vendredi 1 juin 2012

FRANCIS LUCILLE - L' INSTRUCTEUR


Vous avez souligné qu'il n'est pas souhaitable de traiter la question « Qui suis-je ? » trop légèrement. Il est des personnes qui consacrent leur vie tout entière à cette question, ou à l'un de ses aspects particuliers. Par exemple, sous la forme « Qu'est-ce que le vrai ? », on peut consacrer sa vie à la philosophie ; sous la forme « Qu'est-ce que l'univers ? », à la physique ; sous la forme « Qu'est-ce que la personne ? », à la psychologie. Est-ce que l'une quelconque de ces approches, poussée jusqu'à sa fin naturelle, constitue une voie d'accès vers notre nature réelle ?

Ces voies de recherche ne conduisent le chercheur nulle part.
Au mieux, elles l'amènent à la compréhension qu'il avançait dans une impasse, ce qui constitue déjà un acquis non négligeable.
La véritable question « Qui suis-je ? » exige un haut degré de maturité, faute de quoi la recherche n'est pas authentique, étant polluée par les désirs et les fausses notions de l'ego. Si un physicien de talent interroge l'univers, mais si sa recherche est motivée par le désir d'obtenir le prix Nobel, il fera peut-être des découvertes intéressantes dans son domaine, mais la vérité dont il est question ici lui demeurera inaccessible tant que son désir n'aura pas été purifié de toute ambition personnelle.
La maturité survient quand un chercheur sérieux et sincère arrive à un total « je ne sais pas ». Lorsqu'il atteint ce niveau de maturité, il rencontre en général un instructeur qui va l'aider sur la voie vers la réponse ultime. Il peut rencontrer son maître à un stade antérieur, mais l'obtention d'un tel degré de maturité va en quelque sorte forcer cette rencontre. La présence de l'instructeur permet à l'aspirant de briser le cercle vicieux qui résultait du fait que l'ego ne peut de lui-même se libérer de l'ego. L'apparition du maître est pour le chercheur l'incarnation de la grâce dans un corps humain. Dans la présence lumineuse de l'enseignant, issue d'une expérience impalpable, d'un non-événement, la haute intelligence prend naissance.

Une rencontre avec un instructeur est-elle nécessaire à la réalisation du soi ?

Je suppose que par ce terme vous entendez une rencontre avec un maître vivant ?

Oui, sur le plan phénoménal.

En principe, non, mais en pratique, dans la plupart des cas, oui.
En principe, non, puisque le véritable maître n'est pas une personne, mais le soi unique, la réalité ultime ; ce n'est ni un corps ni un psychisme.
En pratique, oui, parce que toutes les entreprises de la personne en vue de se libérer, de méditer, etc., sont viciées au départ par l'intention égoïque. L'ego ne peut pas éliminer l'ego.
Même si un être a déjà une intuition de la vérité et devient un chercheur sérieux quand l'insatisfaction des objets usuels du désir prend naissance en lui, un contact vivant avec un maître est nécessaire dans la plupart des cas.
Lors de ce contact, l'instructeur amène l'aspirant à un état de non-savoir où le mental a abandonné la recherche. Ce n'est que dans cette ouverture totale que l'enseignement réel peut commencer, et le début de l'enseignement, dans le silence du cœur, est aussi sa fin.

mercredi 30 mai 2012


Père Henri Le Saux (1910-1973)


Le Père Le Saux est breton d'origine,,..
Il est né à Saint- Briac un petit village d'Ille et Vilaine dans une famille de 8 enfants...
Il fait des études brillantes au Petit puis au Grand Séminaire de Rennes...
on lui propose de continuer à étudier la Théologie à Rome...mais il préfère devenir moine  à l'Abbaye Bénédictine de Kergonan où il entre à 19 ans et est ordonné en 1935...
Il se passionne alors pour la liturgie et le chant grégorien...

Très tôt il s'intéresse à la spiritualité de l'Inde...notamment au travers d'un article de revue qui le met au courant de l'oeuvre de l'abbé Montchanin...  prêtre du diocèse de Lyon qui a fondé en Inde un" ashram "dont le but est de mieux incarner le message chrétien dans les modes de vie, de prières et de contemplations propres à la civilisation indienne...
Il va donc... avec l'autorisation de sa hiérarchie ...apprendre le Tamoul, se perfectionner en anglais, correspondre avec des personnalités religieuses vivant en Inde...et préparer ainsi l'accomplissement de son souhait le plus profond..." collaborer à l'établissement d'une vie monastique chrétienne  bénédictine " dans ce pays...

Il débarque dans ce pays le 15 août 1948...
...  et avec Jules Montchanin il fonde l'ashram du Shantivanam aux environs de Tiruchirapali...
Les deux prêtres commencent à adapter la liturgie...à vivre à l'indienne en portant la robe des moines sannyâsa ( moines errants) et en prenant même des noms indiens...ainsi le Père Le Saux sera -t-il désormais appelé Swami Abhishikteshvarânanda qui sera abrégé plus tard en Abhishiktânanda " Félicité de l'Oint"...

Prise de contact

Henri Le Saux va approfondir progressivement son intériorité...
Il ressent avec de plus en plus de certitude que le plus souvent une partie de l'être n'est pas concernée par la prière officielle de l'Eglise...
or cette partie de l'être non atteinte est la plus divine...donc la plus fondamentale...
la seule finalement essentielle...
Trop souvent nombre de chrétiens réduisent le christianisme à une morale, à une pratique extérieure, à une croyance au seul niveau intellectuel ...qui n'engage pas l'être dans sa totalité...
alors le fond, le Vrai, risque ainsi de ne pas  être découvert...

Pour Henri Le Saux la rencontre avec deux sages: Ramana Maharshi et Gnânânanda   sera décisive...
Ce fut le père Montchanin qui le conduisit auprès de Maharshi six mois après son arrivé en Inde ...
Après le repas pris avec le Sage... puis le soir lors de la récitation des chants védiques il fut séduit par la Psalmodie... et capable alors de saisir l'"auréole intime "qui émanait du sage...tandis que des harmonies inconnues s'éveillaient dans son coeur"...
A toutes les questions le Sage ne faissait que répéter inlassablement: "...il n'y a qu'une chose à faire...regardez au fond de vous ...et si vous le faites comme il faut ...vous trouverez la réponse à vos problèmes..."

Plus tard ce fut sur les conseils du Sage la découverte d'Arunâchala...la montagne de lumière !... à 150km au SW de Madras..
ses grottes...le mystère de cette montagne dénudée dédiée à Shiva  l'inviteront à de multiples retraites...à une redécouverte de la Nature...et de la voie de l'ascèse..
il finira par s'y installer pour de longs séjours...entrecoupés de voyages et de conférences...

" Ô mon Aimé, pourquoi T'esTu caché sous les traits de Shiva et d'Arunâchala...de Ramana le Rishi...pour me donner Ta Grâce...
Est-ce là Ton jeu divin?
Tu prends toutes les formes
et Tu teTe joue de nous
car Tu veux qu'on Te cherche...
au-delà de toutes formes !
Car il n'est pas de forme au monde qui ne soit Tienne
qui ne Te cache à l'ignorant
et qui ne Te révèle à celui qui sait !"

Souvent Henri Le Saux comparera Arunâchala à une aurore: " les oiseaux chantent déjà et mon coeur déjà chante...d'attendre avec joie l'apparition du disque merveilleux"
Ainsi la montagne deviendra son gourou et l'initiera de l'intérieur...
" Arunachala, guru impitoyable
qui me sevras de tout
ce que j'aimais jusque là
de tout
ce que je savourais jusque-là
de tout
sur quoi je m'appuyais jusque-là
les choses de ce monde
comme les choses de l'autre
et me laissais suspendu
libre et nu
dans l'esseulement du Kévala ( nudité de l'acte d'être)
en plein milieu du gouffre
au sein du fond
Ton coeur, ô Arunâchala !"

il écrira dans son journal intime:
" J'étais venu en Inde pour Te faire connaître à mes frères hindous, et c'est Toi Jésus qui T'es fait connaître à moi ici par leur entremise, sous les traits boulversants d'Arunâchala !"

