vendredi 16 mai 2014

MERCI au blog "un Océan de Nectar"

QUARANTE QUATRAINS
 
ULLADU NARPADU, cet unique poème didactique composé par le Maharshi , poème dont tant de disciples font des traductions contradictoires, toutes également approuvées par le Maître.

Parmi les traductions qu'ils ont eues à leur disposition, il convient de mentionner celle faite directement de l'original tamoul en français par M.MOUTTAYEN, depuis de longues années disciple du Maharshi et de Shri Aurobindo.

Voici une traduction libre, plus conforme au sens intime de l'original, rendu en bon français, que fidèle mot à mot, en suivant une des versions anglaises

 
1  "Sans l'existence de l'Être, le sens de l'existence
peut-il exister ?
L'Être est hors d'atteinte de la pensée ; il est saisi par le coeur".
Mieux encore : il est le coeur, l'essence intime du coeur.
Concevoir l'Être, ce n'est pas le chercher hors de soi ;
c'est être par le coeur.
"C'est demeurer tel dans le coeur".
 
2  "Les trois principes", dit Râmana Maharshi -
 Jîva, Ishvara, Jagat -
"sont admis par toutes les religions.

Dire qu'un seul Principe devient et reste les Trois ou que les Trois sont trois principes distincts, ces deux affirmations"
- cette dualité de vues en apparence contradictoires -
"subsistent aussi longtemps que subsiste le sentiment du moi distinct.
Celui-ci une fois disparu, toute chose reste dans son état propre,
c'est là l'essentiel."
Car les vues de notre esprit sur le réel ne peuvent influencer en rien ce réel.
 
(Prop.2) "Que ceux qui ont grand'peur de la mort se réfugient aux pieds de l'Être (Ishvara) qui n'est pas soumis à la mort.
Ceux qui sont morts à toute possession exclusive sont éternels.
Comment pourraient-ils consacrer une pensée à la mort ?"
 
3 "Le monde apparaît comme réel ou comme apparent ;
le monde est esprit ou bien ce qui n'est pas esprit : matière ;
le monde est joie ou le contraire : douleur.
A quoi bon relever ces contrastes connus ?
Ne pas laisser le monde vous dominer ; s'examiner, soi, et se connaître ; perdre le sentiment de l'unité ou de la dualité ; s'absorber, soi, dans cet état où il n'y a plus de moi : voilà ce qui supprime toute inquiétude."
 
4 "Si le multiple et l'Un sont deux expressions d'une même réalité fondamentale, " si la forme est (essentiellement) le Moi, alors le monde et Dieu ne sont qu'un."
Et si le Moi est apparent dans la forme, on ne peut dire que
"le Moi est forme", uniquement forme, que la forme est tout et qu'il n'y a rien derrière. Rien ? Et qui donc perçoit la forme ?
"Sans yeux, y a t-il une vision ?
L'oeil est l'UN, l'UN est un oeil sans limite."
 
5 "Les cinq sens sont donc compris dans le mot : corps.
Sans le corps, le monde existerait-il ?
Dépouillé du corps, comment pourrait-on percevoir les corps ?"
 
6 "Le monde est forme (résultat de la perception) des cinq sens ;
il n'est pas différent".
"Ces cinq sens fonctionnent au moyen des cinq organes des sens.
Du moment que le manas " (esprit conscient) "perçoit le monde par le canal des sens , le monde pourrait-il exister sans le manas" -
sans la perception qui, elle, est d'ordre pyschique ?
Mais toute lumière vient de l'UN, elle va de l'UN au manas,
du manas au monde.
Car ce qui, en l'homme , voit, c'est l'Esprit.
 
7 "Quoique le monde et sa connaissance s'élèvent et disparaissent ensemble, c'est par sa connaissance seule que le monde devient apparent. La perfection en laquelle le monde et sa connaissance s'élèvent et disparaissent, et qui brille sans lever ni coucher, seule est la Réalité.
 
8 "Sous quelque nom ou quelque forme qu'on adore l'UN, l'adoration n'est qu'un moyen, une voie qui doit conduire à l'UN.
Mais prendre conscience de ce que l'on est, soi, en soi, à la lumière de la Vérité, se concentrer sur cette conscience de l'UN, s'y absorber, voilà l'essentiel."
 
9 "Les dualités opposées et le trinités " - littéralement : les trois inséparables, ex : connaisseur, connaissance et connu - "sont toujours fondées sur une unité qui les domine. Quelle unité ?

Si, dans son for intérieur, on prend conscience de cette unité, les éléments multiples, deux ou trois, se dissoudront.

Seuls ceux qui ont vu cela ont vu la Vérité ; ils ne se troublent pas."

L'inquiétude est dans le multiple, dans l'impression que les dissonances du multiple sont irréductibles, que le multiple est la seule réalité, que toute affirmation contraire est folie ou illusion. La paix est dans la vision de l'UN prédominant ; l'UN est harmonie ; lui seul mérite le nom de réalité ; le multiple conçu comme seul existant, voilà la grande illusion : Mâya.
 
10 "Indépendamment de l'ignorance, le savoir n'existe pas ; indépendamment du savoir, l'ignorance n'existe pas.
Mais à qui appartient cette ignorance et ce savoir ?
L'intelligence qui cherche cette appartenance et en reconnaît la source, le Moi, est la vraie intelligence".
 
11 "L'Esprit : en lui, il n'y a plus intelligence ou ignorance (humaines).
Ce qui connaît (humainement) ne peut-être l'Esprit véritable".
La réflexion réfléchit, reflète.

Mais, tel le soleil qui fait refléter tout chose sans être, lui, le reflet de rien, car est lui-même lumière et source de lumière, ainsi "le vrai Esprit resplendit - sans que rien, dans sa splendeur, lui soit étranger",
ni réflexion ni objet reflété, car " le Moi, c'est l'Intelligence,
ce n'est pas le vide".
 
12 "L'Esprit, c'est le point où disparaissent intelligence et ignorance.
Celui qui réfléchit n'est pas l'Esprit en soi. Seul l'UN d'où émane la lumière resplendit sans emprunter son éclat à une autre source de lumière. L'homme distingue celui qui connaît et ce qui est connu ; mais l'Intelligence divine ne connait pas le vide", l'abîme qui est censé séparer l'un et l'autre.

