche d’Eveil. Mais il existe aussi une énergie transformée intérieure qui se développe, s’affine par une pratique initiatique (comme le Tai-ji en Chine ou le hatha-yoga en Inde). Pourtant même cette énergie subtile (jin) n’est pas encore la source, elle n’en est que la manifestation. La véritable source, c’est le « souffle intérieur » (qi), qui est en mouvement avant la naissance et peut être retrouvé par la pratique notamment respiratoire. Mais là encore prenons garde : il ne s’agit pas de la respiration physiologique constituée par l’alternance de l’inspir et de l’expir et qui s’est mise en mouvement dès la naissance. Le véritable souffle est interne : on dit encore « embryonnaire » ou « prénatal ». Chez la plupart d’entre nous, il n’est pas conscient. Il peut le devenir.
Dans la pratique indienne de même, tout prânâyâma commence par la conscience, la prise de conscience. Mais conscience ne signifie pas forcément contrôle. Car les gens obsédés de contrôle ne s’interrogent pas assez sur le contrôleur. Qui contrôle quoi ? Comment l’ego – qui est par nature limité, dysharmonieux – pourrait-il espérer amener un ordre, une harmonie dans le corps et le mental ? Ceux qui poursuivent avec acharnement ces méthodes ne voient pas qu’ils tournent en rond, qu’ils ne font au mieux qu’élargir leur prison. Que vous soyez capable de retenir votre souffle vingt secondes ou vingt minutes ne change pas grand-chose : de toute façon vous atteindrez toujours une limite, qui est celle soit de l’espèce, soit de votre incarnation actuelle.
Est-ce à dire qu’il ne faut rien faire ? Je suggère d’abord de se laisser respirer. Je sais : cette expression, souvent employée dans les cours de yoga, est devenue un cliché. Il n’empêche qu’elle recèle un sens profond. Ne pensez jamais, lorsque vous expirez, que vous « chassez » l’air : pensez plutôt (ou plutôt faites-le sans penser) que vous le donnez, que vous l’offrez. De même, n’associez jamais l’inspiration à un « prendre » : recevez, accueillez, acceptez ce qui vient. Ne laissez jamais intervenir la volonté dans les intervalles, abandonnez l’idée et jusqu’au mot de « rétention » (quelle avarice de vouloir retenir !). Le souffle s’interrompt, se suspend : très bien, observez, contemplez, savourez cette absence, sans projection, sans anticipation. Le souffle reviendra quand il voudra, il vous quittera quand il voudra. Ou encore inversez la perception ordinaire, imaginez que vous êtes le souffle et non pas celui qui reçoit et évacue le souffle. Prenez le point de vue du souffle. Vous allez, à l’inspir, envahir ce corps, ces poumons que vous aviez la mauvaise habitude d’appeler vôtres : quelle exploration fabuleuse ! Vous allez, à l’expir, pénétrer, envahir cet espace paraît-il extérieur, allez loin, aussi loin que votre esprit peut aller, que votre souffle-esprit devienne l’oie migratrice, traversez le ciel, diffusez-vous à l’infini.
Quand vous aurez expérimenté cela, il se peut que les « exercices » traditionnels de prânâyâma, les kapâlabhâti et les bhastrikâ auxquels vous vous shootiez, perdent beaucoup de leur attrait. Peut-être mais peut-être pas. Je ne veux rien préjuger. Il se peut au contraire que vous les redécouvriez avec une nouvelle fraîcheur et que les jeux retrouvés de l’Energie vous plongent, à vous en couper le souffle, dans la Joie véritable.
Pierre Feuga
La première erreur est que l’on confond souvent l’Energie et ses manifestations. Par exemple, le souffle, la sexualité, la pensée, la parole sont des manifestations de l’Energie mais ne sont pas l’Energie elle-même. S’attarder sur l’une ou sur l’autre de ces manifestations revient à confondre le flot avec la source, la forme avec le fond, le doigt qui montre la lune avec la lune elle-même. Tant que vous travaillez tel ou tel de ces aspects, vous obtenez sans doute des « expériences », vous gagnez même éventuellement des « pouvoirs », mais vous ne sortez jamais du cercle de l’ego, du désir, du vouloir individuel, vous restez dans le devenir, le samsâra… Tout autre chose est la plénitude d’énergie qui se dégage spontanément de la réalisation de l’Etre, sans l’intervention d’aucune méthode, sans manipulation de l’ego.
Précisons encore la notion d’énergie. Les taoïstes chinois ont fait dans ce domaine des distinctions aussi subtiles qu’utiles. Ils reconnaissent d’abord l’énergie naturelle que chaque individu possède et qui est fournie essentiellement par l’alimentation et la respiration. Puis vient l’énergie transformée par une pratique. Elle est de deux ordres : en premier l’énergie transformée extérieure, c’est-à-dire l’énergie naturelle modifiée, renforcée par l’effort volontaire et musculaire et par l’entraînement ; cette sorte d’énergie est considérée comme inférieure, profane, non fondamentale en tout cas dans une recherche d’Eveil. Mais il existe aussi une énergie transformée intérieure qui se développe, s’affine par une pratique initiatique (comme le Tai-ji en Chine ou le hatha-yoga en Inde). Pourtant même cette énergie subtile (jin) n’est pas encore la source, elle n’en est que la manifestation. La véritable source, c’est le « souffle intérieur » (qi), qui est en mouvement avant la naissance et peut être retrouvé par la pratique notamment respiratoire. Mais là encore prenons garde : il ne s’agit pas de la respiration physiologique constituée par l’alternance de l’inspir et de l’expir et qui s’est mise en mouvement dès la naissance. Le véritable souffle est interne : on dit encore « embryonnaire » ou « prénatal ». Chez la plupart d’entre nous, il n’est pas conscient. Il peut le devenir.
Dans la pratique indienne de même, tout prânâyâma commence par la conscience, la prise de conscience. Mais conscience ne signifie pas forcément contrôle. Car les gens obsédés de contrôle ne s’interrogent pas assez sur le contrôleur. Qui contrôle quoi ? Comment l’ego – qui est par nature limité, dysharmonieux – pourrait-il espérer amener un ordre, une harmonie dans le corps et le mental ? Ceux qui poursuivent avec acharnement ces méthodes ne voient pas qu’ils tournent en rond, qu’ils ne font au mieux qu’élargir leur prison. Que vous soyez capable de retenir votre souffle vingt secondes ou vingt minutes ne change pas grand-chose : de toute façon vous atteindrez toujours une limite, qui est celle soit de l’espèce, soit de votre incarnation actuelle.