Gnânânanda

Plus tard quand il se rend à l'ashran de Gnânânanda il a déjà reçu la " grâce de l'Inde" ..il est devenu conscient des conditionnements qu'il porte et se manifestent dans l'hérédité, la culture, le langage...et même dans les "noeuds du coeur"
Gnânânanda est un sage du pays Tamoul...la rencontre est fulgurante...cet " homme aux jambes courtes et à la barbe hirsute, vaguement couvert d'un pagne" se révèle à lui comme le prototype du guru...
Rencontre décisive dans la vie d'un homme... rencontre au delà des sphères des sens et du mental...rencontre dans la fine pointe de l'âme...

"Ce que dit le guru jaillit du coeur même du disciple ce n'est pas un autre qui parle...ce n'est pas l'accueil en esprit de pensées qui viendraient d'ailleurs et seraient transmises par le truchement des sens...
Quand les vibrations de la voix du Maître parviennent à l'oreille du disciple, quand son regard perce le sien... c'est du dedans même de soi... de l'espace enfin découvert de son propre coeur qu'éclosent les pensées qui se révèlent à lui même..
Qu'importent alors les mots dont use le guru...toute leur puissance est en leur résonnance intérieure...
en le voyant et en l'entendant c'est l'épiphanie de soi que l'on atteint,...en ce fond de soi où chacun aspire essentiellement même quand il l'ignore...
Le vrai guru est au dedans...
celui qui sans bruit de mots fait entendre à l'âme attentive le : "Tu es cela... TAT-VAM-ASI... des Rishis védiques...

" alors le disciple peut dire au Maître:
Tu nous as fait  passer sur l'autre rive
au-delà du non savoir..."
De cette rencontre boulversante date la détermination du moine bénédictin d'expérimenter par lui même l'advaïta ( la non dualité)...
il décide alors d'aller passer de longues périodes de Silence et de Solitude au désert... en fait dans une grotte d'Arunâchala demeurée libre à la suite de la mort d'un vieux sâddhu...
Son journal rend compte de sa plongée dans le silence, la solitude ,et la pauvreté jusque là pratiquées en dilettante...

Sa sensibilité devant la nature va alors s'exacerber...
Il aime a chanter les psaumes ou les hymnes au crépuscules ou au lever de l'astre divin...
peu à peu son besoin de chanter s'efface  au profit d'un recueillement plus dense qui lui permet de découvrir "l'hymne intime du silence...celui qui soutend tout chant que chantent les hommes, tout chant que chante la création... l'hymne essentiel que nul chant que profèrent les lèvres n'arrivera jamais à formuler..."

Plusieurs visiteurs viennent le rencontrer dans ses moments les plus désespérés..
.et comme il s'en étonne ...on lui répondra que le Soi appelle le Soi...
le hasard n'existe pas...et quand l'âme appelle...une autre est là qui entend...

Tel est ce diciple da Maharshi :Harilal ,qui viendra le pousser à un dépouillement encore plus grand encore...
et visitant sa grotte et les livres qui y sont encore il lui dit:

"- A quoi bon tout celà ?
ces livres,...tout ce temps perdu à apprendre les langues...
en quelle langue s'entretient-on avec l'âtman ?...

Maintenant je ne lis plus ou si peu que c'est tout comme...Pas même la Gîta dont les versets me chantaient constamment dans le coeur...
Pas d'avantage je médite...l'âtman n'a rien à voir avec la méditation...
ni avec la Japa ( la répétition du nom de Dieu)
ni avec les Mantras ( litanies) ...et autres prières...
tout cela on les pratique quand on est encore enfant...on en a besoin alors...
mais tout celà est un jeu...
le jeu de la lilâ ( jeu divin)...

Cessez vos prières...cessez vos rites,...cessez vos contemplations sur ceci ou cela...
réalisez seulement que vous êtes...TAT TVAM ASI...Tu es Cela.!..
Il n'y a nulle part de différence !..
il n'y a que l'âtman...
Dieu est l'âtman...Le Soi de tout ce qui est...
le Soi seul existe...."



Ecartèlement...

Mais Le Saux demeure viscéralement chrétien en ses racines...sa formation est celle d'un occidental...il devra souffrir ce constant écartèlement...
Il en sera de même pour le père Montchanin  parti en Inde pour se faire hindou parmis les hindous...martelant son corps...burinant son esprit sous les meules du sanskrit, du Tamoul, du Védanta...
tout cela pour se découvrir... et s'avouer plus grec que jamais...
fin de ce qui fût pour lui une illusion...
il s'interdira  alors d'écrire et de publier...

Henri Le Saux lui était venu apporter un enseignement...c'est lui qui reçoit une Connaissance Nouvelle...

Dès 1957 il est seul...
le Père Montchanin est parti rejoindre le Père
lui poursuit sa route et se fait citoyen indien en 1960

Il poursuit sa démarche...publications...retraites... voyages...conférences... c'est un ermite mondain... mais seulement de l'extérieur ...
car l'intérieur est profondément souffrance...
son journal en est seul le témoin...mais c'est une vrai nuit de la foi qu'il traverse et l'âme crie douloureusement vers le Dieu absent...

" Qui fera alors comprendre que cette absence est une entrée plus profonde et plus réelle en la Présence...la Présence de Soi à soi...qui est l'Être même de Dieu... qui  Est " l'Être de l'être ?"...
"S'arrêter alors... incapable de nommer, incapable de dire un ni deux...
philosopher alors en shivaïtre shankarien ou en chrétien augustinien c'est faux...
tout celà se passe au niveau réel...au niveau de l'intelligence..."

" ...et si dans l'advaïta c'était moi seul que je trouvais et non Dieu ?...et pourtant ce n'est que depuis la découverte personnelle de l'Advaïta que j'ai retrouvé Paix et Joie de vivre...
J'ai trop goûté désormais de l'advaïta pour pouvoir retrouver la Paix "grégorienne" d'un moine chrétien...j'ai trop goûté de cette paix "grégorienne" pour ne pas être angoissé au sein de mon advaïta"...

il vivra douloureusement le grand écart...
Pourtant il le ressent de plus en plus c'est au delà des schèmes...au delà des structures qu'il faut poursuivre...
" L'Eglise dans son état actuel correspond à un niveau de conscience donné...tout ce qu'elle dit est vrai...merveilleusement vrai...son seul tort est donner une valeur absolue aux termes de gnose et d'histoire en lesquels on cherche à exprimer le Mystère du Christ"
" Le Christ lui même invite à dépasser le plan de tous les archétypes, ceux de la conscience et ceux du cosmos...
Il faut que je m'en aille...il faut que je disparaisse...il le faut à cause de vous à qui ma Présence devient un obstacle..."

Ainsi l'apport des religions est-elle de servir d'introduction... de points de départ de cheminements..
" Heureux peut-être ceux que la caverne satisfait...Mais ceux qu'une angoisse infinie fait se retourner pour voir...ne demeurent-ils point aveugles au soleil qui éblouit ?...
il importe de dépasser la caverne...d'aller plus loin avec une Eglise transfigurée par l'Esprit..." l'enfant a été arraché à la femme et élevé jusqu'au ciel et au trône de dieu..."