Peut-on se représenter une faculté de connaître qui serait sans objets à connaître ? des objets connaissables, sans un Être qui les connaît ?
Car l'UN réunit en soi ces deux éléments polaires, il est Plénitude divine.
 
13 "Seule est vraie la connaissance de l'UN ; la connaissance multiple"
- et tenue pour irréductiblement multiple - "est l'ignorance.
L'ignorant ne se rend-il pas compte qu'il ne saurait exister de connaissance ou même de l'ignorance sans la faculté de connaître ?"
Souvent on dit se connaître. Mais qui donc connaît ce moi aux aspects multiples, sinon la pensée une ?
 
14 "Si la première Personne existe, elle se manifeste sur la seconde et la troisième. Reconnaître la réalité unique de l'UN, c'est enlever au moi et au monde toute réalité séparée, indépendante. Ce qui luira seul alors,
c'est l'UN véritable".
 
Et si l'on transpose ceci sur le terrain du déroulement dans le temps, on constate de même que l'incarnation de l'Esprit-UN crée, en quelque sorte, par le canal du moi, le passé et l'avenir ; mais seul est réel l'instant présent.
 
15 " C'est par rapport à l'action présente qu'existe le passé et l'avenir. Quand l'action passée eut lieu, elle fut présente ; quand l'action future aura lieu, elle sera présente. Donc le présent seul est réel. Si l'on ne se rend pas compte de cela, on s'égare..." Certes, le corps est limité dans le temps et dans l'espace."
 
16 " Mais somme-nous ce corps ? Nous sommes le même, aujourd'hui, jadis et toujours, le même ici, là et partout. Nous sommes, et ceci indépendamment du temps et de l'espace".
 
17 " Le corps est le moi (ou à moi) et, aussi bien pour ceux qui se connaissent que pour ceux qui ne se connaissent pas, le moi semble limité au corps. Mais pour ceux qui, en eux, voient l'Invisible, l'UN resplendit sans limite et, sans lui, le moi ne serait pas."
 
18 "Le monde peut être dit réel aussi bien pour ceux qui n'ont pas d'intelligence que pour ceux qui sont intelligents. Mais pour les premiers, la Vérité se limite au monde sensible. Ce sont les ignorants. Pour les clairvoyants, la Vérité, dépourvue de forme sensible, est la base du monde sensible. Telle est la différence entre eux."
 
19 " Seuls ceux qui ne connaissent pas la base une du destin et du libre-arbitre peuvent discuter la prépondérance de l'un ou de l'autre. Ceux qui savent que l'UN est à l'origine de l'un ou de l'autre ont dépassé l'un et l'autre. Dès lors pourquoi s'en inquièteraient-ils ?"
 
20 " Si l'on oublie l'UN, on pense que Dieu est distinct de la pensée qui L'aperçoit. Celui qui se voit, qui voit le Moi, qui voit l'UN, voit Dieu et se dépouille de la conception du moi séparé. Car l'UN n'est pas autre chose que Dieu".
 
21  "Se voir. - Voir Dieu. - Quel est le sens de ces expressions des diverses Ecritures sacrées ? Qui est celui qui se voit ? "

Et, en sens opposé, en le vidant de tout contenu, "qui pourrait voir le Moi seul ? Comment voir Dieu ?" Il n'y a qu'une issue à cette dualité fatale, il faut, soi, devenir UN, se dissoudre en Dieu.
" Le voir, c'est être absorbé par Lui."
 
22 "L'UN éclaire le manas et sa lumière y brille. Comment concevoir l'Auteur du manas au moyen du manas ?" L'infini au moyen du fini ? Un élément du multiple ne peut embrasser l'UN ; seul l'UN embrasse tout le multiple. La seule voie consiste donc " à identifier le manas à son Auteur".
L'idée d'être séparé du Tout telle est la quintessence du Mal, le Mal en Soi, la cause de toute erreur et de toute souffrance.
 
23 "Ce n'est pas le corps qui se proclame "je". Personne ne soutiendra que même dans le sommeil profond le "je" cesse d'exister. Dès que le "je" émerge, tout le reste émerge. Recherchez avec un mental aiguisé d'où ce "je" émerge.
 
24 " Le corps matériel (jada), dit-il, ne saurait dire : "moi".
La conscience de l'Absolu (Sat-Chit, qui veut dire : pouvoir de conscience de l'immatériel - Chit - et Existence immuable - Sat) non plus.

Mais entre les deux, dans les limites du corps, un "moi" se manifeste. On l'appelle : noeud entre l'immatériel (chit) et le matériel (jada),
lien (jîva), corps subtil - nous dirons : fluide éthérique - "ego, existence présensible (samsâra), manas".
 
25  "En s'attachant à la forme, le moi se crée, se maintient, se développe. Il écarte une forme et en prend une autre. Cherchez-le où il était, il n'est plus là. Sache que c'est là ce diable de moi qui prend forme, mais est (dans son essence) sans forme".
 
26 " Avec le Moi, tout apparaît. Sans le Moi, rien ne peut exister.
Le Moi est le Tout. Chercher ailleurs qu'en soi ce Moi, c'est perdre Tout".
Ainsi chaque moi est une étincelle du Moi, de Dieu, de l'UN.
 
27 " L'état où le moi n'apparaît pas comme distinct est l'état où nous sommes en l'UN, où nous sommes uns avec l'UN. Si l'on ne cherche pas où le moi apparaît, la notion même de perte du moi disparaît. Ni apparition , ni disparition ; alors on demeure dans l'UN, on reste l'UN, on est l'UN".
 
28 "De même que l'on plonge pour retrouver un objet qui est tombé dans l'eau, de même il faut, avec une attention aigüe, en retenant son souffle et sa parole, plonger en soi-même pour y découvrir d'où sort le moi."
 
29 " Ta bouche dit : "Je..." Est-ce là tout ?
Chercher d'où vient la lumière de ce moi, telle est la voie de la sagesse." Quelques-uns disent : "Je ne suis pas ceci, mais je suis cela".
Cette façon de faire peut constituer un auxiliaire pour la recherche de l'âme essentielle, mais " ce n'est pas encore la recherche de l'âme",
une et centrale.
 
30 "Qui suis-je ? - Si le manas cherche à répondre à cette question, il plonge en soi et atteint le fond ultime. Alors le petit moi baisse la tête, pris de honte : tout au fond, Quelqu'un à répondu : Moi.
Mais il ne s'agit pas du petit moi séparé. La réponse est venue de l'Eternel, de l'Universel, de l'Être, de la Vérité en soi."
 