Est-ce à dire qu’il ne faut rien faire ? Je suggère d’abord de se laisser respirer. Je sais : cette expression, souvent employée dans les cours de yoga, est devenue un cliché. Il n’empêche qu’elle recèle un sens profond. Ne pensez jamais, lorsque vous expirez, que vous « chassez » l’air : pensez plutôt (ou plutôt faites-le sans penser) que vous le donnez, que vous l’offrez. De même, n’associez jamais l’inspiration à un « prendre » : recevez, accueillez, acceptez ce qui vient. Ne laissez jamais intervenir la volonté dans les intervalles, abandonnez l’idée et jusqu’au mot de « rétention » (quelle avarice de vouloir retenir !). Le souffle s’interrompt, se suspend : très bien, observez, contemplez, savourez cette absence, sans projection, sans anticipation. Le souffle reviendra quand il voudra, il vous quittera quand il voudra. Ou encore inversez la perception ordinaire, imaginez que vous êtes le souffle et non pas celui qui reçoit et évacue le souffle. Prenez le point de vue du souffle. Vous allez, à l’inspir, envahir ce corps, ces poumons que vous aviez la mauvaise habitude d’appeler vôtres : quelle exploration fabuleuse ! Vous allez, à l’expir, pénétrer, envahir cet espace paraît-il extérieur, allez loin, aussi loin que votre esprit peut aller, que votre souffle-esprit devienne l’oie migratrice, traversez le ciel, diffusez-vous à l’infini.
Quand vous aurez expérimenté cela, il se peut que les « exercices » traditionnels de prânâyâma, les kapâlabhâti et les bhastrikâ auxquels vous vous shootiez, perdent beaucoup de leur attrait. Peut-être mais peut-être pas. Je ne veux rien préjuger. Il se peut au contraire que vous les redécouvriez avec une nouvelle fraîcheur et que les jeux retrouvés de l’Energie vous plongent, à vous en couper le souffle, dans la Joie véritable.
Pierre Feuga
mercredi 19 mars 2014
Siddharameshwar Maharaj
LA PENSÉE D’UN RÊVE DANS UN RÊVE
Le Soi (Atman) qui est sans naissance et immortel dormit, et
dans son rêve, il eut un rêve. Quelle sorte de rêve étais-ce? L’apparition du
monde était le rêve, et dans ce rêve, il rêva qu’il devenait un individu
(Jiva). Puis, l’illusion augmenta. L’apparition de cette vie dans le monde
apparemment réelle, est un rêve. Celui qui était Dieu, devint un serviteur. De
concevoir comme réel, toutes les personnes telles que la mère, le père, le
frère et d’autres, ainsi que le monde entier, est le rêve.
Tous les êtres dans le monde se délectent dans ce rêve, Il
est très rare et important que l’un parmi eux pourrait réfléchir plus loin.
D’avoir confiance dans un Saint est vraiment une chose très rare. Un tel
aspirant agit d’une manière altruiste. Celui qui est rempli d’égo ne lancera
même pas un morceau de pain à un chien. Après avoir accompli une action
charitable désintéressée, il y a souvent l’expérience de l’altruisme, ou de
l’intelligence pure, qui surgit. C’est une grande chose de ressentir du respect
pour les Saints. Remarquable est le fruit des bénédictions de nos ancêtres, les
Saints qui sont venus avant.
La discrimination (viveka) entre l’Essence de la vie et ce qui
est non-essentiel durant ce rêve de vie est rare. La richesse est une sorte
d’intoxicant semblable au vin. À cause des mérites de la dernière vie, il se
tourne vers le Gourou, et s’interroge à son propos. Celui-ci en est un qui peut
vraiment utiliser le pouvoir de la discrimination. Une telle personne se dirige
vers le Gourou et réfléchi sur ce qui est l’Essence, sur ce qui est
non-essentiel, et arrive à la compréhension que, "Je Suis Brahman". Seulement
là, une personne peut réaliser que le monde est une illusion, et s’éveiller de
son rêve. Il expérience l’Essence pure de l’Enseignement, et comprend que le
monde entier est illusion, et que "Le Soi Suprême (Parabrahman) est la
seule Vérité." Celui-ci devient
alors cette "Vérité, cette Conscience, cette félicité (SatChitAnanda)
Incarnée," et Un avec Brahman.
Lorsque vous arrivez à comprendre la signification, lorsque
vous pensez à cela, et dites "Maintenant, j’ai l’expérience, et maintenant
je suis éveillé." Qui est ce "Je" qui a eu cette expérience?
Lorsque vous dites que vous avez expérimenté quelque chose, il y a l’égo, ou
"Je Suis" (Aham). La chose qui dit : "Je", ou
"Vous" n’est rien.
Vous dites que vous savez, mais ce n’est que l’égo. C’est
une hallucination dans l’illusion. Par exemple vous pouvez penser que, "il
est" ou que "vous êtes" la même vieille entité que les gens
appellent M. Smith, mais maintenant M. Smith est devenu Brahman. Si vous
décidez que le précédant M. Smith n’était qu’une illusion et que ce "non-entité"
est maintenant devenu Réel, alors votre illusion ne s’est pas encore dissipée.
Ce qui est naturellement votre "Être", est la Réalité telle qu’elle
est. Il n’y a aucun "JE", là, même sous la forme la plus subtile.
Aussi longtemps qu’il est ressenti le moindrement, qu’il y a
un besoin de protéger le corps, le "JE" n’est pas parti. Il devrait y
avoir le sentiment réel, l’expérience, que l’univers entier est à l’intérieur
de vous. Ceci est la compréhension que "Tout est Lui," et "Je
Suis Lui".
Le ver à soie construit sa propre maison, un cocon, puis
meurt dedans. Vous vous enchaînez aussi de la même manière. Vous vous
considérez être le corps physique. Cela en lui-même est la captivité. Vous êtes
devenu vous-même semblable au cocon du ver à soie. De l’eau tiède est versé sur
le cocon, le ver est tué, puis la soie est prise. Si vous vous accrochez à ce
sentiment, que l’univers entier ainsi que le vent et l’espace qui est contenu à
l’intérieur, est votre corps, à ce moment là vous êtes automatiquement Brahman.
Il n’y a que Brahman, qui est un sans un deuxième. Celui qui
sait qu’il n’y a rien d’autre, est lui-même Brahman. Celui dont le désir d’objets
sensoriels est disparu, dont le sentiment que le "Je" est séparé de
tout le reste a disparu, et dont l’orgueil n’est plus, celui-là est celui qui a
vraiment réalisé Brahman.
- Shri Siddharameshwar Maharaj (Gourou de Shri Nisargadatta Maharaj)
Causerie donnée le soir
du 26 novembre 1934.