Peu à peu il découvre Dieu au fond de lui: " Dieu est au fond de moi et Dieu est le fond de moi; Plus fond que mon propre fond, plus essentiellement à la source de ma pensée que tout ce que je pourrais penser, la source même de ma pensée...et quand je rentre en Dieu tantôt je trouve Dieu...tantôt je trouve moi... moi devant Dieu, Dieu devant moi,... moi passé à Dieu , ou bien Dieu passé à moi....
Qui résoudra l'antinomie suprême des esprits qui demeurent au plan de la pensée ?
Et pour celui qui au delà de la pensée aura éprouvé l'expérience divine quels mots pourrait-il employer qui ne trahisssent l'expérience essentielle ?"

l'idolatrie peut donner bonne conscience...mais c'est  au delà de l'idolâtrie que se situe le rapport avec le Dieu Créateur...l'atteinte du fond exige de tout donner !
" Se résigner à se taire devant Dieu, à ne pas lui parler, à ne pas le prier, à ne pas le louer, à ne pas l'adorer ...
afin de supprimer de sa prière, de sa louange et de son adoration ,la projection
empuantée de soi...
Dieu est pur kevala ( indifférencié) ...le silence seul le loue;...
le silence qui n'est même plus un regard ...mais l'absolu sunyata (vacuité)
Panthéisme crieront les chrétiens aveugles !
advaïta suggèrent respectuesement les voyants...
Toute altérité s'est évanouïe
Pur Mystère
L'erreur serait de tenter d'ériger un sanctuaire au dedans, de vouloir y installer un tabernacle d'y offrir fleur , feu  et encens
tout cela est encore de l'idolâtrie...
L'engouffrement exige de tout donner, de tout offrir... et aussi de tout perdre...
pour tout gagner...
en un mot d'être entièrement démuni, pauvre et nu
La perte doit être sans retour... sans rétention de la moindre corde que ce soit quand on se laisse ainsi glisser dans l'abîme...
tant que l'on est pas rentré dans cette source au dedans de soi d'où naît l'altérité elle même, on a rien compris à Dieu...
, on adore seulement l'idole qu'on s'en est faite"

" Quand l'homme a pu saisir ce dedans, ce fond sans fond, toute conception, pensée, réflexion se retirent...le Moi aussi s'éclipse...
comment aurais-je le droit de dire moi, moi ?
Je ne peut dire Moi sans T'affirmer Toi, la source de mon Moi...Toi seul peut dire Moi !"

" le fond coïncide avec le dedans...à mesure qu'on s'y engouffre le fond recule...on croyait pouvoir l'atteindre...on pensait même avoir la révélation de son abîme...soudain on s'aperçoit qu'il est impossible de l'étreindre...on ne saurait le toucher.

Celui qui pénètre dans ce dedans pense tout d'abord qu'il est comparable à un fruit que l'on pèle, dont on savoure la pulpe, dont on brise le noyau, dont l'on extrait le pépin et dont à l'intérieur de ce pépin l'on découvre le germe irréductible...

Et à mesure qu'on enlève les pelures, des successives pelures apparaissent, toujours plus subtiles, toujours plus adhérentes, c'est l'oignon.
Et le Voyant lui crie: Ne t'arrête pas, ennlève chaque peau, pénètre plus avant, plonge en cet océan qui te semble sans fond,... ce n'est qu'en y sombrant que tu le découvriras, ce fond de l'océan et l'océan lui-même...et toi même l'océan.
Car le dedans une fois atteint, il n'est plus de dedans...
car le fond une fois atteint il n'est plus de gouffre dont quiconque peut dire qu'il en est le fond....
et de grotte en grotte au sein de la montagne...
la grotte la plus intérieure n'est jamais atteinte que la montagne ne soit évanouïe

Le dedans, de qui le dedans serait-il? S'il était le dedans de quelque chose serait-il le Suprême ? L'Être sans nom ?
Ainsi aucune rencontre de dieu n'est possible s'en s'être préalablement rencontré
Qui ne s'est pas rencontré soi-même comment pourrait-il rencontrer Dieu ?
On ne se rencontre pas indépendament de Dieu.
On ne rencontre pas Dieu indépendament de soi

Tant que l'on ne s'est pas rencontré soi même, dans sa nudité du dedans, plus crue encore que sa nudité du dehors, on vit dans le monde de sa fabrication, de son imagination, de son "mind,"
"Soi", le monde et Dieu c'est le monde que l'on rêve et non pas la Réalité"

" retrouver au centre de soi le source de soi
Retrouver en la source de soi le Soi en sa source
Retrouver la source en soi du Soi en sa source...
La grâce c'est le renversement de mâyâ en shakti
de puissance d'extase en puissance d'enstase"
"Il ne s'agit nullement d'aller au devant d'un complément de soi, mais de se découvrir soi, de se rencontrer soi.
Pour le sage hindou la voie vers le salut est au dedans en un sens que ne peut comprendre l'occidental qui toujours rêvera d'un tabernacle intérieur, d'un noyau infissable ou demeure distant de lui le Suprême...
Ce fond de l'âme n'est-il pas lui même le Mystère du Christ, le lieu de la Rencontre Essentielle...
le Christ c'est essentiellement l'éveil de l'homme à son origine a Patre... l'entrée de l'homme au plus profond de soi au delà de son propre fond de son propre soi"

L'homme qui a basculé dans son fond   n'est pas désincarné mais décréé....
De ce fait ses rapports avec la nature et avec les hommes changent totalement.
Il aime dans la liberté, car il aime comme Dieu aime.
Il laisse les autres libres de l'aimer.
Regarde-t-il les pierres, les fleurs, les arbres, les animaux, les astres... il leur est présent en leur apportant le réconfort de sa tendresse....
Pour lui tout est vivant de la vie qui l'anime lui même... son ego étant devenu fluide il participe sans s'assujettir....
D'où la puissance d'admiration et l'enthousiasme communicatif de l'ermite...



La grande Mort

En 1956 Le Père Henri Le Saux réside 15 jours avec son guru Gnânânanda qui lui conseille la méditation sans pensée...
" ni lectures, ni prière, ni mesese, dhyana seule et continuelle...
nul plus alors le chrétien advaitin ne célébrera avec perfection sa messe, ne chantera son office...car à un degré que nul autre ne saurait atteindre il sentira le Mystère divin en chaque geste et chaque mot de la Sainte Liturgie...chaque chose chaque verset de psaume est frémissant pour lui de la divine Présence... de l'éternité de l'Être...car qui chante l'office? qui consacre à  la messe ?...le Mystère impénétrable de Dieu qui EST et se révèle"

La grande Mort... celle du dénuement intérieur des signes et des images dépassée Henri le Saux arrive à la Résurrection et accède au Réel et à la Vérité...
Cette mort qui fait si peur à l'occidental est vécu dans le contexte indien comme une libération...où l'on naît dans l'acte même de mourrir...
cette mort nécessaire permet à l'homme ,même durant sa condition terrestre de transfigurer le temps et l'espace...
physiquement présent il s'intègre en fait ailleurs...

" J'appelle  chrétien un homme  qui aime ses frères pour eux-même et ne se sert pas d'eux pour son propre intérêt...
J'appelle chrétien un homme qui aime Dieu pour Lui même et pour lequel Dieu n'est pas quelque chose dont on se sert... pour obtenir quelque chose pour soi ...dans ce temps ou dans le temps avenir...
Quand enfin Dieu ne sera plus pour moi rien que je puisse voir, entendre, embrasser, comprendre, sentir ... alors enfin j'aurai trouvé Dieu...Dieu en soi...
Lorsqu'enfin Dieu ne sera plus un moyen pour moi mais "rien" pour moi... alors c'est moi qui désormais rien serait emporté au grand souffle de l'Esprit ,au Grand Oeuvre de Dieu..".