31 " A ceux qui, le petit moi dépassé, sont UN, que reste-t-il de plus à faire ? ils ne reconnaissent plus rien qui serait étranger à l'UN. Comment concevoir, comment définir cette unité qui est plénitude de l'Être ?"
 
32 "Tu es Cela" - disent les Védas. Ce que tu considérais comme multiple est UN ; tu aspirais à l'UN, et voici : tu es UN.

"Celui qui ne cherche pas l'UN, afin de le trouver et d'y demeurer, celui qui, parlant au nom de son petit moi, déclare : je suis ceci, je ne suis pas cela, celui-là manque de courage. Car le Moi l'UN, demeure en tout et partout pareil à lui-même."
 
33 " Je ne me connais pas ; je me suis connu". Pourquoi ?

Pour que le moi devienne "objet", un objet perçu par un "sujet", y a-t-il deux Moi ? Le Moi est unique. Telle est la vérité, elle résulte de l'expérience universelle."
 
34 "Ce qui est le même toujours et pour tous, dit Râmana Maharshi, ce qui est naturel, il faut reconnaître qu'il se trouve au fond du coeur où il a sa place et où on le rencontre et, dès lors, on atteint à l'UN, on est UN. Au lieu de cela, discuter pour savoir si "cela est ou n'est pas", déclarer que "cela est un", ou que "cela est deux", c'est se livrer au vertige de l'illusoire, de Mâyâ."
 
35 " Checher l'Être et demeurer en l'Être, en cela réside l'accomplissement (siddhi). Les autres voies sont des symboles comme les images des rêves. Lorsqu'on se réveille, ils s'évanouissent, on les sait irréels. Ainsi ceux qui se tiennent dans la Vérité. Aucune des fausses vérités de rêve ne peut les inquiéter."
 
36 " Il nous arrive de penser que nous sommes rien de plus que notre corps. A ces moments-là, il vaut mieux que nous ne sommes pas matière, mais que nous participons à l'UN. Toutefois penser n'est qu'un moyen accessoire. A quoi sert de tant penser : "Je suis l'UN" ? Pensons-nous toujours : "Je suis homme" ? Pourtant ceci suffirait, car cette affirmation implique la participation à l'UN."

La solution est et demeure dont : la fusion totale dans l'UN.
 
37 " Au cours de la recherche, c'est la dualité qui domine; mais la réalisation n'est plus dualité, elle est unité. - 

Quand l'homme cherche et qu'il dit s'être trouvé", n'est-ce pas qu'il s'est retrouvé et qu'il était UN et uni à l'UN dès l'origine ?

On croit chercher Dieu hors de soi ; or le fait même de le chercher est d'origine divine. C'est le Dieu vivant au sein de l'homme qui dirige la recherche, à l'insu de celui-ci.
 
38 " Si nous nous considérons comme l'auteur d'une action, nous en subissons les conséquences. Mais si nous cherchons le véritable auteur de l'action et si nous apprenons à distinguer le Moi total derrière l'apparent moi distinct, l'idée d'auteur s'évanouit.

Acteur, acte et réaction distincts disparaissent." On se croyait lié à tout cela. "On s'en trouve libéré."
 
39 " Tant que la pensée : "Je suis lié" subsistera, subsisteront les deux idées antagonistes de lien et de libération. Mais quand on examinera
" qui est lié" et qui lie, on se verra et seule demeurera
la liberté éternelle ; l'idée de lien n'existera plus.
Dès lors comment l'idée de libération pourrait-elle subsister ?
Etant accomplie, elle n'aura plus de raison d'être.
 
40 " La libération finale de l'être sera-t-elle accompagnée par sa forme ou sera-t-elle sans forme ? 
Je vais vous livrer ce secret.


"La libération, c'est l'état où le petit moi qui discute au sujet de la forme perd sa forme ; dès lors il perd aussi les notions de sans-forme et de forme-sans-forme !"

mercredi 7 mai 2014

Les Ateliers Yoga de la Sainte-Baume
ATELIER YOGA 
Dimanche 18 MAI 2014 de 9h30 à 12h30

Les Centres énergétiques
Salle ANTARES à St Maximin
Prière d’apporter coussin et couverture SVP
Le stage est un moment pour apprendre et partager.
Pour le débutant, un stage de Yoga peut être une manière de découvrir cette pratique millénaire.
Pour le confirmé le stage de Yoga est un moment fort de la pratique qui permet véritablement
d'entrer dans la profondeur du souffle et de l'esprit par la pratique d'un yoga traditionnel.

TEL 06.61.19.88.60.


vendredi 2 mai 2014


Merci 3eme Millénaire
« Vous êtes l’Absolue Réalité ici même assis devant moi, en cet instant ! La seule différence entre nous est que je le sais et que vous ne le savez pas. »