Traduit du
livre : "Master of Self-Realization"
merci au blog "A la recherche du Soi"
lundi 24 février 2014
Dimanche 23 Mars 2014 de 9h00
à 13h00
Salle ANTARES à St Maximin
Salle ANTARES à St Maximin
9H00-10h00 Le souffle, Prana, Pranayama, 5 souffles, but et
Thérapie du Pranayama
9H 30 – 12H00 Séance de YOGA (yoga Sutra) - Asanas, Pranayama, Mudrâ,
Mantras, Méditation
12H30 – 13H00 Rôle du Souffle dans la recherche
spirituelle
Prière d’amener coussin et couverture
Une documentation électronique sera
envoyée aux stagiaires
Le stage est un moment pour apprendre et
partager.
Pour le débutant, un stage de Yoga peut être une manière de découvrir cette pratique millénaire.
Pour le confirmé le stage de Yoga est un moment fort de la pratique qui permet véritablement d'entrer dans la profondeur du souffle et de l'esprit par la pratique d'un yoga traditionnel.
Pour le débutant, un stage de Yoga peut être une manière de découvrir cette pratique millénaire.
Pour le confirmé le stage de Yoga est un moment fort de la pratique qui permet véritablement d'entrer dans la profondeur du souffle et de l'esprit par la pratique d'un yoga traditionnel.
jeudi 20 février 2014
STAGE YOGA "LE SOUFFLE" 23 MARS SALLE ANTARES - ST MAXIMIN 9h00-13h00
Les maîtres hidoux modernes citent souvent Shankara, le « plus grand fils de l'Inde ». Il a reformulé, de façon sublime, la philosophie des Upanishads et jeté définitivement les bases de l'advaïta vedanta (1), le non-dualisme absolu. Au delà des différents aspects de Dieu et de ses multiples fonctions existe un principe unique: le Brahman, l'énergie divine, substrat de toute la création. Tout n'est que Brahman et notre véritable identité, l'Atman (le Soi) est une avec le Brahman. Afin d'accéder à la Réalisation du Soi, il est nécessaire d'acquérir la connaissance (atma-gnana) ainsi que de renoncer au monde des mots et des formes, qui n'est qu'une illusion (maya). Ce monde n'a pas de dualité, d'oppositions moi-toi, créateur-créature, matière-esprit: seul le Brahman, absolu, existe, et il est le but ultime.
sa vie
Shankara fut la personnification du saint-voyageur, débordant d'énergie et de compassion. Il parcourut inlassablement les routes de l'Inde, afin de répandre la Vérité et de défier l'ignorance. Dans une brève vie de 32 ans, il a rencontré un nombre incalculable de personnes, a débattu, raisonné, argumenté avec les érudits de l'Inde entière. Il est à noter que dans ses biographies, il est difficile de faire la part entre la réalité et la légende. Sa plus ancienne biographie, le Digvijaya, écrit par le grand saint Madhava, remonte au 13ème siècle. C'est dans une des plus belles régions du monde qu'est né Shankara: le Kerala, à Kaladi exactement. Situé dans l'extrême sud-ouest de la péninsule, le Kerala fut dès la plus haute antiquité un lieu de rencontre des cultures asiatiques et occidentales: les marins grecs, romains, chinois et arabes venaient y chercher les épices et le bois précieux. Il choisit de s'incarner dans une famille brahmine, pieuse et instruite. On raconte que ses futurs parents, Shivaguru et Aryamba, qui n'avaient toujours pas de descendance après plusieurs années de mariage, s'en allèrent en pélerinage implorer les grâces du Seigneur Shiva. Une nuit Shiva, satisfait par leur dévotion, leur apparut en songe. Il leur laissa le choix entre un grand nombre d'enfants médiocres assurés d'une longue vie, ou un fils qui vivrait peu de temps, mais qui serait un jour la gloire de l'Inde et du monde entier. Les parents ne sachant que répondre, en acte de dévotion, laissèrent le choix au Dieu.
Shankara est connu pour avoir été un prodige dès son premier âge. Il fut particulièrement précoce dans la connaissance du sanskrit et la mémorisation des shastras, les écritures saintes. Brahmine érudit et pieux, son père Shivaguru fut son premier instructeur. Mais le jeune Shankara perdit son père très jeune et fut envoyé dès cinq ans dans une école védique (gurukula). C'est durant cette période qu'il fit son premier miracle.
Un jour qu'il demandait sa part de nourriture a une maîtresse de maison, selon les règles de l'école, celle-ci se trouva fort embarrassée car elle était très pauvre et n'avait rien a lui offrir. Seul un fruit amalaki restait dans sa cuisine. Ce fruit très précieux et sacré possède de nombreuses qualités curatives. Elle l'offrit à l'enfant avec grande dévotion et sincérité. L'enfant (1- advaïta: non-dualisme vedanta signifie littéralement "la fin du Veda") chanta alors par gratitude un hymne à Shri Lakshmi et une pluie de pièces d'or se déversa alors sur l'humble demeure ! Il sortit de l'école au bout de quelques années, après avoir acquit de solides connaissances dans plusieurs branche du savoir indien traditionnel: Logique (Tarka), Yoga de Patanjali, Sankhya et Purva Mimansa (systèmes philosophiques).
A huit ans notre jeune prodige rentra vivre dans son village natal, auprès de sa mère. Peu de temps après, des ascètes itinérants (sannyasis) vinrent à passer par Kaladi et furent très content de l'accueil qui leur fut fait. L'un d'entre eux consulta l'horoscope de Shankara. Il déclara à Aryamba que l'enfant avait atteint l'âge de quitter le monde, mais que leur hospitalité lui vaudrait de vivre deux fois plus longtemps. Shankara désirait maintenant renoncer au monde, afin de se consacrer à la mission qu'il savait être la sienne. Mais sa mère s'y opposa farouchement. Un jour qu'il se baignait, un crocodile lui attrapa la jambe. Alertée, sa mère accourut sur les lieux du drame. Elle consentit à obtempérer à ses derniers voeux et l'autorisa à prendre le sannyasa. Aussitôt qu'elle lui accorda sa bénédiction, le crocodile lâcha sa prise !
Maintenant dégagé de toute attache familiale, il confia sa mère aux brahmines de l'endroit et lui promit d'être à ses côtés à ses derniers instants. Notre jeune héros se mit donc en marche, à la conquête de l'Inde égarée. Il commença par rechercher un instructeur digne de ce nom. Il marcha de longs mois (il passa par Nasik) avant d'arriver sur les bords du fleuve Narmada. On lui signala à cet endroit la présence d'un maître qui vivait une vie de pur ascète: Govinda Bhagavatpada. Govinda était lui-même le disciple du célèbre Gaudapada, un grand exégète de cette époque. Lorsqu'il lui récita un poème de dix stances (2) sur la conscience absolue en réponse à sa question "Qui es-tu ?", Govinda fut impressionné par la sagesse et la profondeur du jeune aspirant. Il l'accepta immédiatement comme disciple et l'admit dans sa communauté. Shankara prouva rapidement ses qualités hors du commun et devint le premier disciple.