Il a enfin trouvé l'équilibre..et c'est dans les années 70 qu'il écrira ses plus beaux textes
Sur les Ecritures tout d'abord ou il souligne que toute lecture des Ecritures Sacrées Upanishads ou Bible exige une préparation...sinon le message demeure scellé... recueillement, intelligence du coeur sont absolument nécessaires...et la foi qui seule peut permettre de déchiffrer le message..
.il rejette donc la logique l'exégèse et son enfermement..;
  Une expérience ne se transmet pas...elle se propage ...et les Ecritures n'ont que valeur de signe...il faut éprouver soi même le message...

" Lis, étudie sans cesse, médite les écritures
cependant une fois que la lumière a brillé
au dedans de toi
laisse les tomber comme on laisse tomber
le brandon qui a saisi à allumer le feu
(Amritanâda upanishad)
"Le signe doit s'effacer devant la Réalité...Tout s'éclipse en la Présence et dans la Présence"...
De même il ne faut pas se complaire dans la méditation pour elle même...même si celle-ci constitue une aide précieuse...elle peut conduire le cheminant vers de Pseudo-expérience et non pas la Vraie Expérience...
Seul compte véritablement le Silence...
" et qui a atteint le silence comment pourrait-il le savoir...le savoir c'est le dire...et tout dit rompts le silence..."

"Or c'est dans ce Silence que surgit l'Illumination... cette Illumination ...cet Eveil est l'état naturel de l'homme...
et ce qui empêche l'éntincelle de jaillir c'est l'encombrement de l'esprit par toutes sortes de désirs et de conceptions...
Ainsi la lumière ne jaillit pas à l'issue d'un acquisition...mais par un dépouillement de tout ce qui peut y faire obstacle..."

"Moine vient de monachos qui en grec veut dire Un ( monos)...on pense tout se suite à l'état de solitude ...mais c'est plutôt l'unité de l'orant avec le créateur qu'il s'agit...
et de même que l'orant ignore qu'il prie... l'homme unifié ne saurait percevoir sa véritable identité...l'état du moine coïncide avec l'état de non dualité qui est l'advaïta...les rites peuvent alors disparaitre..."

" Quand il y a dualité l'un voit l'autre, l'un sent l'autre, l'un goûte l'autre, l'un parle à l'autre, l'un pense l'autre, l'un connaît l'autre...mais si le seul Soi est tout l'homme ...Qui verrait-il et comment?...
Qui écouterait-il et comment?...
Qui penserait-il et comment?...
Qui connaîtrait-il et comment? ...
Comment connaîtrait-il Celui par qui il connait tout?...
Par qui connaître le Connaisseur?...
unifié l'Eveillé dépasse toute contradiction et toute antinomie...
il se tient au delà de la mort et de la vie du non-être et de l'être de la connaissance et de la non-connaissance...
l'Eveillé n' a pas à se situer...il ne cherche pas à savoir qui il est...
Le voudrait-il qu'il ne le pourrait pas...
Ainsi le sannyâsa est engagement dans une voie apophatique...au sein d'une telle expérience l'homme ne peut plus se définir que de manière négative, par négation de négations qui s'effacent les unes les aurtres...en réalité rien ne saurait être dit.. et.soudain un éclair illumine l'espace du coeur...
...l'oeil cligne  et on crie Ah !"

L'avantage de l'ermite vivant dans la solitude et le silence c'est qu'il se sent appelé intérieurement...le Soi appelle, la Présence souhaite être reconnue:
" L'homme porte ainsi en lui le drame de l'absolu...l'homme c'est l'être kénosé, l'être qui se sait l'Être par un instinct très sûr, par un instinct qui ne peut tromper...
Mais il ne peut se retrouver soi-même en l'Être...
Il est comme un nageur balloté par les vagues qui ne sait où retrouver pied...
Il remue bras et jambes mais nul de ses membres, nul de ses facultés ne peut s'agriper au Réel...
Celles-ci ne rencontrent jamais que des ersatzt du Réel, des formulations valables seulement en ce monde créé, en ce monde relatif...en ce monde qui passe ...mais incapables de faire passer l'homme à l'Absolu qu'il Est...
et c'est ce stigmate fondamental de la nature humaine que la théologie chrétienne a admirablement mis en lumière en montrant que dans sa propre nature est inscrit son appel à Dieu, en Soi...
Le péché originel quoi qu'il en soit de sa nature historique est l'expression la plus forte du "stigmate" congénital à l'homme qui se découvre jeté là dans le monde...homme non achevé sans la Grâce...la Grâce étant le Christ"

Il est difficile à l'homme de saisir la densité de sa profondeur...
" Tu es plus profond et plus réel que tout ce que tu peux percevoir, imaginer ou concevoir...Tant que tu te perçois ou tu te conçois... tu ne t'es pas encore atteint, tu vis en la superficie de toi...
La délivrance c'est d'atteindre le centre de toi...
le centre de toi c'est le Mystère de Dieu...le Mystère...
Dieu au fond de ton coeur...
le Ciel est le fond même de ton coeur...Ciel étant la manière de te faire comprendre que tu es toi même au delà de toi même ineffablement..."

" Cherche Dieu jusqu'à ce que tu Le trouves
au delà de toute pensée de Lui et de tout sentiment de Lui
au delà de la pensée que tu as de Son impensabilité
au delà du sentiment que tu as de Son " inexpérimentabilité"
Et pour chercher Dieu cherche toi toi même
au delà du sujet dont tu as conscience qu'il perçoit, qu'il sent, qu'il pense
au delà du sujet qui a conscience qu'il se perçoit, qu'il se sent, qu'il se pense soi-même
Tant que tu auras encore conscience de toi tu ne te seras pas atteint toi-même
Tu es aussi loin de toi que Dieu est loin de toi
Dieu est aussi proche de toi que tu nes proche de toi même
Dieu est aussi loin de toi au dedans de toi
qu'il est loin au dehors de toi
Parcours le champ des étoiles, dépasse les galaxies
et tu n'auras pas encore atteint Dieu
Le Ciel de Dieu est au delà de tous les cieux que peut atteindre l'homme par les sens ou sa raison
Le Mystère que tu portes en toi est lui aussi au delà de toutes les galaxies que peut parcourir ton esprit
Dieu est aussi transcendant à toi quand tu le regardes au dedans que lorsque tu le regardes dehors
et tout autant inaccessible"
Le danger constant est de l'appréhender à un faux niveau...de le considérer comme on regarde une créature et de s'abandonner ainsi   à l'idolâtrie...
D'ou la nécessaire purification continuelle de cette idée...et de toute dualité de celui qui cherche...couper la différence entre celui qui cherche et Celui qui est cherché......d'où la necessité du silence...de l'imagination...des sens...de la pensée...et même de l'idée de la Présence...et la nécessité de s'engouffrer en Elle comme le papillon dans la flamme...

Le disciple...

En octobre 1971 Henri Le Saux rencontre à Dehli Marc Chaduc...étudiant au grand séminaire de Lyon et qui à 27 ans va devenir son fils spirituel...
Ils vont vivre ensemble des expériences spirituelles de très haute intensité... Marc deviendra lui aussi moine ...un nouveau sannyâsi chrétien par immersion dans le Gange en Juin 73...
De disciple qu'il était Henri Le Saux devient   gourou vivant à son tour le sentiment de plénitude de toute paternité spirituelle...
Les rencontres mystiques seront alors d'une intensité telle qu'il deviendra difficile à l'un et à l'autre d'en soutenir l'ampleur...
Le Père Le Saux en raison de son extrème sensibilité et de sa résonnance  en sera particulièrement ébranlé...  
et le 14 juillet 73 c'est la crise cardiaque dans une rue de Rishikesh... 
il est recueilli et soigné par les soeurs franciscaines à Indore...