Maharaj : Bien que votre être soit l’élé­ment le plus subtil, il a créé le plus grossier : le monde. Considérez la graine de banyan, elle est plus petite qu’une graine de moutarde. Cette graine est minuscule, subtile et, néanmoins, cet arbre immense est déjà à l’intérieur. Votre être égale­ment est très subtile, pourtant il contient l’univers tout entier. Bija signifie seconde création, le passé est à nouveau répété, il y a un banyan concentré dans la petite graine.
• Visiteur : Le « Je suis » est la graine ?
Traditionnellement, « Je suis » est la graine mais, en fait, « Je suis » est syno­nyme de « rien ». C’est du domaine sub­atomique. Simplement « vous êtes » ! C’est une impression mais cela contient tout ce qui nous entoure : l’état Iswara, la manifestation.
Donc, conscient de cette graine qui est « Je suis », il nous faut germer pour de­venir l’Absolu ?
Vous n’êtes conscient d’aucune graine. « Je suis », en soi, est graine, ne le matérialisez pas davantage avec vos mots ! Vous êtes le cœur-même de « Je suis » avant l’expression « Je suis », antara-­Atma. Que contient-il ? Tout cela.
Vous avez dit aussi que ce centre, ce cœur, n’est que lumière.
Le centre est présence à « Je suis ». La lumière est seulement symbolique. Il ne s’agit pas d’une lumière possédant une source comme celle-ci. Il s’agit d’une lumière lumineuse par elle-même. Le pré­tendu « chercheur spirituel » veut attein­dre Brahman. Comment ? Selon les tradi­tions, selon les définitions qu’il a enten­dues.
Brahma est Koh-l-nor, montagne de lu­mière. Koh-l-Nor a la capacité de se manifester en n’importe quelle forme correspondant à vos désirs. Koh-l-Nor est votre conscience. L’univers tout entier est là, vaste, répandu mais vous ramassez une petite miette, un concept et, d’après ce concept, vous voulez recréer le Brahman. Vous voulez modifier ce qui est déjà là pour que cela corresponde à ce que vous avez perçu dans la miette ra­massée !
Et cela nous éloigne encore plus de la vérité ?
Tout est vérité tout est Absolu. Ce Brahman est créé par votre être. Autre­ment dit, ce Brahman est une illusion créée par votre ignorance. Du point de vue de l’Absolu, votre être est totale ignorance.
Encore une fois, c’est à partir de cette ignorance, de ce manque de compréhen­sion de la réalité que se forme cette conscience et cette manifestation s’éten­dant à l’infini. Ignorance mais intrinsèquement Absolu. Sur l’Absolu se pose cet être et l’illusion qu’il engendre acca­pare toute votre attention.
Par quel moyen inverser le processus ?
Reculez. Lorsqu’il doit avancer, le lion regarde en arrière. Faites comme lui, regardez en arrière, remontez vers la source. À partir de cet être, reculez et installez-vous au sein de l’Absolu. Si vous voulez chercher et espérez trouver en demeurant dans le domaine de Brahma, au sein de cette manifestation, vous ne découvrirez que chaos et confusion. Objectivement, vous n’aboutirez nulle part, c’est un cercle vicieux dont on ne peut pas sortir. Mais, lorsque vous abor­dez la compréhension de vous-même, la découverte de ce que vous êtes réelle­ment, tous les désirs se détachent de vous.
Qu’est ce « Je suis » ? « Je suis » est « l’état-étant » maintenu par l’attachement à l’être, la volonté d’être. Si vous demeu­rez calmement dans cette êtreté pendant un certain temps, ce puissant désir d’être, lui aussi, se détache et, quand ce désir n’est plus, vous êtes l’Absolu.
Cela me semble bien triste. Vous savez que l’être est là mais vous vous dirigez vers le non-être.
C’est votre véritable nature ! Restez à ce niveau, le niveau sans agitation. Votre être, votre « Je suis » reculant consciem­ment jusqu’à l’Absolu c’est vous ! Vous n’êtes que là. Il n’existe aucun mouve­ment permettant de l’atteindre. C’est le but, la fin du spectacle !
Pourrez-vous expliquer plus clairement, je ne comprends pas très bien.
Étant dans la conscience, vous comprenez la nature de la conscience, vous reculez et votre progression se poursuit. Comprenez-vous ce que cela veut dire ? Cette conscience lentement s’affaiblit, s’éteint. Elle est sciemment en train de disparaître mais cela ne peut pas vous affecter, vous êtes l’Absolu !
La combustion du bâton d’encens a cessé, la fumée a cessé mais le ciel est toujours là. C’est la même chose au moment de la mort, le souffle vital quitte le corps, le « Je suis » recule, s’efface, c’est le grand moment de l’immortalité.
Regardez la flamme de ce briquet. Le « Je suis » est la flamme et j’observe ses mouvements. Elle s’éteint, le gaz n’arrive plus, le souffle vital quitte le corps, le corps s’affaisse et je l’observe. Ce qui observe c’est vous. Les ignorants sont dans la terreur au moment de la mort, ils luttent mais pas le Jnani, c’est pour lui un moment magnifique, un moment de béatitude.
Traduction Paul Vervisch

mardi 22 avril 2014

    







JEAN KLEIN
Dès que vous vous prenez pour quelqu’un, il y a contraction, il y a localisation, mais quand vous êtes complètement affranchi de l’idée d’être une personne, vous êtes en expansion, vous êtes en méditation permanente.
Si vous essayez de méditer, vous provoquez un état, car il y a intention, anticipation. Vous avez un but, vous visez un résultat. S’il y a intention, il ne peut pas y avoir de lâcher-prise. C’est très clair : aussi longtemps qu’il y a intention, il n’y a pas de lâcher-prise.

Acceptez comme un principe qu’il n’y a rien à atteindre, parce que ce que nous cherchons, nous le sommes déjà. Ce que nous cherchons, c’est notre proximité. Ce que nous cherchons, c’est le chercheur. Quand vous verrez cela, vous sentirez combien chaque pas que vous faites pour vous atteindre, vous éloigne de vous. C’est alors que se produira un lâcher-prise complètement naturel, car il n’y a rien à gagner, rien à perdre. Voyez comment cette compréhension agit sur vous. Vous vous découvrirez, naturellement, tel que vous étiez avant d’être né.

Vous êtes toujours le témoin, aussi n’avez-vous jamais à essayer de l’être. Si vous essayez d’être le témoin, vous objectivez ce que, dans tous les cas, vous êtes. Il n’y a personne pour penser, pour agir, pour souffrir, pour se réjouir. Cela n’existe pas. Il y a joie, il y a action, mais personne pour accomplir quoi que ce soit.

Vous pouvez seulement être votre présence, vous ne pouvez jamais connaître votre présence. Ce n’est que dans votre totale absence que vous pouvez être votre présence. N’en faites pas une formulation intellectuelle ; sentez ce que cela veut dire, vivez aves cela – votre absence.

Quand vous direz « Je ne sais pas », vous verrez que vous êtes ce que vous cherchez. Quand vous traquez le « Je suis » à travers des techniques ou des systèmes, vous l’objectivez. Vous devez réellement voir dans votre vie quotidienne que, quand vous le cherchez, vous vous en éloignez. Quand vous en prenez conscience, il se produit alors un complet lâcher-prise.

Vous pouvez seulement être la vérité, vous ne pouvez jamais connaître la vérité. Cette connaissance se perçoit en l’absence d’un vous-même, quand il n’y a pas d’image ; alors il y a certitude. La vérité apporte sa propre certitude ; elle n’a nul besoin de preuve, elle est sa propre preuve. Tout ce qui se manifeste autour de vous peut susciter le doute, mais ce qui est le plus proche de vous, je veux dire la conscience, ne relève jamais du doute. Tout ce que vous pensez pouvoir chercher relève du déjà connu.