Après quelques années d'études, le maître lui fit comprendre qu'il n'avait plus rien à lui apprendre. Il le pria de se rendre à Varanasi (Bénarès), la ville sainte par excellence. Là-bas Shankara recruta ses premiers disciples, avec lesquels il partit en pèlerinage dans les Himalayas. De retour à Varanasi il rédigea ses premiers commentaires sur les textes de base du Védanta. Ses écrits se répandirent rapidement dans la péninsule. Il enseignait également (il avait alors 16 ans) à un nombre grandissant de disciples. Un jour qu'il enseignait un passage de son commentaire sur les Brahmasutras, un vieux brahmine s'introduisit dans l'auditoire et commença à critiquer vivement son interprétation. Durant quatre jours le vieillard et Shankara polémiquèrent. Padmapada, le plus perspicace des disciples du maître devina que le vieux brahmine n'était autre que le sage Vyasa (3) lui-même, et les pria de cesser leur querelle. Son identité ayant été révélée, Vyasa bénit Shankara, approuva le contenu de son commentaire et lui annonça qu'il prolongeait sa vie d'une autre période de 16 ans.
La plus puissante école orthodoxe du début du huitième siècle était la Purva Mimansa, qui interprétait les Védas dans le sens premier de rituels et de devoirs individuels. Shankara se rendit à Prayag, là où se rejoignent les trois fleuves sacrés (Gange, Yamuna et Saraswati), afin de débattre avec un des grands maîtres mimansa de l'époque: Kumarila Bhatta. Mais l'homme, pour expier deux fautes qu'il avait commises dans le passé et qu'il considérait comme graves, avait décidé de s'immoler sur un bûcher rituel. Quand l'acharya arriva à Prayag, le maître de la mimansa avait déjà allumé le bûcher et lui dit que le processus d'expiation étant commencé il ne pouvait revenir sur son acte. Il lui dit qu'il approuvait ses thèses non dualistes et lui suggéra d'aller rencontrer un autre grand maître mimansa: Mandana Mishra. (2- le Dashaloki, voir 2ème partie ; 3- le célèbre sage qui compila les Védas, et composa le Mahabharata ) Shankara se rendit alors dans le nord du Bihar pour le rencontrer. Il lui fit savoir qu'il était venu ouvrir un débat philosophique. Mandana accepta la joute pour le lendemain. Avant le début du débat, les deux maîtres en fixèrent les règles: le perdant devra embrasser les vues de son opposant et lui demander de l'accepter comme disciple. Bharati, la femme de Mandana, réputé pour l'élégance de son savoir, fut désignée arbitre du débat. Les deux philosophes excellant dans leur système philosophique respectif, le contenu du débat atteignit rapidement un très haut niveau, et devint insaisissable pour les érudits qui assistaient à la joute. Bharati plaça autour du cou des adversaires une guirlande de fleur, arguant qu'un vrai maître reste toujours calme et ne s'échauffe jamais ; celui dont la guirlande se fanerait la première serait déclaré vaincu. Au bout de six jours, Mandana, poussé à bout par les irréfutables exposés de Shankara, commença à perdre du terrain dans la discussion. Peu de temps après, sa guirlande de fleurs se flétrit. Finalement, Mandana dut s'avouer vaincu et, comme il avait été convenu, il demanda l'initiation et se fit sannyasi. Il deviendra un des premiers disciples de Shankara, et sera connu sous le nom de Sureshwara.
Quelques mois plus tard, alors qu'il se trouvait dans le Deccan, Shankara fut averti en rêve que les jours de sa mère étaient comptés et il se rendit à son chevet juste avant qu'elle s'éteignie. Jaloux de sa popularité et de sa renommée, les brahmines de Kaladi refusèrent à Shankara leur concours dans les rites funéraires. Mais il n'hésita pas à construisir lui-même le bûcher dans le jardin familial, transgressant ainsi la règle qui interdit aux sannyasis d'effectuer de telles cérémonies. Peu après il reprit ses tournées conquérantes. Au cours de ses visites des lieux saints et des principaux pèlerinages, il provoquait constamment des débats avec les représentants des autres écoles, qu'elles fussent orthodoxes ou hétérodoxes. Shankara, par son implacable logique, démentait toute argumentation. Loin de combattre les autres systèmes philosophiques, l'advaïta vedanta les éclaire au contraire de l'intérieur et montre qu'une vérité, un principe unique transcende l'ensemble. La dévotion à un Dieu particulier n'est pas une fin en soi. Elle permet de s'élever, de fixer l'attention sur quelque chose de sublime et de divin, mais c'est par la connaissance du Soi que l'on accède au stade ultime. Toute adoration doit conduire finalement à la perception du Réel omniprésent. Shankara entreprit de purifier le rituel tantrique. Il écrivit lui-même un ouvrage de louanges à la Déesse: le Saundarya Lahari, dans lequel il parle des chakras et de la Kundalini. Dans cet ouvrage il montre l'importance de l'abandon (surrender) au divin, en l'occurrence à la Déesse, qui détient tous les pouvoirs.
L'acharya et ses disciples entreprirent un voyage au Kashmir. A cette époque, le Kashmir était un véritable nid de philosophes et de religieux aux tendances et aux opinions les plus diverses. Dès son arrivé, il désira rencontrer en joutes régulières les représentants de chaque école. Un groupe adorateurs de la Déesse Kali, après avoir été vaincu dans une argumentation, décida purement et simplement de le supprimer et utilisèrent contre lui la magie noire. Shankara tomba alors gravement malade et son corps se couvrit de plaies. Mais la dévotion de ses disciples et les soins apportés à leur maître vinrent rapidement à bout du mauvais sort. Malgré ces quelques difficultés, partout, le passage de l'acharya suscitait l'enthousiasme populaire. Une légende rapporte qu'à l'intérieur d'un temple dédié à la Déesse Sharada était installé un trône destiné à recevoir l'être qui pourrait prétendre à l'omniscience. Jusqu'ici, aucun lettré kashmirien n'avait réussi à bénéficier de l'approbation verbale de Sharada. La plupart des lettrés qui avaient perdus les débats organisé contre l'acharya doutaient encore qu'il puisse accéder à cette place excessivement honorifique. Mais arrivé au seuil du temple, Shankara eut la joie de voir la Déesse elle-même en ouvrir les portes et l'inviter à monter sur le trône d'omniscience, auprès d'Elle. Shankara se rendit ensuite au mont Kaïlash, la demeure de Shiva. Il en ramena des Shiva lingam, qu'il consacra ensuite dans cinq temples shivaïtes, dont un à Kedarnath. Il dessina et consacra également le Shri Chakra dans de nombreux temples dédiés à la Déesse.