Cet épisode douloureux est pour lui l'occasion d'une grandre félicité...de Béatitude absolue,...d'Eveil soudain... de pure Conscience et de totale Libération...
" Ma crise cardiaque ne fût que la toile de fond d'un temps spirituel merveilleux...Je n'ai que le souvenir d'une Joie intense... et de 2 semaines passées au lit...
vie et mort ne sont pour moi désormais que des situations existentielles..."
Je sais maintenant que l'Upanishad est vraie...c'est l'entrée dans la Lumière Suprême...l'Atman...c'est la Félicité..c'est Brahman...
J'ai découvert le Graal ...et le Graal n'est ni loin ni près...
il est hors de tout lieux...l'envol, l'Eveil...la quête est consommée..."
"Je connais ce grand Purusha
couleur de soleil
d'au delà des ténèbres
Celui qui l'a reconnu
passe outre la mort
Il n'y a pas d'autre chemin à suivre"
La mort physique est secondaire ......seule la mort" métamorphose " celle que l'on rencontre quand l'homme plonge en son fond est importante... c'est la grande mort du Moi !
La petite mort il la vivra le 7 décembre 73 toujours chez les soeurs franciscaines d'Indore après une deuxième crise cardiaque...
"Dieu est trop Lumière pour se maintenir en face de Lui...On disparait absorbé dans la Source"
Il fut inhumé à Indore .
... 21 ans plus tard le 10 décembre 1994 ses restes furent tranférés au Shantinavam et enfouis aux côtés de deux autres tombes...celle de Père Griffiths moine anglais et successeur de l'abbé Montchanin..et bien sûr celle de l'abbé Montchanin lui même qui demeurera vide...ses restes étant toujours à Bièvres près de Paris...
Quand à Marc Chaduc...c'est à lui que nous devons la transcription du Journal du Père Le Saux...
Après avoir jeté l'original dans le Gange...et avoir poursuivit quelque temps son errance en Inde...vers la Lumière...ses dernières nouvelles le situaient en Himalaya...et depuis ...rien...
nul doute qu'il a trouvé aussi la paix de l'âme en ce monde ou ailleurs...rayonnant lui aussi dans l'Eveil de l'Aurore sans fin...

lundi 28 mai 2012


Etre touché  


L’homme communique avec le monde par l’intermédiaire de ses cinq sens. A partir des informations recueillies par nos sens se structure notre conscience.

Par Pierre-Michel Trémeau
Du fonctionnement harmonieux et de la profondeur d’action de nos sens dépendra donc l’élargissement et la subtilité de notre conscience.
Le sens du toucher joue probablement un rôle particulier. Il est celui qui crée la relation la plus intime avec le monde extérieur. Capable d’une richesse quasi illimitée d’informations, il agira sur une gamme de sensations pouvant aller du plaisir à la souffrance, de la répulsion à la sensualité.
Chaque sens s’exprime à la fois de l’extérieur vers l’intérieur : je touche quelque chose, j’enregistre une certaine information ; mais aussi de l’intérieur vers l’extérieur : à travers la qualité de l’action de mes sens se transmet aussi une certaine information destinée à mon entourage.
Douleur et soulagement

Le toucher ne nécessite pas la mise en oeuvre d’un organe particulier et limité, comme l’oeil par exemple. Tout le corps peut toucher et devenir source et émetteur d’informations. L’acte de toucher est le premier réflexe lié à toute sensation douloureuse du corps. A lui s’associe spontanément l’idée de guérison et de soulagement.
Le sens du toucher se manifeste comme prolongement de l’action de tous les autres sens. Je regarde une fleur. Restant avec elle quelques instants, subtilement, toujours à travers le regard, mais aussi au-delà, quelque chose en moi touche la fleur et en retour sera aussi touché par cette fleur.
Nous employons communément le verbe toucher au sens figuré. Contemplant une oeuvre d’art ou assistant à un spectacle, nous disons : « Cela me touche » ou bien : « Je me sens touché par telle chose ou telle personne. » Parfois sans qu’il y ait eu aucun contact concret. Cette très fine expansion de nos sens met l’accent sur la dimension subtile de l’acte de toucher dans l’élargissement de notre conscience.
Dans l’intimité de l’autre

Quelle que soit l’action envisagée, même la plus simple, comme le geste banal de toucher quelqu’un avec la main, tous ces différents paramètres seront présents plus ou moins consciemment. Ma main se pose sur la main de l’autre. Celui-ci en ressentira aussitôt le message : agression, amour, sympathie, soulagement. Parce simple geste, nous-mêmes pouvons entrer dans l’intimité de l’autre, comprendre son état d’être, sa souffrance, son bien-être, ses tensions...
A travers ces exemples émerge une question centrale : Qu’est-ce qui touche l’autre en moi ? Au sens strict bien sûr, il s’agit de ma main. Mais celle-ci n’est que le prolongement de mon bras, de mon corps, lui-même reflet exact, avec ses tensions, ses blessures, ses blocages, de mon âme, de mon être le plus intime. A cela encore s’ajoutent la qualité de l’acte, la délicatesse du mouvement, du contact...
Il apparaît que l’acte de toucher exprime la réalité profonde de celui qui touche. Cela est d’autant plus important dans le cadre des relations familiales comme mari et femme ou parents et enfants, mais aussi dans la relation thérapeute patient.
Questions

De la qualité d’être dans laquelle celui qui touche s’enracine dépendra le ressenti de celui qui est touché, et bien sûr sa réponse, même inconsciente. Certains contacts permettent à l’autre de se laisser aller, de s’ouvrir, de s’épanouir... D’autres suscitent une réaction de défense, parfois même de rejet.
Nous le voyons, l’acte de toucher s’inscrit selon deux grands axes extrêmement proches :
- permettre une perception la plus fine possible ;
- susciter une réponse la plus positive possible dans le sens de l’ouverture et du bien-être.
Intégrant cela, nous comprendrons facilement l’utilité pour un soignant par exemple - de prendre d’abord soin de lui-même avant de s’engager dans une action vers l’autre. Avant de toucher l’autre, posons-nous les questions :
- Avec quoi vais-je toucher cette personne ?
- Avec quelles tensions, avec quel amour et que vais-je lui transmettre ?
- Comment vivra-t-elle cela ?
Mal être profond

Etre touché est une expérience toujours délicate et profonde qui peut se révéler positive mais aussi, inversement, très déstabilisante.
Nous sentons qu’à travers ce contact l’autre nous met en situation de faiblesse, de vulnérabilité. Sans doute en attendons-nous bien-être et soulagement, mais en cas de doute, nous serons réticents. Cela dépendra en général non pas de la technique du thérapeute mais beaucoup plus de ce que nous percevons de lui en tant qu’être et de la confiance que nous plaçons en lui.
Certaines personnes, très sensitives, ou parfois ayant été profondément blessées antérieurement, refusent ou acceptent très difficilement d’être touchées. Cela sera alors toujours le signe d’un mal-être profond et d’une souffrance intérieure intense.
Le toucher suspect

Notre civilisation moderne suscite de nombreuses névroses, refoulements, inhibitions, créant aussi l’apparition de diverses déviances du comportement, les perversions, par exemple. Aussi, dans ce qu’il a de naturellement sensuel par rapport à l’ouverture et à l’intimité qu’il suscite, le sens du toucher apparaît souvent comme éminemment suspect.
Les enfants aiment toucher, c’est ainsi qu’ils appréhendent d’abord le monde. Ensuite, à l’adolescent puis à l’adulte, on conseillera plutôt de ne pas trop se toucher ni de trop toucher l’autre.
Les notions de communication, de plaisir et de sensualité sont essentielles dans l’acte de toucher. Nous le savons par diverses études, la communication par le toucher dans le cadre familial, par exemple, est une importante source de régulation du stress et d’épanouissement.
Le plaisir