Quand on voit que la personnalité est une illusion, alors tout effort pour la maintenir disparaît, et rien ne demeure qui soit personnel. Ce qui demeure est universel, fluide, sans attaches. Cela apparaît spontanément quand il y a nécessité et disparaît quand il n’y a plus nécessité. C’est un véhicule qui surgit dans votre conscience, il n’y a pas à s’identifier à lui.

Ce que fondamentalement vous êtes ne peut jamais être objectivé parce que vous l’êtes.

Un objet est un fragment ; il apparaît dans votre totalité, dans votre globalité. Quand vous comprenez réellement que le chercheur est le cherché, toute votre énergie se trouve naturellement déchargée d’avoir à trouver quelque chose.

Vous ne pouvez jamais percevoir votre totalité. S’il y a quelqu’un pour percevoir, il n’y a pas totalité. Or, votre totalité est faite de sa propre perception. Aussi est-il clair que votre totalité ne peut jamais être perçue, elle ne peut jamais être un objet. Elle est non-duelle. Il faut qu’il soit bien clair pour l’esprit que ce que vous cherchez est le chercheur lui-même. Quand vous voyez réellement cela avec votre intelligence, votre amour, votre compréhension, il se produit un lâcher-prise naturel à toute production d’énergie. Toute l’énergie vouée à la découverte de quelque chose est ramenée à sa patrie originelle. C’est ce moment d’équilibre que vous devez vivre.

Nous ne pouvons jamais découvrir ce que nous sommes, nous ne pouvons découvrir que ce que nous ne sommes pas, parce que nous sommes, en toutes circonstances, ce que nous sommes. Et pour savoir ce que nous ne sommes pas, nous devons découvrir en quoi consiste ce que nous ne sommes pas : notre corps-pensée.

Il vous suffit de savoir que le corps-pensée apparaît en vous, vit en vous, mais que vous n’êtes pas dans le corps-pensée. Si vous étiez fait de la même étoffe que le corps-pensée, vous ne pourriez jamais être conscient du corps-pensée. Le corps-pensée, sa substance, sont en vous, dans votre conscience, mais vous n’êtes pas dans cette substance. Vous êtes plus que le corps-pensée. C’est pourquoi vous êtes à même de le percevoir. Il suffit d’être conscient de ces moments, qui sont des moments intemporels, avant que le corps-pensée ne s’éveille le matin.

Vous vous percevrez présence avant l’éveil du corps-pensée. Chaque matin, vous créez le corps-pensée, chaque matin vous créez le monde.

Quand vous êtes dans le sommeil profond, où est le monde pour vous ?

Quand vous êtes dans le sommeil profond, le monde n’existe pas pour vous. Le monde apparaît quand le corps-pensée apparaît parce que le corps- pensée appartient au monde. Vous créez votrepropre monde qui apporte sécurité à votre ego, à votre « moi ».

Le corps-pensée n’a pas d’existence en soi. La conscience lui est nécessaire. Vous êtes présence avant que le corps-pensée ne s’éveille le matin. Le corps-pensée est plus ou moins une surimpression sur votre conscience. Que vous soyez ici, que vous cherchiez l’authentique équilibre, la paix, la joie, cela n’existe que parce que vous en avez eu un aperçu, et cet aperçu ne peut venir que du sommeil profond ou d’une perception directe qui appartient aussi à ce non- état de sommeil.

Aussi le corps-pensée n’a-t-il aucune réalité en soi, parce qu’il dépend de la conscience.

Nous mourons chaque soir et nous naissons chaque matin. Et pas seulement là. Nous naissons d’instant en instant.

L’écran demeure, il est là de l’aube au crépuscule, seule changent, sur l’écran, les images.

Accepter, c’est lorsque vous dites : « Je ne sais pas ».

Ce qui vous recherche, c’est vous. C’est la recherche de soi-même, par soi-même.

Ce que vous cherchez, vous l’êtes déjà : vous ne pouvez recevoir cela de moi que comme une information de seconde main. Quand vous en ferez votre point de départ, vous deviendrez conscient de touts les efforts dispensés dans la réalisation de vos buts, de vos désirs, de votre accomplissement. Accepter cette information de seconde main vous conduit à observer l’énergie qui accompagne tout processus de devenir. Quand vous verrez cela, vous ne serez plus le complice de ce processus, de ce gaspillage d’énergie. A un certain moment, vous abandonnerez toute projection, toute convoitise. Ce n’est pas un lâcher-prise volontaire, c’est un lâcher-prise qui se produit de lui-même. Et à ce moment-là, vous êtes libéré de toute action. Ce moment ne renvoie qu’à lui-même. En d’autres termes, poétiquement parlant, vous êtes saisi. Mais vous devez d’abord prendre à votre propre compte que ce que vous cherchez vous l’êtes déjà.

La conscience est. La conscience est vie. Tout ce qui existe, tout ce qui est perçu, sont des expressions, des prolongements de la vie, de la conscience. Mais la conscience est.

Notre vraie nature est ouverture, silence. Elle se manifeste dans la compréhension instantanée que la vérité ne peut jamais être acquise. Tout ce que nous cherchons et trouvons est un objet. Il apparaît clairement que le chercheur est le cherché, que le chercheur est cela même qu’il cherche ; alors toute tentative de trouver quelque chose cesse.

Quand vous voyez réellement que ce que vous cherchez est vous-même et que vous trouvez, au terme de nombreuse années d’investigation diverses, à travers tous les systèmes, toutes les techniques, que vous êtes ce que vous cherchez, il y a alors une révélation fantastique. Parce que, lorsque vous voyez cela, il vous apparaît que toutes ces directions, expériences et techniques ne sont que des objets. Eux, vous les trouvez, mais le sujet, jamais, car le sujet ne peut jamais être objectivé.

Voir cela entraîne un arrêt de cette investigation multidirectionnelle, et tout alors renvoie à ce moment d’arrêt, toute chose ne fait plus référence qu’à elle-même. Vous percevez clairement qu’il n’y a nulle part où aller. C’est une révolution dans votre vie. Tel est le sens du Tao : « le Tao que vous pouvez trouver et nommer n’est pas le Tao ».