Kedarnath est un haut lieu de pèlerinage, situé près de la source du Gange. C'est là que l'acharya décida de s'unir définitivement au Grand-Soi. Il donna ses dernières instructions à ses disciples : " Je vous béni avec tout mon coeur et souhaite que vous rencontriez le plus grand succès dans toutes vos démarches. Tant que vous vivez, tâchez de répandre mes enseignements afin de continuer le grand travail de réforme du Sanatana Dharma, la Religion Eternelle, qui a été commencée. Et puissiez-vous atteindre l'état de Brahman." Il rentra ensuite en très profond samadhi et se fondit dans le Grand Tout.
Shankara fonda des monastères aux quatre coins de la péninsule: Dwaraka à l'ouest (l'antique cité de Krishna), Badrinath dans les Himalayas, Jaganathpuri en Orissa (est), Shringeri dans le Maïsur (sud-ouest), et Kanchipuram dans le Tamil Nadu (sud-est). Dans ses monastères sont étudiés les textes saints et perpétué la doctrine de l'advaita-vedanta, grâce à la succession de maîtres spirituels (appelés "shankaracharyas"). Ces centres sont encore aujourd'hui très influents.
son oeuvre
a) Les commentaires
L'oeuvre de Shankara se compose de nombreux commentaires (bhashyas) de textes traditionnels: Brahmasutras, Upanishads, Bhagavad-Gita... Rares sont les éditions des Upanishads, en Inde comme dans le reste du monde, qui ne sont présentés avec les commentaires de Shankara. C'est est un pédagogue accompli et un maître intransigeant. Il n'oublie pas même les recommandations d'attitude que l'aspirant doit avoir pour aborder la matière upanishadique. Ses injonctions sont claires et directes.
b) Il a également écrit de nombreux traités advaitins, qui en plus de leur haute valeur philosophique, sont de grandes oeuvres poétiques.
Dans le Bhaja Govindam, il montre la vanité de l'étude intellectuelle: Honore Govinda, Honore Govinda, ô fou. Lorsque le temps du grand départ sera arrivé, les règles de grammaire ne te seront d'aucun secours. Le Dashaloki (les dix strophes), qu'il composa à l'âge de huit ans, est proche du célèbre Nirvanashtakam (Je ne suis ni le mental, ni l'intellect... je suis Shiva, je suis Shiva):
Ni la terre ni l'eau, ni le feu ni l'air, ni l'espace ni les organes des sens ni l'agrégat de tout ceci : toutes ces choses sont incertaines. Ce qui demeure présent dans l'état de sommeil profond, ce qui reste, cet Un, Shiva, je le suis. (...)
Le Dakshinamurti stotra, merveilleux poème en dix strophes, est écrit en l'honneur de la "divinité du sud", représenté par un jeune guru en méditation qui, par son Silence, enseigne aux vieux ascètes qui l'entourent.
A Celui qui voit l'univers comme projetée hors de Lui par l'illusion semblable au sommeil, comme une ville reflétée dans un miroir, à Celui qui perçoit au moment de l'éveil son propre Soi; à Celui qui possède la forme parfaite de l'instructeur, au bienheureux Dakshinamurti, j'offre mon obéissance.
A Celui en qui seule la lumière, nature de l'existence, resplendit, irradiant le monde qui est comme le non-existant; à Celui qui enseigne par l'injonction védique "tu es Cela" ceux qui s'en remettent à Lui; à Celui qui, s'il est réalisé, il n'y a plus de retour dans l'océan des renaissances; à Celui qui possède la forme parfaite de l'instructeur, au bienheureux Dakshinamurti, j'offre mon obéissance.
L'Atmabodha (la connaissance de Soi) est un traité d'initiation védantique. Le Vivekachudamani (le diadème du discernement), beaucoup plus long, est l'un de ses exposés les plus profonds. Une très bonne traduction française est disponible aux éditions Jean Maisonneuve: "Le plus beau fleuron de la discrimination". Il y décrit notamment la joie du jivan-mukta, du délivré vivant.
536. Satisfait d'une félicité sans mélange, d'une félicité toujours égale, il n'est ni blessé, ni flatté par les objets des sens ; Il ne ressent à leur égard ni attraction, ni répulsion ; il se divertit sans cesse dans le Soi, et c'est dans le Soi qu'il se complaît.
537. Entouré de ses jouets, l'enfant oublie la faim et la douleur physique. L'Etre de réalisation, affranchi des notions de "moi" et de "mien" prend son seul plaisir dans la Réalité: il connaît le véritable bonheur !
552. Jamais il ne dirige ses organes sensoriels sur leurs objects correspondants ; jamais non plus il ne les en détourne ; il est indifférent au spectacle qui s'offre à sa vue, il n'accorde pas la plus faible attention au résultat de ses oeuvres, car il a bu le pur élixir de la Félicité de l'Atma, et son mental en est à jamais enivré !
L'Aparokshanubhuti (l'expérience directe du Soi), est un court traité sur l'identité du Soi et du Paramatma. L'Upadeshasahasri (le traité des milles enseignements) est un ouvrage pédagogique assez complexe.
c) Shankara est également l'auteur d'un grand nombre d'hymnes dévotionnels, dédiés aux grandes divinités: Ganesha, Bhavani, Anapurna, Lakshmi Ganga, Shiva, Vishnu...
Dans le Shivanandalahari (l'océan de félicité de Shiva), qui est d'une grande beauté, il exprime une immense dévotion envers son Dieu de prédilection.
O Seigneur d'Uma !... Un homme plonge dans un bassin profond, entre dans une forêt inhabitée et inhospitalière, escalade une haute montagne pour cueillir des fleurs: quel fou !... Il ne sait même pas comment vivre heureux, ici même, en t'offrant le lotus de son coeur. Quand pourrai-je vivre sur le mont Kaïlash, dans la salle d'or et d'émeraude, en compagnie de ton escorte, en ta présence, ô Shambhu, et mains jointes sur ma tête, t'appeler: "O Toi partout étendu, ô Toi uni à la Déesse, ô maître, ô suprême Shiva, protège-moi !... " Quand pourrai-je vivre des millions d'années de Brahma, comme s'il ne s'agissait que de secondes?... Ô Mental, qui es comme un cygne, va sur le lac de la méditation dédiée à Shambhu ! va silloner ce réservoir d'éternelle béatitude, rempli par les lotus des coeurs des dieux et des ascètes, qui est calme, clair et pur, émet de doux parfums et purifie des péchés. Pourquoi te fatigues-tu à errer parmi les étangs boueux du service des pauvres ?
merci http://let.it.be.sahaj.over-blog.com
SHRI Shankaracharya (788 - 820)
C'est
au huitième siècle qu'est né Shankaracharya, le plus grand réformateur
philosophique et religieux qu'ai porté la terre de l'Inde. Beaucoup le
considère
comme la réincarnation de Bouddha, il fut un grand réformateur.