Le plaisir lié au toucher est bien entendu naturel, mais il apparaît souvent suspect en raison des a référence sexuelle vis-à-vis de laquelle nos contemporains sont si souvent inhibés, malgré les apparences trompeuses d’une certaine libération affichée, à travers la pornographie par exemple. Enfin la sensualité est l’expression de l’extrême délicatesse de celui qui touche comme un acte subtil engageant la totalité de son corps et de son esprit.
Nous avons souligné ici quelques-uns des aspects constituant la richesse du sens du toucher. Il faudrait encore parler de l’extraordinaire développement possible de ses sensations. La main, outil de perception aiguisé et intelligent, pourra donner au thérapeute entraîné de très nombreuses informations sur l’état de la zone en contact mais aussi, au-delà, sur la santé globale du patient examiné. Il ressort de tout cela l’importance de la qualité d’être de la personne à partir de laquelle elle touche l’autre. Cela dirige naturellement notre attention vers la nécessité d’un travail de développement personnel.
Développement positif et guérison

Les axes de ce travail envisageables sous différentes formes peuvent être multiples, mais ils demeureront à peu près toujours les mêmes, quelle que soit la technique, à savoir : relaxation, ouverture à soi et à l’autre, concentration, sensibilité, délicatesse, gestion harmonieuse de ses propres blocages et souffrances, compassion, etc.
D’une façon générale, nous pouvons dire que du développement le plus harmonieux possible des qualités humaines et spirituelles de la personne, jaillira l’aptitude la plus efficace à entrer en contact avec l’autre par le toucher, créant alors les meilleures relations favorables au développement positif de soi, de l’autre et à la guérison.
1994
Pierre-Michel Trémeau



samedi 26 mai 2012


 Jean Klein est sans doute l'un des sages qui parlent le mieux de la Non-Dualité. Tout est condensé là : dans ces quelques lignes extraites de la Conscience et le Monde.
Jean Klein :
"La Conscience et le Monde"
(ed. l'Originel)

Voilà résumé l'essentiel de l'enseignement en quelques pages :
Celui qui brûle de connaître sa vraie nature doit d'abord comprendre qu'il s'identifie par erreur aux objets : «je suis ceci», «je suis cela». Toute identification, tout état, est transitoire, par conséquent sans réalité. Identifier le «je » à ceci ou cela est la racine de l'ignorance. Demandez-vous ce qui est permanent au cours de toutes les phases de la vie. Vous découvrirez que la question : «qui suis-je?» n'a pas de réponse. Vous ne pouvez pas expérimenter ce qui est permanent dans une relation sujet/objet comme quelque chose de perceptible. Vous pouvez seulement formuler et expliquer ce que vous n'êtes pas. La continuité que fondamentalement vous êtes ne peut se traduire en mots ou se rationaliser. Être est non-duel, absolue présence sans éclipse, quelles que soient les circonstances.
Si nous considérons le connaisseur indépendamment du connu, il se révèle comme pur témoin. Quand connaissance et connaisseur ne font qu'un, il n'y a plus de place pour un témoin. 
Toute imagination est irréelle, car basée sur la mémoire. Mais tout ce qui n'est pas anticipé, tout ce qui est inopiné, qui provoque la surprise, l'étonnement, provient de la réalité vivante. La recherche du plaisir naît de la souffrance, de la mémoire. Accueillez la vie comme elle se présente, ne mettez pas l'accent sur le monde mais changez votre attitude à son égard. Votre conception du monde, de la société, a sa source dans la croyance que vous êtes un ego séparé. Soyez votre totalité et le monde changera. Le monde n'est pas autre chose que vous. Le monde est en vous, la société commence avec VOUS.

Vous dites que nous ne devrions pas commencer par tenter de changer le monde mais notre attitude à son égard. Quand vous dites que l'existence est le film mais que nous ne sommes pas le film, entendez-vous par là que nous sommes la lumière qui éclaire le film?
Oui. Vous ne pouvez changer le film parce que tous les efforts pour le modifier relèvent du film.