Quand vous comprendrez qu’il n’y a rien à trouver, que tout ce que vous pouvez trouver est un objet et une limitation, quand vous saurez que vous êtes cela même que vous cherchez, alors vous saurez que vous êtes un joyau. Toute votre activité changera.

Tout ce que vous pouvez trouver n’a pas d’existence en soi, pas de réalité en soi, car cela n’a aucune autonomie. Il y faut la conscience, il y faut la présence, pour que vous puissiez le connaître. Quand vous voyez cela clairement, il se produit un lâcher-prise. Ne quittez pas ces moments là

Le total lâcher-prise, la détente complète, c’est comme si vous disiez : « Je suis au terme, j’ai regardé partout, je ne sais pas ».

Le monde se limite à notre environnement le plus proche; votre corps, vos sensations existent seulement lorsqu'ils sont pensés. Ils n'ont aucune réalité propre, en dehors de l'ultime sujet, le "je", et comme ils proviennent de lui et s'achèvent en lui, ils ne sont pas d'une nature différente de ce "je" conscience.

Tout ce que vous pensez, ressentez, accomplissez est passager ; la sensation d’être est leur support, elle est permanente. Laissez-vous inviter le plus souvent possible par le pressentiment, le souvenir de cette sensation, et plongez-y de plus en plus jusqu’à ce que la réalité vous emporte.

Le monde existe parce que vous existez, mais vous n’êtes pas le monde. Les objets de la conscience, noms et formes, représentent l’univers ; la réalité, qui est tout silence, est au-delà. Vous mettez l’accent sur le nom et la forme et ainsi la vérité vous échappe. Nous ne sommes rien en dehors de la conscience : l’univers, vous et moi y apparaissons.

La conscience est toujours là, dans la présence ou l’absence de la pensée, et rien n’est en dehors d’elle ; tout apparaît en elle, y compris la mémoire, sans qu’elle en soit affectée. Nous pouvons donc dire que la mémoire n’est qu’une idée qui nous a traversé l’esprit à l’instant même : le présent, le passé, le futur se situent « maintenant ».

Le sel n’a pas besoin d’être salé pour être sel, il est salé. Le sucre est sucré naturellement. Le Soi se connaît lui-même par lui-même directement, sans passer par aucun intermédiaire. Vous ne pouvez sentir l’encens qui brûle, voir la feuille d’une plante sans l’organe sensoriel correspondant, mais le contenant se sait pendant que le contenu sous tous ses aspects se manifeste. L’eau n’est pas affectée par les poissons qui s’y ébattent, elle reste toujours de l’eau.

Rien n’existe à l’extérieur de vous, tout est inscrit en vous. Ce que vous voyez, ce que vous faites est une création de l’instant même. La mémoire seule y ajoute une continuité, c’est elle qui précise que vous étiez ici hier ou avant-hier.

Soyez sans relâche le témoin de vos activités, la vigilance clarifie le mental et vous situera tôt ou tard sciemment au-delà de lui.

Soyez lucide et renoncez à ce que vous n’êtes pas.

L’univers dont vous êtes la source obéit à sa propre loi, selon sa propre ordonnance. Ne cherchez pas les causes de ce que vous croyez être ; c’est une dépense d’énergies complètement vaine. Ce que vous êtes foncièrement est au-delà de toute cause et de tout perfectionnement. Se croire l’auteur de ses actes a sa racine dans l’illusion d’un moi et de ses propriétés.

Vous devez fréquemment, et aussi souvent que l’occasion s’en présente, vous tourner vers ce qui est à l’arrière-plan. Votre attention se perd constamment dans les objets et les idées, et le sen d’être vous échappe entièrement. Devenez spectateur du courant de votre vie, de vos motifs, de vos actions et de leurs résultats.

Souvenez-vous, aussi souvent que l'occasion s'en présente, que dans une expérience objective vous êtes l'ultime connaisseur, en dehors de tout espace-temps.

Nous ne pouvons changer la Société ou notre environnement qu'en changeant nous-mêmes.

L'objet n'a pas de réalité, c'est nous seuls qui lui en créons une. C'est notre mental qui crée l'objet.Sans mental, il n'y a pas d'objets, il n'y a que Conscience.Donc, ce que nous appelons le monde, la maladie, la souffrance, etc.,est uniquement une projection mentale, pas autre chose.

Comment la Conscience pourrait-elle être témoin de changement d'états, tels que la jeunesse, la maturité et la vieillesse, ou le sommeil, la veille et le rêve, et comment pourrait-elle les constater si elle n'était hors du changement?

Le"Percipient" est donc d'une tout autre nature que ce qui est perçu.

Vous vous êtes incarnés pour vous connaître,rien d'autre.

Si vous vous souvenez de votre enfance ou de votre adolescence, c'est que "Celui" qui connaissait ces différents états est toujours présent et identique à lui-même.

Le monde et ses objets ne sont rien d'autre que sensorialité.C'est par l'intermédiaire du mental et de ses agents, les sens, que le monde nous apparaît.Et lorsqu'on admet, non seulement que le mental et les sens sont des objets perçus, mais encore qu'ils sont en continuel changement, il nous devient évident qu'ils ne contiennent pas notre véritable nature.

Nous sommes le Témoin de l'incessant mouvement des choses de ce monde, Témoin qui est soustrait au devenir, qui est étranger à l'Espace et au Temps, et qui ne connaît ni naissance ni mort.

Il ne s'agit là nullement d'une croyance ou d'une foi mais d'une expérience, d'un vécu qui dépasse toute spéculation intellectuelle et qui nous reconduit à la liberté inconditionnée et à la joie pure de l'être.
Merci au blog "etre et conscience"

mercredi 9 avril 2014

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Le Yoga intégral :

Le Yoga de la perfection personnelle commence avec la méthode du Védanta et aboutit à l’objectif du Tantra. En effet, dans le Védanta, l’âme et l’esprit sont de la plus grande importance, alors que dans le Tantra, c’est Shakti, la Nature, qui tient la première place. Dans le Védanta, Shakti est ignorée et dans le Tantra, l’âme, Purusha, est secondaire.