Shankaracharya (c'est à dire maître Shankara) est venu combattre les graves
déviations qu'avaient connues l'hindouisme (notamment dans le ritualisme et le
tantrisme) ainsi que le bouddhisme. Celui-ci avait perdu l'essence de son message d'origine et s'était largement répandu en
Inde.
Les maîtres hidoux modernes citent souvent Shankara, le « plus grand fils de l'Inde ». Il a reformulé, de façon sublime, la philosophie des Upanishads et jeté définitivement les bases de l'advaïta vedanta (1), le non-dualisme absolu. Au delà des différents aspects de Dieu et de ses multiples fonctions existe un principe unique: le Brahman, l'énergie divine, substrat de toute la création. Tout n'est que Brahman et notre véritable identité, l'Atman (le Soi) est une avec le Brahman. Afin d'accéder à la Réalisation du Soi, il est nécessaire d'acquérir la connaissance (atma-gnana) ainsi que de renoncer au monde des mots et des formes, qui n'est qu'une illusion (maya). Ce monde n'a pas de dualité, d'oppositions moi-toi, créateur-créature, matière-esprit: seul le Brahman, absolu, existe, et il est le but ultime.
sa vie
Shankara fut la personnification du saint-voyageur, débordant d'énergie et de compassion. Il parcourut inlassablement les routes de l'Inde, afin de répandre la Vérité et de défier l'ignorance. Dans une brève vie de 32 ans, il a rencontré un nombre incalculable de personnes, a débattu, raisonné, argumenté avec les érudits de l'Inde entière. Il est à noter que dans ses biographies, il est difficile de faire la part entre la réalité et la légende. Sa plus ancienne biographie, le Digvijaya, écrit par le grand saint Madhava, remonte au 13ème siècle. C'est dans une des plus belles régions du monde qu'est né Shankara: le Kerala, à Kaladi exactement. Situé dans l'extrême sud-ouest de la péninsule, le Kerala fut dès la plus haute antiquité un lieu de rencontre des cultures asiatiques et occidentales: les marins grecs, romains, chinois et arabes venaient y chercher les épices et le bois précieux. Il choisit de s'incarner dans une famille brahmine, pieuse et instruite. On raconte que ses futurs parents, Shivaguru et Aryamba, qui n'avaient toujours pas de descendance après plusieurs années de mariage, s'en allèrent en pélerinage implorer les grâces du Seigneur Shiva. Une nuit Shiva, satisfait par leur dévotion, leur apparut en songe. Il leur laissa le choix entre un grand nombre d'enfants médiocres assurés d'une longue vie, ou un fils qui vivrait peu de temps, mais qui serait un jour la gloire de l'Inde et du monde entier. Les parents ne sachant que répondre, en acte de dévotion, laissèrent le choix au Dieu.
Shankara est connu pour avoir été un prodige dès son premier âge. Il fut particulièrement précoce dans la connaissance du sanskrit et la mémorisation des shastras, les écritures saintes. Brahmine érudit et pieux, son père Shivaguru fut son premier instructeur. Mais le jeune Shankara perdit son père très jeune et fut envoyé dès cinq ans dans une école védique (gurukula). C'est durant cette période qu'il fit son premier miracle.
Un jour qu'il demandait sa part de nourriture a une maîtresse de maison, selon les règles de l'école, celle-ci se trouva fort embarrassée car elle était très pauvre et n'avait rien a lui offrir. Seul un fruit amalaki restait dans sa cuisine. Ce fruit très précieux et sacré possède de nombreuses qualités curatives. Elle l'offrit à l'enfant avec grande dévotion et sincérité. L'enfant (1- advaïta: non-dualisme vedanta signifie littéralement "la fin du Veda") chanta alors par gratitude un hymne à Shri Lakshmi et une pluie de pièces d'or se déversa alors sur l'humble demeure ! Il sortit de l'école au bout de quelques années, après avoir acquit de solides connaissances dans plusieurs branche du savoir indien traditionnel: Logique (Tarka), Yoga de Patanjali, Sankhya et Purva Mimansa (systèmes philosophiques).
A huit ans notre jeune prodige rentra vivre dans son village natal, auprès de sa mère. Peu de temps après, des ascètes itinérants (sannyasis) vinrent à passer par Kaladi et furent très content de l'accueil qui leur fut fait. L'un d'entre eux consulta l'horoscope de Shankara. Il déclara à Aryamba que l'enfant avait atteint l'âge de quitter le monde, mais que leur hospitalité lui vaudrait de vivre deux fois plus longtemps. Shankara désirait maintenant renoncer au monde, afin de se consacrer à la mission qu'il savait être la sienne. Mais sa mère s'y opposa farouchement. Un jour qu'il se baignait, un crocodile lui attrapa la jambe. Alertée, sa mère accourut sur les lieux du drame. Elle consentit à obtempérer à ses derniers voeux et l'autorisa à prendre le sannyasa. Aussitôt qu'elle lui accorda sa bénédiction, le crocodile lâcha sa prise !
Maintenant dégagé de toute attache familiale, il confia sa mère aux brahmines de l'endroit et lui promit d'être à ses côtés à ses derniers instants. Notre jeune héros se mit donc en marche, à la conquête de l'Inde égarée. Il commença par rechercher un instructeur digne de ce nom. Il marcha de longs mois (il passa par Nasik) avant d'arriver sur les bords du fleuve Narmada. On lui signala à cet endroit la présence d'un maître qui vivait une vie de pur ascète: Govinda Bhagavatpada. Govinda était lui-même le disciple du célèbre Gaudapada, un grand exégète de cette époque. Lorsqu'il lui récita un poème de dix stances (2) sur la conscience absolue en réponse à sa question "Qui es-tu ?", Govinda fut impressionné par la sagesse et la profondeur du jeune aspirant. Il l'accepta immédiatement comme disciple et l'admit dans sa communauté. Shankara prouva rapidement ses qualités hors du commun et devint le premier disciple.
Après quelques années d'études, le maître lui fit comprendre qu'il n'avait plus rien à lui apprendre. Il le pria de se rendre à Varanasi (Bénarès), la ville sainte par excellence. Là-bas Shankara recruta ses premiers disciples, avec lesquels il partit en pèlerinage dans les Himalayas. De retour à Varanasi il rédigea ses premiers commentaires sur les textes de base du Védanta. Ses écrits se répandirent rapidement dans la péninsule. Il enseignait également (il avait alors 16 ans) à un nombre grandissant de disciples. Un jour qu'il enseignait un passage de son commentaire sur les Brahmasutras, un vieux brahmine s'introduisit dans l'auditoire et commença à critiquer vivement son interprétation. Durant quatre jours le vieillard et Shankara polémiquèrent. Padmapada, le plus perspicace des disciples du maître devina que le vieux brahmine n'était autre que le sage Vyasa (3) lui-même, et les pria de cesser leur querelle. Son identité ayant été révélée, Vyasa bénit Shankara, approuva le contenu de son commentaire et lui annonça qu'il prolongeait sa vie d'une autre période de 16 ans.