Vous identifier à votre corps et à votre personnalité vous bride, vous rend dépendant. Nos perceptions sensorielles reposent sur les constructions de la mémoire et impliquent un connaisseur. Nous devons étroitement examiner la nature du connaisseur. Cela requiert toute notre attention, tout notre amour. Ainsi vous découvrirez ce que réellement vous êtes. C'est l'unique sadhana. Se résorber dans la conscience de sa vraie nature est liberté. Notre vraie nature prend tout en charge.
Les images naissent et meurent dans le miroir de la conscience, et la mémoire crée l'illusion d'une continuité. La mémoire n'est qu'un mode de pensée, elle est purement transitoire. C'est sur ce fondement instable que nous construisons tout un monde de situations. Cette illusion fait obstacle à la claire vision.
Lutter pour nous améliorer ou pour progresser ne fait que rajouter à la confusion. Les apparences extérieures peuvent nous induire à croire que nous avons atteint un état de stabilité, que des changements ont survenu, que nous progressons et que nous sommes au seuil de la grâce. En fait, rien n'a changé. Nous n'avons fait que changer les meubles de place. Toute cette activité se déroule dans l'esprit, c'est le roman de notre imagination.  
Tout est beaucoup plus simple que cela. Pourquoi faire si compliqué? Ce que vous êtes fondamentalement est toujours là, dans sa globalité. Cela ne nécessite ni purification, ni changement. Pour votre vraie nature, il n'y a pas de ténèbres. Vous ne pouvez découvrir ou devenir la vérité car vous l'êtes. Il n'y a rien à faire pour vous en rapprocher, rien à apprendre. Rendez vous seulement compte que vous essayez constamment de vous éloigner de ce que vous êtes. Cessez de gaspiller votre temps et votre énergie dans des projections. Vivez cet arrêt sans paresse ni passivité, habitez pleinement la fraîcheur que vous trouverez en cessant d'espérer et d'anticiper. C'est aussi votre sadhana.
Il n'y a rien à perfectionner dans la réalité. Elle est perfection. Comment pourriez-vous vous en rapprocher davantage? Il n'y aucun moyen matériel pour l'atteindre.
N'est-ce pas fataliste de dire que nous ne pouvons changer le film?
Dire : fataliste implique que vous vous identifiez au film, que vous vous soumettez à lui. En fait, le film se déroule et vous êtes le spectateur. Être hors de l'écran vous donnera une nouvelle perspective sur ce qu'est réellement le film. A partir de cette vue globale qui n'est plus un point de vue, qui est hors du temps et de l'espace, tout se produit dans une absolue simultanéité. Aussi n'y a-t-il rien à changer.
Pour revenir à ce dont nous parlions auparavant, vous avez dit que le monde change quand la perception que j'ai de lui change. Comment est-ce possible?
Celui qui a atteint sa pleine maturité, qui se connaît sciemment, ne se pliera pas nécessairement aux conventions sociales. Un tel être agira au bon moment, suivant ce que la situation indique, sans que personne ne soit lésé d'une quelconque façon. Si vos actes sont régis par vos désirs, vous n'avez aucune espèce de liberté. Par contre, si vous faites ce que réclame la situation, vous faites ce qui est juste, et vous et votre entourage êtes libres.
Un sage n'a pas la moindre pensée d'être une personne quand il agit, sent ou pense. L'ego est totalement absent. L'ego n'est rien de plus qu'une pensée et deux pensées ne peuvent cohabiter simultanément. Aussi l'identification à l'ego ne peut avoir lieu qu'une fois disparue la pensée rattachée à l'objet. C'est alors seulement que l'ego déclare sienne cette pensée. Ce sens de la propriété : «j'ai vu ceci », «j'ai fait cela », intervient après le fait et n'a rien à voir avec le fait. Une fois que ce mécanisme est clairement perçu, vous comprenez que l'identification que vous aviez précédemment prise pour une réalité n'est qu'une illusion. Vous n'êtes pas le propriétaire de la situation pas plus que vous n'en êtes l'esclave. Votre vraie nature est au delà. Le silence de la conscience n'est pas un état, c'est le continuum où tout état, toute chose apparaît et disparaît. Les mots que nous utilisons dans l'état de veille pour parler de ce non-état sont une expression de cette conscience. Quand nous vivons dans la conscience, tout est expression de cette conscience.  
Le monde que vous percevez n'est rien d'autre que leur roman de votre imagination, basé sur la mémoire, la peur, l'angoisse et le désir. Vous vous êtes retranché dans ce monde. Voyez cela sans vous jeter sur des conclusions et vous serez libre. Vous n'avez nul besoin de vous affranchir d'un monde qui n'existe que dans votre imagination.
Ce que vous prenez pour une réalité est simplement un concept surgi de votre mémoire. La mémoire surgit de l'esprit, l'esprit du témoin, le témoin de votre vraie nature. Vous êtes le témoin, le spectateur placé sur la rive et regardant le fleuve couler. Vous ne bougez pas, vous êtes au delà du changement, au delà du temps et de l'espace. Vous ne pouvez percevoir ce qui est permanent parce que vous l'êtes.
N'alimentez pas les concepts dont vous avez fait vos fortifications ou l'image que les gens ont de vous. Ne soyez ni personne ni rien, contentez-vous de rester à l'écart de ce que la société vous demande. Ne jouez pas son jeu. Cela vous établira dans votre autonomie.
L'exemple, si souvent utilisé dans le Vedanta, du serpent et de la corde, d'un côté se réfère au monde et, de l'autre, à la réalité ultime. Le serpent représente le monde des objets où nous rencontrons les personnalités, les pensées, et l'affectivité. La corde symbolise la réalité ultime, le silence de la conscience. Une fois que nous cessons de prendre la. corde pour le serpent, l'idée du serpent disparaît et nous voyons la corde pour ce qu'elle est réellement. Il est parfaitement naturel que l'erreur perde sa substance et se dissipe quand la vérité devient évidente. Étant donné qu'une pensée fait partie intégrante de l'illusion, il lui est impossible de nous révéler la réalité ultime. Le « fait-d'être », la toute présence, qui est la source de toute expérience, est au delà de la dualité expérimentateur/expérimenté. Quand l'accent se trouve sur la conscience et non sur la pensée ou sur la perception, nous entrons progressivement dans une détente profonde, à la fois sur le plan neuro-musculaire et sur le plan mental.
Si nous observons avec détachement l'apparition et la disparition de tous les états que nous expérimentons, nous parvenons bientôt à appréhender que chaque état, chaque perception, chaque pensée sont réabsorbés dans une connaissance informulée, une connaissance qui est l'être. Ce continuum, seule réalité, est là avant que ne commence l'activité. Immergez-vous dans cette tranquillité chaque fois qu'elle se fait sentir.
Vous ne pouvez vous attendre à ce que la réalité surgisse, car elle est toujours là. Les événements apparaissent et disparaissent. N'oubliez jamais le caractère fugitif de toute expérience, c'est tout ce que vous avez à faire et la porte de la grâce s'ouvrira devant vous. Dès que des opinions et des réactions telle que «j'aime, je n'aime pas», interfèrent, vous retombez dans une habitude subjective et vous tissez autour de vous un filet, vous perdez de vue votre vraie nature. Les sentiments de sympathie et d'antipathie vous font tourner le dos à votre vraie nature. Vos concepts de changement, de progrès, en mieux ou en pire, sont fragmentaires et subjectifs. Quand vous regarderez le monde depuis votre totalité, le monde changera en vous. Vous êtes le monde.
Est-ce que l'absence de pensée que j'expérimente dans la méditation est proche de ma vraie nature? Est-ce la tranquillité dont vous parlez ?
Dans ce que l'on nomme ordinairement la méditation, vous cherchez sciemment à vous débarrasser de toute intention et de tout concept. Ainsi vous vous trouvez devant un écran vide de pensées, qu'elles soient objectives ou subjectives. Ces pensées éliminées, d'autres, plus coriaces, apparaissent, vous envahissent sans discrimination, et elles aussi, vous les chassez. Il est vrai qu'au bout d'un certain temps de pratique, l'activité mentale diminue. Cependant, si le chercheur n'est pas guidé par un maître authentique, le vide de l'écran restera toujours un mystère. Le silence de la conscience dont nous parlons est au delà de la présence ou de l'absence des pensées et des mots, au delà de l'action ou de la non-action. Tout surgit de la tranquillité qui est au delà de l'esprit, de la tranquillité qui est au delà de l'effort de s'affranchir des pensées, et tout s'y résorbe. Rien, absolument rien, ne peut affecter cette tranquillité. Le savoir objectif nous parvient par l'instrument organique adéquat, mais le silence de la conscience ne requiert aucun instrument.
Est-ce que les conflits et les guerres sont inhérents à l'être humain ?  
Les conflits appartiennent à l'ego, pas à l'être humain. Dans votre vraie nature qui est unité aucun conflit n'est possible. Tension, rivalité, agressivité ne concernent que l'ego. Demandez-vous seulement à quel point vous êtes soumis à vos habitudes, à vos opinions qui sont la source de perpétuels conflits. Observez comment fonctionne votre esprit, observez-le sans idées préconçues. Un moment viendra où vous vous trouverez dans l'observation et non dans l'esprit. Puis, quand toute tension aura disparu, vous vous rendrez compte que vous êtes la lumière qui brille au-delà même de l'observateur. La réalité n'est ni un produit de l'esprit, ni le résultat d'une caravane de pensées, elle est, c'est tout. Vous devez comprendre que vous ne pouvez jamais trouver votre vraie nature dans une perception. La seule méthode que nous pouvons suggérer est d'observer sans analyse la façon dont votre esprit réagit dans les diverses circonstances de la vie quotidienne. Ne modifiez pas votre vie pour coïncider avec un concept. Vivez comme vous le faisiez, pensant et sentant, soyez simplement conscient que ce sont des fonctions. Ainsi vous vous en libérerez spontanément. Ensuite la personnalité que vous pensez être disparaîtra. Il ne restera que le témoin. Au terme, même lui se résorbera dans la connaissance ultime.
Ce qui surgit d'inattendu, d'impromptu, sans cause, libre de tout passé, ce qui surgit sans racines, ce qui ni ne s'épanouit ni ne se flétrit, ce qui est le plus naturel, libre de toute tension, c'est cela votre vraie nature.

jeudi 24 mai 2012

l'Enseignant



Le bon enseignant enseigne peu,le meilleur n'enseigne pas.

Il est l'expression de la Réalité
et laisse diffuser le parfum de l'Absolu,

A entendre sans intention d'écouter. 

Alors il y a célébration...



MONKO    

mercredi 23 mai 2012

SUR LES EPREUVES . 


Lorsque le serviteur est soumis à une épreuve, il commence par agir de son propre chef puis, lorsqu'il se trouve impuissant à faire face à cette épreuve, il sollicite l'assistance des créatures, comme les sultans, les hommes aux postes importants, les hommes puissants et les spécialistes en médecine, en cas de maladie, et d'autres disciplines.