Le développement yoguique débute avec l’âme qui se tourne vers la Nature et culmine avec la spiritualisation des ses pouvoirs. La Shakti est élevée et utilisée par l’être centré sur son âme. Les centres de conscience sont gardés ouverts à l’action de Mahashakti. Ceux qui sont prêts ou sont les plus réceptifs s’ouvrent d’abord et le mouvement s’étend à partir d’eux. Le Yoga de la perfection personnelle commence avec la méthode du Védanta et aboutit à l’objectif du Tantra. En effet, dans le Védanta, l’âme et l’esprit sont de la plus grande importance, alors que dans le Tantra, c’est Shakti, la Nature, qui tient la première place. Dans le Védanta, Shakti est ignorée et dans le Tantra, l’âme, Purusha, est secondaire. Le développement yoguique débute avec l’âme qui se tourne vers la Nature et culmine avec la spiritualisation des ses pouvoirs. La Shakti est élevée et utilisée par l’être centré sur son âme. Les centres de conscience sont gardés ouverts à l’action de Mahashakti. Ceux qui sont prêts ou sont les plus réceptifs s’ouvrent d’abord et le mouvement s’étend à partir d’eux. Dans le Yoga, la réalisation individuelle est la base de la divinité à l’intérieur du cosmos et, par elle, se fait l’unité spontanée avec tous les êtres. Cette triple réalisation mène à la participation de l’aide divine à l’accomplissement de l’humanité.

Le Yoga ne rejette pas la Nature ou ne demande pas le retrait de la vie dans le monde. Il tend vers la maîtrise des pouvoirs de la Nature pour en transformer la destination. Il accepte la vie pour en transformer le caractère. Il reconnaît que la vie, telle qu’elle est vécue, est rudimentaire, imparfaite et artificielle. Il aide à trouver le centre véritable de vie et, à partir de lui, à changer de direction et de manière de vivre. En d’autres mots, il veut spiritualiser et diviniser la vie. L’action est une loi de la nature. Elle n’est pas toujours physique. Elle peut être d’ordre psychologique, intellectuel ou vital (c’est-à-dire en relation avec les énergies de la vie). Il y a un courant constant d’énergies dans toutes ses formes. Et ce courant, selon une autre loi de la nature, produit son propre karma. Chaque action entraîne une réaction et la somme des réactions ainsi produites crée un asservissement. Ainsi, toute action peut devenir un moyen d’asservissement.

En général, l’action est accomplie par une motivation, celle de l’ego, c’est le désir. La projection du désir peut être personnelle ou plus large, par exemple lorsqu’il est en rapport avec la société, la nation etc. C’est la motivation qui est la cause réelle du karma. Lorsque l’action est effectuée sans désir, lorsqu’elle est gouvernée par le sens du devoir sans qu’il y ait de choix personnel, alors la situation devient différente. L’aspirant apprend à abandonner ses motivations ordinaires et travaille avec un esprit de consécration au Divin. Il considère chaque action comme un sacrifice et l’accomplit dans l’esprit d’offrir ses énergies au Maître de l’action. Ainsi réalisée, l’action n’est pas altérée par les éléments de l’ego et du désir. Et le chercheur devient un instrument adapté au rayonnement de la conscience divine. Un autre point important est la purification des sentiments inférieurs, des émotions, des pulsions et des activités. On demande à l’aspirant de ne pas s’appesantir sur le côté négatif des choses, mais de s’attacher à leur côté positif qui l’emportera rapidement. L’être psychique est l’élément divin dans l’homme. Il est aussi la source de ses potentialités divines, par exemple les qualités et les pouvoirs de nature divine que représentent l’harmonie, la paix, la compassion, la bienveillance, l’amour, la dévotion et le désintéressement. C’est dans la mesure où l’aspirant puise à cette source et s’ouvre à son influence que sa nature est purifiée. En général, le Purusha psychique se tient en retrait du voile épais de la nature ignorante et multiple, il ne peut agir qu’indirectement à ses meilleurs moments, par exemple quand on se sent pur, pacifié, généreux, aimant, amical envers tout le monde etc. C’est le premier pas dans le Yoga intégral : s’éveiller à la présence de l’être psychique intérieur et ouvrir le passage à l’action directe en épurant la nature des éléments inférieurs et en laissant se manifester les éléments supérieurs menant au Divin.


Le fruit de la réalisation psychique est l’amour, l’amour total pour Dieu. L’apogée de cet amour est l’identité avec le Bien-Aimé qui conduit à une connaissance intime de Son Existence. Et l’union de cet amour avec cette connaissance nous poussent à des actes de service variés, comme signe d’adoration de Sa présence. La méditation est l’art de se mettre en harmonie avec un état d’être supérieur. Elle est l’art d’amener la conscience supérieure à agir en nous. L’aspirant suspend les

mouvements de son esprit tournés vers l’extérieur et les oriente dans la direction de son objectif spirituel. On distingue différents types de méditation. Premièrement, l’objet de la méditation peut être une idée, une forme, un son. L’esprit se concentre sur son choix, jusqu’à ce qu’il en soit imprégné et devienne un avec lui. Deuxièmement, l’esprit se concentre sur un objet unique. Il n’est pas autorisé à se déplacer. Le résultat de cette concentration est que l’objet offre à l’aspirant la connaissance de son contenu. Une autre façon de méditer consiste à se comporter comme un témoin et à simplement regarder les scènes et les pensées qui passent sur l’écran de l’esprit. Ne pas participer, observer seulement leur signification. C’est la méditation de l’observation sur soi. Enfin, traiter les pensées comme des éléments étrangers et refuser de les laisser pénétrer dans l’esprit est une autre méthode. Cela mène à une vacuité graduelle de l’esprit. C’est la méditation de la libération — elle aide l’esprit à sortir de son assujettissement aux vagues de pensées. Graduellement une sorte de division de la conscience se produit : la partie extérieure s’occupe de la routine matérielle tandis que la partie la plus importante se rassemble dans un nouvel équilibre. Parfois, il y a un glissement involontaire vers le sommeil pendant la méditation. C’est une réaction de la conscience physique à la pression de l’esprit qui s’intériorise. La seule réponse connue du corps est de se réfugier dans l’état de sommeil. Voilà pourquoi il arrive que l’on s’endorme. Il est bon de maintenir une continuité de la conscience. Conserver et assimiler tout ce que la conscience a développé et utilise de meilleure façon pour construire un futur significatif. Ainsi, toutes les réalisations spirituelles passées contribuent au progrès de l’esprit humain et à la transformation de la vie.