La plus puissante école orthodoxe du début du huitième siècle était la Purva Mimansa, qui interprétait les Védas dans le sens premier de rituels et de devoirs individuels. Shankara se rendit à Prayag, là où se rejoignent les trois fleuves sacrés (Gange, Yamuna et Saraswati), afin de débattre avec un des grands maîtres mimansa de l'époque: Kumarila Bhatta. Mais l'homme, pour expier deux fautes qu'il avait commises dans le passé et qu'il considérait comme graves, avait décidé de s'immoler sur un bûcher rituel. Quand l'acharya arriva à Prayag, le maître de la mimansa avait déjà allumé le bûcher et lui dit que le processus d'expiation étant commencé il ne pouvait revenir sur son acte. Il lui dit qu'il approuvait ses thèses non dualistes et lui suggéra d'aller rencontrer un autre grand maître mimansa: Mandana Mishra. (2- le Dashaloki, voir 2ème partie ; 3- le célèbre sage qui compila les Védas, et composa le Mahabharata ) Shankara se rendit alors dans le nord du Bihar pour le rencontrer. Il lui fit savoir qu'il était venu ouvrir un débat philosophique. Mandana accepta la joute pour le lendemain. Avant le début du débat, les deux maîtres en fixèrent les règles: le perdant devra embrasser les vues de son opposant et lui demander de l'accepter comme disciple. Bharati, la femme de Mandana, réputé pour l'élégance de son savoir, fut désignée arbitre du débat. Les deux philosophes excellant dans leur système philosophique respectif, le contenu du débat atteignit rapidement un très haut niveau, et devint insaisissable pour les érudits qui assistaient à la joute. Bharati plaça autour du cou des adversaires une guirlande de fleur, arguant qu'un vrai maître reste toujours calme et ne s'échauffe jamais ; celui dont la guirlande se fanerait la première serait déclaré vaincu. Au bout de six jours, Mandana, poussé à bout par les irréfutables exposés de Shankara, commença à perdre du terrain dans la discussion. Peu de temps après, sa guirlande de fleurs se flétrit. Finalement, Mandana dut s'avouer vaincu et, comme il avait été convenu, il demanda l'initiation et se fit sannyasi. Il deviendra un des premiers disciples de Shankara, et sera connu sous le nom de Sureshwara.
Quelques mois plus tard, alors qu'il se trouvait dans le Deccan, Shankara fut averti en rêve que les jours de sa mère étaient comptés et il se rendit à son chevet juste avant qu'elle s'éteignie. Jaloux de sa popularité et de sa renommée, les brahmines de Kaladi refusèrent à Shankara leur concours dans les rites funéraires. Mais il n'hésita pas à construisir lui-même le bûcher dans le jardin familial, transgressant ainsi la règle qui interdit aux sannyasis d'effectuer de telles cérémonies. Peu après il reprit ses tournées conquérantes. Au cours de ses visites des lieux saints et des principaux pèlerinages, il provoquait constamment des débats avec les représentants des autres écoles, qu'elles fussent orthodoxes ou hétérodoxes. Shankara, par son implacable logique, démentait toute argumentation. Loin de combattre les autres systèmes philosophiques, l'advaïta vedanta les éclaire au contraire de l'intérieur et montre qu'une vérité, un principe unique transcende l'ensemble. La dévotion à un Dieu particulier n'est pas une fin en soi. Elle permet de s'élever, de fixer l'attention sur quelque chose de sublime et de divin, mais c'est par la connaissance du Soi que l'on accède au stade ultime. Toute adoration doit conduire finalement à la perception du Réel omniprésent. Shankara entreprit de purifier le rituel tantrique. Il écrivit lui-même un ouvrage de louanges à la Déesse: le Saundarya Lahari, dans lequel il parle des chakras et de la Kundalini. Dans cet ouvrage il montre l'importance de l'abandon (surrender) au divin, en l'occurrence à la Déesse, qui détient tous les pouvoirs.
Adi Shankaracharya a écrit le Vivekachudamani
et tant d'autres livres et traités, mais tous les grands intellectuels
lui sont tombés dessus. Il a préféré oublier ces gens. Alors il a écrit
le Saundarya Lahari,
qui est juste la description de la Mère et de sa dévotion envers Elle ;
chacun de ses couplets est un mantra. A quoi bon acquérir
tout ce savoir si l'on est pas béni par la Déesse ?
Dans
les temples où il y avait encore des
offrandes de boissons alcoolisées et de viande, il exhorta les
desservants à les remplacer par des offrandes de riz, de fleurs et de
laitage. Shankara organisa une réforme religieuse (il créa dix
ordres d'ascètes) afin de lutter contre la décadence des moeurs et
des rites que connaissaient beaucoup de temples à cette époque. Il
préconisa le panchayatana puja,
l'adoration des cinq grandes divinités: Surya, Ganesha, Durga, Vishnu
et Shiva auxquels les officiants doivent rendre conjointement hommage
durant les rites journaliers.
L'acharya et ses disciples entreprirent un voyage au Kashmir. A cette époque, le Kashmir était un véritable nid de philosophes et de religieux aux tendances et aux opinions les plus diverses. Dès son arrivé, il désira rencontrer en joutes régulières les représentants de chaque école. Un groupe adorateurs de la Déesse Kali, après avoir été vaincu dans une argumentation, décida purement et simplement de le supprimer et utilisèrent contre lui la magie noire. Shankara tomba alors gravement malade et son corps se couvrit de plaies. Mais la dévotion de ses disciples et les soins apportés à leur maître vinrent rapidement à bout du mauvais sort. Malgré ces quelques difficultés, partout, le passage de l'acharya suscitait l'enthousiasme populaire. Une légende rapporte qu'à l'intérieur d'un temple dédié à la Déesse Sharada était installé un trône destiné à recevoir l'être qui pourrait prétendre à l'omniscience. Jusqu'ici, aucun lettré kashmirien n'avait réussi à bénéficier de l'approbation verbale de Sharada. La plupart des lettrés qui avaient perdus les débats organisé contre l'acharya doutaient encore qu'il puisse accéder à cette place excessivement honorifique. Mais arrivé au seuil du temple, Shankara eut la joie de voir la Déesse elle-même en ouvrir les portes et l'inviter à monter sur le trône d'omniscience, auprès d'Elle. Shankara se rendit ensuite au mont Kaïlash, la demeure de Shiva. Il en ramena des Shiva lingam, qu'il consacra ensuite dans cinq temples shivaïtes, dont un à Kedarnath. Il dessina et consacra également le Shri Chakra dans de nombreux temples dédiés à la Déesse.