S'il n'arrive pas, malgré cela, à trouver la voie du salut, il revient vers son Seigneur à travers les invocations, les implorations et les louanges. Tant qu'il trouvera des capacités en lui-même pour affronter cette épreuve, il ne se tournera pas vers les créatures, et tant qu'il trouvera une assistance chez les créatures, il se tournera pas vers le Créateur.

Ensuite, s'il ne trouve pas une assistance auprès du Créateur, il demeure entre Ses mains, en continuant à l'Invoquer, à L'implorer, à Le louer, en oscillant entre peur et espérance. Il continuera ainsi jusqu'à ce que Dieu le rende incapable d'invoquer et Dieu ne lui répond pas jusqu'à ce qu'il abandonne tous les moyens.

Dés lors, le décret divin s'appliquera à lui et agira en conséquence. Le serviteur abandonnera alors tous les moyens et tous les mouvements, et il ne sera plus qu'un esprit subtil. Ce faisant, il ne verra que l'acte de la Vérité, et il sera convaincu par nécessité qu'il n'y a de bien et de mal, de tort et d'avantage, de don et de privation, d'ouverture et de fermeture, de vie et de mort, de puissance et d'avilissement, que par la volonté de Dieu.

Il deviendra, entre les mains du destin, comme l'enfant aux mains de sa nourrice, comme le mort entre les mains de celui qui le lave.
Il sera retourné, transformé et changé, sans pouvoir faire un mouvement en soi ou vers autrui ; il sera absent par rapport à lui-même, soumis à l'acte de son Seigneur. Il ne verra que son Seigneur et Son acte ; il n'entendra pas et ne comprendra pas ce qui vient d'autrui. S'il voit, entend et comprend, ses paroles auront une ouïe, et sa science une science propre.

Des bienfaits de son Seigneur, il profitera ; de Sa proximité, il se réjouira ; avec Son rapprochement, il sera honoré et ennobli .
Sa promesse sera pour lui une sérénité et une joie, Sa confidence, une intimité ; tout ce qui n'est pas Lui sera mélancolie et tristesse pour lui ; Son évocation sera un refuge et un abri pour lui ; il mettra sa confiance en Lui et sera guidé avec la lumière de Sa connaissance ; il sera initié à Ses sciences mystérieuses et aura une connaissance des secrets de Son pouvoir. Il entendra et comprendra par Lui. Pour tout cela, il louera, fera éloge, remerciera et invoquera.

La purification des cœurs, Enseignements spirituels du Cheikh Abdelkader al-Jilânî p16-17

lundi 21 mai 2012

Le Bonheur par Ramana Marashi

Le bonheur est notre être essentiel

Le bonheur réside au plus profond de nous, dans le cœur même de notre être.
Le bonheur n'existe pas dans un objet extérieur, mais seulement en nous, qui sont la conscience qui connaît le bonheur. Bien que nous semblent dériver le bonheur des objets extérieurs ou des expériences, le bonheur que nous avons donc profiter de pose en effet de l'intérieur de nous.

Quelle que soit la tourmente notre esprit peut être, dans le centre de notre être, il existe toujours un état de paix et de joie parfaite, comme le calme dans l'œil d'une tempête.
Le désir et la peur agiter notre esprit, et obscurcir sa vision de la joie qui existe toujours en lui. Quand un désir est satisfait, ou la cause d'une crainte est enlevé, l'agitation de la surface de notre esprit s'apaise, et que le calme temporaire de notre esprit jouit d'un avant-goût de son bonheur innée.

Le bonheur est donc un état d'être - un état dans lequel l'agitation habituelle de notre esprit est apaisé.
L'activité de notre esprit, il perturbe le calme de son état d'être juste, et lui fait perdre de vue son bonheur intime propre. Pour jouir du bonheur, donc, tout notre esprit avez à faire est de cesser toute activité, revenir tranquillement à son état naturel de l'être inactif, comme il le fait tous les jours dans un profond sommeil.

Le vrai bonheur est donc le bonheur d'être simplement, qui est le bonheur parfait et absolu que dans la littérature mystique est connu sous le nom «béatitude».
Ce vrai bonheur d'être est aussi décrit comme «la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence", car il est connu dans son intégralité que dans l'état parfaitement paisible d'être juste, qui est l'état dans lequel toute activité mentale a diminué dans le la clarté de la conscience de soi libre. C'est, car elle peut être vécue parfaitement que dans l'état dans lequel nous sommes conscients seulement de notre être essentiel propre et non de toute pensée ou d'objets, le vrai bonheur ou la paix est au-delà de toute compréhension mentale.

Non seulement le bonheur existe en nous - c'est en fait notre vraie nature, notre être essentiel.
Le bonheur éphémère que nous semblons tirer des expériences extérieures, mais qui se pose réellement que de l'intérieur nous-mêmes, n'est en réalité rien d'autre que notre propre être essentiel. Le plus clairement que nous sommes conscients de notre propre être essentiel, le plus profondément et intensément que nous expérimentons le bonheur.
Le degré de bonheur que nous éprouvons à tout moment est directement proportionnelle au degré de clarté avec laquelle nous sommes alors conscient de notre être véritable et essentiel. Par conséquent le bonheur n'est pas seulement notre être essentiel, mais il est aussi notre conscience de notre être. En fait, puisque nous sommes la conscience que l'expérience de notre propre existence comme «je suis», nous sommes à la fois être et la conscience. En d'autres termes, notre être essentiel, c'est la conscience, ou plus précisément, il est la conscience de soi - conscience qui se sait clairement que «je suis». Par conséquent, étant donné que notre conscience dégagée de notre propre être est vécu par nous comme le bonheur, dans notre nature essentielle, nous sommes non-duelle être, la conscience et le bonheur.

L'activité en hausse et la suite de notre esprit distrait notre attention loin de notre être essentiel, ce qui assombrit notre clarté naturelle de la conscience de soi et d'obscurcir notre conscience du bonheur que nous sommes vraiment.
Par conséquent, tant que notre esprit est extraverti, assister à autre chose que notre être essentiel propre, nous ne pouvons jamais connaître parfaite, le bonheur permanent et absolu. Pour connaître le bonheur véritable et éternel, nous devons atteindre l'expérience de la vraie connaissance de soi, qui est, la conscience parfaitement claire de notre être essentiel propre.

Afin de vivre une véritable expérience tels la connaissance de soi, nous devons retirer notre attention de tout autre que nous-mêmes, et il se concentrer entièrement et exclusivement sur notre être essentiel propre, que nous avons toujours l'expérience sous la forme de notre conscience fondamentale - notre connaissance primaire: «Je «h.
Tant que nous assistons à notre moi le plus intime de cette manière, nous ne pouvons pas savoir qui ou quoi nous sommes vraiment, et à moins que nous ce qui l'expérience d'une connaissance claire et certaine de ce que nous sommes vraiment, nous ne pouvons pas être certains de la réalité ou la validité de tout connaissances que nous peut sembler avoir d'autres choses. Toutes nos connaissances sur le monde et Dieu - sur la science, la religion, la philosophie, la physique, la cosmologie, la psychologie, la théologie ou de toute autre branche de la connaissance humaine - est ouvert à de sérieux doutes tant que nos connaissances sur nous-mêmes - la conscience par laquelle tous ceux qui d'autres choses sont connues - est confus et incertain.

Par conséquent, si nous voulons connaître le bonheur permanent et absolu, ou pour parvenir à la connaissance dont nous pouvons être absolument certains, nous devons nous concentrer toute notre attention sur nous-mêmes vivement, notre conscience fondamentale de notre être essentiel propre, 
«je suis», dans le but de savoir qui ou quoi nous sommes vraiment.

Cette brève est la vérité simple mais profonde révélée par Bhagavan Sri Ramana.