Swami Veetamohananda

vendredi 4 avril 2014

Aperçus sur le prânâyâma
Yoga, chacun le sait, veut dire « union ». On entend en général par là l’union de l’être humain avec l’Universel (laquelle, soit dit en passant, ne serait nullement possible si elle n’était déjà potentiellement réalisée). Mais, dans les yogas tantriques dont fait partie originellement le hatha-yoga, l’union qui est aussi visée est celle de la Conscience (Shiva) et de l’Energie (Shakti). Ce terme et cette notion d’énergie parlent beaucoup à nos contemporains. Partout, sur tous les plans, il n’est question que d’éveiller, développer, accroître, intensifier l’énergie. Il y a parfois quelque chose de naïf, de stupide, et parfois aussi de dangereux, de terrifiant (si l’on songe aux applications économiques ou militaires) dans cette quête effrénée de « toujours plus » d’énergie, de puissance, comme si la Shakti était d’ordre matériel et quantitatif. Les sages de l’Inde, même tantriques, n’ont cessé en effet de nous mettre en garde contre une recherche de l’énergie pour elle-même, sans l’éclairage, sans l’accompagnement lucide de la Conscience témoin. Mais c’est ainsi : l’être humain est avide de phénomènes et le chemin de l’Energie, flamboyant et fertile en sensations, exerce une séduction beaucoup plus vive que celui, aride et abrupt, de la Conscience pure.
La première erreur est que l’on confond souvent l’Energie et ses manifestations. Par exemple, le souffle, la sexualité, la pensée, la parole sont des manifestations de l’Energie mais ne sont pas l’Energie elle-même. S’attarder sur l’une ou sur l’autre de ces manifestations revient à confondre le flot avec la source, la forme avec le fond, le doigt qui montre la lune avec la lune elle-même. Tant que vous travaillez tel ou tel de ces aspects, vous obtenez sans doute des « expériences », vous gagnez même éventuellement des « pouvoirs », mais vous ne sortez jamais du cercle de l’ego, du désir, du vouloir individuel, vous restez dans le devenir, le samsâra… Tout autre chose est la plénitude d’énergie qui se dégage spontanément de la réalisation de l’Etre, sans l’intervention d’aucune méthode, sans manipulation de l’ego.
Précisons encore la notion d’énergie. Les taoïstes chinois ont fait dans ce domaine des distinctions aussi subtiles qu’utiles. Ils reconnaissent d’abord l’énergie naturelle que chaque individu possède et qui est fournie essentiellement par l’alimentation et la respiration. Puis vient l’énergie transformée par une pratique. Elle est de deux ordres : en premier l’énergie transformée extérieure, c’est-à-dire l’énergie naturelle modifiée, renforcée par l’effort volontaire et musculaire et par l’entraînement ; cette sorte d’énergie est considérée comme inférieure, profane, non fondamentale en tout cas dans une recherche d’Eveil. Mais il existe aussi une énergie transformée intérieure qui se développe, s’affine par une pratique initiatique (comme le Tai-ji en Chine ou le hatha-yoga en Inde). Pourtant même cette énergie subtile (jin) n’est pas encore la source, elle n’en est que la manifestation. La véritable source, c’est le « souffle intérieur » (qi), qui est en mouvement avant la naissance et peut être retrouvé par la pratique notamment respiratoire. Mais là encore prenons garde : il ne s’agit pas de la respiration physiologique constituée par l’alternance de l’inspir et de l’expir et qui s’est mise en mouvement dès la naissance. Le véritable souffle est interne : on dit encore « embryonnaire » ou « prénatal ». Chez la plupart d’entre nous, il n’est pas conscient. Il peut le devenir.
Dans la pratique indienne de même, tout prânâyâma commence par la conscience, la prise de conscience. Mais conscience ne signifie pas forcément contrôle. Car les gens obsédés de contrôle ne s’interrogent pas assez sur le contrôleur. Qui contrôle quoi ? Comment l’ego – qui est par nature limité, dysharmonieux – pourrait-il espérer amener un ordre, une harmonie dans le corps et le mental ? Ceux qui poursuivent avec acharnement ces méthodes ne voient pas qu’ils tournent en rond, qu’ils ne font au mieux qu’élargir leur prison. Que vous soyez capable de retenir votre souffle vingt secondes ou vingt minutes ne change pas grand-chose : de toute façon vous atteindrez toujours une limite, qui est celle soit de l’espèce, soit de votre incarnation actuelle.
Est-ce à dire qu’il ne faut rien faire ? Je suggère d’abord de se laisser respirer. Je sais : cette expression, souvent employée dans les cours de yoga, est devenue un cliché. Il n’empêche qu’elle recèle un sens profond. Ne pensez jamais, lorsque vous expirez, que vous « chassez » l’air : pensez plutôt (ou plutôt faites-le sans penser) que vous le donnez, que vous l’offrez. De même, n’associez jamais l’inspiration à un « prendre » : recevez, accueillez, acceptez ce qui vient. Ne laissez jamais intervenir la volonté dans les intervalles, abandonnez l’idée et jusqu’au mot de « rétention » (quelle avarice de vouloir retenir !). Le souffle s’interrompt, se suspend : très bien, observez, contemplez, savourez cette absence, sans projection, sans anticipation. Le souffle reviendra quand il voudra, il vous quittera quand il voudra. Ou encore inversez la perception ordinaire, imaginez que vous êtes le souffle et non pas celui qui reçoit et évacue le souffle. Prenez le point de vue du souffle. Vous allez, à l’inspir, envahir ce corps, ces poumons que vous aviez la mauvaise habitude d’appeler vôtres : quelle exploration fabuleuse ! Vous allez, à l’expir, pénétrer, envahir cet espace paraît-il extérieur, allez loin, aussi loin que votre esprit peut aller, que votre souffle-esprit devienne l’oie migratrice, traversez le ciel, diffusez-vous à l’infini.
Quand vous aurez expérimenté cela, il se peut que les « exercices » traditionnels de prânâyâma, les kapâlabhâti et les bhastrikâ auxquels vous vous shootiez, perdent beaucoup de leur attrait. Peut-être mais peut-être pas. Je ne veux rien préjuger. Il se peut au contraire que vous les redécouvriez avec une nouvelle fraîcheur et que les jeux retrouvés de l’Energie vous plongent, à vous en couper le souffle, dans la Joie véritable.
Pierre Feuga