Kedarnath est un haut lieu de pèlerinage, situé près de la source du Gange. C'est là que l'acharya décida de s'unir définitivement au Grand-Soi. Il donna ses dernières instructions à ses disciples : " Je vous béni avec tout mon coeur et souhaite que vous rencontriez le plus grand succès dans toutes vos démarches. Tant que vous vivez, tâchez de répandre mes enseignements afin de continuer le grand travail de réforme du Sanatana Dharma, la Religion Eternelle, qui a été commencée. Et puissiez-vous atteindre l'état de Brahman." Il rentra ensuite en très profond samadhi et se fondit dans le Grand Tout.
Shankara fonda des monastères aux quatre coins de la péninsule: Dwaraka à l'ouest (l'antique cité de Krishna), Badrinath dans les Himalayas, Jaganathpuri en Orissa (est), Shringeri dans le Maïsur (sud-ouest), et Kanchipuram dans le Tamil Nadu (sud-est). Dans ses monastères sont étudiés les textes saints et perpétué la doctrine de l'advaita-vedanta, grâce à la succession de maîtres spirituels (appelés "shankaracharyas"). Ces centres sont encore aujourd'hui très influents.
son oeuvre
a) Les commentaires
L'oeuvre de Shankara se compose de nombreux commentaires (bhashyas) de textes traditionnels: Brahmasutras, Upanishads, Bhagavad-Gita... Rares sont les éditions des Upanishads, en Inde comme dans le reste du monde, qui ne sont présentés avec les commentaires de Shankara. C'est est un pédagogue accompli et un maître intransigeant. Il n'oublie pas même les recommandations d'attitude que l'aspirant doit avoir pour aborder la matière upanishadique. Ses injonctions sont claires et directes.
b) Il a également écrit de nombreux traités advaitins, qui en plus de leur haute valeur philosophique, sont de grandes oeuvres poétiques.
Dans le Bhaja Govindam, il montre la vanité de l'étude intellectuelle: Honore Govinda, Honore Govinda, ô fou. Lorsque le temps du grand départ sera arrivé, les règles de grammaire ne te seront d'aucun secours. Le Dashaloki (les dix strophes), qu'il composa à l'âge de huit ans, est proche du célèbre Nirvanashtakam (Je ne suis ni le mental, ni l'intellect... je suis Shiva, je suis Shiva):
Ni la terre ni l'eau, ni le feu ni l'air, ni l'espace ni les organes des sens ni l'agrégat de tout ceci : toutes ces choses sont incertaines. Ce qui demeure présent dans l'état de sommeil profond, ce qui reste, cet Un, Shiva, je le suis. (...)
Le Dakshinamurti stotra, merveilleux poème en dix strophes, est écrit en l'honneur de la "divinité du sud", représenté par un jeune guru en méditation qui, par son Silence, enseigne aux vieux ascètes qui l'entourent.
A Celui qui voit l'univers comme projetée hors de Lui par l'illusion semblable au sommeil, comme une ville reflétée dans un miroir, à Celui qui perçoit au moment de l'éveil son propre Soi; à Celui qui possède la forme parfaite de l'instructeur, au bienheureux Dakshinamurti, j'offre mon obéissance.
A Celui en qui seule la lumière, nature de l'existence, resplendit, irradiant le monde qui est comme le non-existant; à Celui qui enseigne par l'injonction védique "tu es Cela" ceux qui s'en remettent à Lui; à Celui qui, s'il est réalisé, il n'y a plus de retour dans l'océan des renaissances; à Celui qui possède la forme parfaite de l'instructeur, au bienheureux Dakshinamurti, j'offre mon obéissance.
L'Atmabodha (la connaissance de Soi) est un traité d'initiation védantique. Le Vivekachudamani (le diadème du discernement), beaucoup plus long, est l'un de ses exposés les plus profonds. Une très bonne traduction française est disponible aux éditions Jean Maisonneuve: "Le plus beau fleuron de la discrimination". Il y décrit notamment la joie du jivan-mukta, du délivré vivant.
536. Satisfait d'une félicité sans mélange, d'une félicité toujours égale, il n'est ni blessé, ni flatté par les objets des sens ; Il ne ressent à leur égard ni attraction, ni répulsion ; il se divertit sans cesse dans le Soi, et c'est dans le Soi qu'il se complaît.
537. Entouré de ses jouets, l'enfant oublie la faim et la douleur physique. L'Etre de réalisation, affranchi des notions de "moi" et de "mien" prend son seul plaisir dans la Réalité: il connaît le véritable bonheur !
552. Jamais il ne dirige ses organes sensoriels sur leurs objects correspondants ; jamais non plus il ne les en détourne ; il est indifférent au spectacle qui s'offre à sa vue, il n'accorde pas la plus faible attention au résultat de ses oeuvres, car il a bu le pur élixir de la Félicité de l'Atma, et son mental en est à jamais enivré !
L'Aparokshanubhuti (l'expérience directe du Soi), est un court traité sur l'identité du Soi et du Paramatma. L'Upadeshasahasri (le traité des milles enseignements) est un ouvrage pédagogique assez complexe.
c) Shankara est également l'auteur d'un grand nombre d'hymnes dévotionnels, dédiés aux grandes divinités: Ganesha, Bhavani, Anapurna, Lakshmi Ganga, Shiva, Vishnu...
Dans le Shivanandalahari (l'océan de félicité de Shiva), qui est d'une grande beauté, il exprime une immense dévotion envers son Dieu de prédilection.
O Seigneur d'Uma !... Un homme plonge dans un bassin profond, entre dans une forêt inhabitée et inhospitalière, escalade une haute montagne pour cueillir des fleurs: quel fou !... Il ne sait même pas comment vivre heureux, ici même, en t'offrant le lotus de son coeur. Quand pourrai-je vivre sur le mont Kaïlash, dans la salle d'or et d'émeraude, en compagnie de ton escorte, en ta présence, ô Shambhu, et mains jointes sur ma tête, t'appeler: "O Toi partout étendu, ô Toi uni à la Déesse, ô maître, ô suprême Shiva, protège-moi !... " Quand pourrai-je vivre des millions d'années de Brahma, comme s'il ne s'agissait que de secondes?... Ô Mental, qui es comme un cygne, va sur le lac de la méditation dédiée à Shambhu ! va silloner ce réservoir d'éternelle béatitude, rempli par les lotus des coeurs des dieux et des ascètes, qui est calme, clair et pur, émet de doux parfums et purifie des péchés. Pourquoi te fatigues-tu à errer parmi les étangs boueux du service des pauvres ?
merci http://let.it.be.sahaj.over-blog.com
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